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    Asie-Pacifique

    L'armée birmane reconnait son implication dans la mort de 10 Rohingyas

    media Un soldat birman monte la garde près de Maungdaw, dans le nord de l'Etat Arakan, le 27 septembre 2017. REUTERS/Soe Zeya Tun

    L'armée birmane a admis ce mercredi 10 janvier son implication dans le massacre de dix Rohingyas. Elle reconnait également pour la première fois l'existence d'un charnier de membres de cette minorité musulmane dans l'Etat d'Arakan, dans le nord du pays.

    Avec AFP et notre correspondante à Rangoon, Eliza Hunt

    L'annonce est le résultat de l'enquête des militaires birmans sur une fosse commune découverte dans l'Etat d'Arakan. Le 1er septembre dernier, dix Rohingyas sont arrêtés par l'armée birmane lors d'une opération dans le village d'Inn Din. Des « terroristes » selon les mots du communiqué, impliqués dans les attaques de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan

    Les forces de sécurité sont trop occupées pour les amener au poste de police, elles prennent donc la décision de les exécuter. « La décision a été prise de les tuer dans un cimetière », précise le bureau du chef de l'armée sur Facebook. Ce sont trois villageois et quatre militaires qui s'en chargent. Des villageois qui voulaient venger la mort de leur père, assassiné par des Rohingyas, précise la déclaration.

    Un aveu à demi-mot

    « Les responsables seront jugés selon la loi », a annoncé l'armée ce mercredi qui reconnait donc aussi pour la première fois l'existence de cette fosse commune sur laquelle elle a enquêté. Mais sa position sur les représailles contre les civils reste la même : aucun innocent n'a été tué par les militaires birmans. C'était en tout cas le résultat de leur enquête interne, rendue publique en novembre.

    Plus de 650 000 personnes ont fui les violences dans l'Etat d'Arakan depuis le 25 août dernier et sont arrivés au Bangladesh. Les deux pays se sont mis d'accord pour un retour des réfugiés en Birmanie, qui devrait normalement commencer dans une dizaine de jours.

    Les Rohingyas représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

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