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    «Hackers» nord-coréens: une stratégie bien huilée

    media Une femme devant son ordinateur à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, en février 2017. Ed JONES / AFP

    Les pirates informatiques nord-coréens font de plus en plus parler d’eux ces derniers mois. Ils ont été accusés d’avoir volé des plans militaires sud-coréens ultra-secrets, d’avoir « cyber-braqué des banques » et d’avoir attaqué des plateformes d’échange de « bitcoins » en Corée du Sud.

    De notre correspondant à Séoul,

    Comment un pays aussi fermé et pauvre, qui interdit à sa population d’avoir accès à Internet, parvient-il à former des « hackers » aussi efficaces ? Le régime nord-coréen a mis en place un système élaboré de sélection et de formation de ses « hackers », système qui rappelle ceux « mis en place par certains pays pour former leurs athlètes pour les Jeux olympiques », explique le spécialiste Martyn Williams, qui vient de donner sur le sujet une conférence à Séoul.

    Ce processus commence dès l’école primaire, où l’accent est mis sur les mathématiques et les sciences. Les écoliers le plus prometteurs se voient donner des cours d’informatique, et les meilleurs sont envoyés dans des écoles spéciales. Ensuite, des compétitions de programmation, organisées à l’échelle nationale, permettent aux élèves les plus brillants d’être recrutés.

    Par qui ? Soit par les universités, où ces étudiants apprendront à écrire des logiciels tout à fait légaux, soit par des écoles de « cyber-espions », qui sont gérées par le Parti ou par l’armée. Ces « hackers » sont ensuite envoyés achever leur formation à l’étranger, souvent dans la Chine voisine. C’est-à-dire dans des pays où l’origine des attaques informatiques est plus difficile à déterminer qu’en Corée du Nord.

    Ce système de recrutement a été instauré il y a 20 ans, par l’ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-il. Est-ce qu'il fonctionne ? Oui, à en juger par les résultats des compétitions internationales de programmation, auxquelles participent les étudiants nord-coréens. Ces étudiants terminent souvent aux premières places, ce qui est remarquable quand on sait qu’une infime minorité de Nord-Coréens a accès à Internet.

    « On peut estimer que les meilleurs hackers, ceux qui vont dans les écoles militaires, sont encore plus doués, estime le spécialiste Martyn Williams. Construire un porte-avion coûte très cher, mais former des étudiants au piratage informatique coûte beaucoup moins. C’est un domaine où la Corée du Nord peut de façon réaliste défier et égaler ses adversaires, tels que les Etats-Unis et la Corée du Sud, considère-t-il. On estime qu’il y a aujourd’hui 7 000 « hackers » en activité en Corée du Nord.

    → À relire : Les hackers de Corée du Nord ont soif de devises étrangères

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