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    Asie-Pacifique

    L'ex-super flic du web chinois, Lu Wei, visé par un enquête pour corruption

    media Lu Wei lors d'une conférence sur le monde numérique à Wuzhen, en 2014. Il était alors à la tête de l'Asministration du cyberespace. AFP PHOTO / JOHANNES EISELE

    En 2015, le magazine américain Time considérait Lu Wei, à l’époque patron de la régulation d’internet en Chine, comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde. Lundi 21 novembre au soir, l’autorité anticorruption du Parti communiste a annoncé que Lu Wei faisait désormais l’objet d’une enquête pour « graves violations à la discipline », un terme qui signifie qu’il est soupçonné de corruption.

    Avec notre correspondante à PékinHeike Schmidt

    La photo de Lu Wei, l’austère technocrate communiste, aux côtés du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg toujours en mode décontracté, avait fait le tour du monde en 2014.

    A la tête de l’Administration du cyberespace, Lu Wei avait l’oreille des patrons de la Silicon Valley, car c’était bien lui le seul à pouvoir leur ouvrir – ou non – les portes du plus grand marché mondial du Net : celui de la Chine.

    Mais Lu Wei défendait bec et ongles le blocage de dizaines de milliers de sites étrangers, comme lors d’une interview de la télévision nationale CCTV. « Si vous venez chez moi, j’ai bien le droit de choisir qui je laisse entrer et qui je refuse, avait-il alors argumenté. Je ne sais pas pourquoi cela s’appelle ‘censure’. Aucun autre pays donne autant de liberté de parole aux internautes. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas un ordre à respecter. Si vous êtes en Chine, vous devez obéir aux lois chinoises. »

    « La liberté sans ordre n’existe pas » martelait ce superflic du web – tout en verrouillant chaque jour un peu plus la Toile chinoise, au grand dam des 730 millions d’internautes. Le fait qu’il soit tombé en disgrâce ne marquera certainement pas la fin de cette censure voulue par Xi Jinping.

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