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    Asie-Pacifique

    [Vidéo] L’opposant cambodgien Sam Rainsy lance un mouvement

    media Sam Rainsy, opposant cambodgien, exilé en France. ©Thomas Bourdeau/RFI

    A quelques mois des élections législatives au Cambodge, l’opposant en exil Sam Rainsy vient de lancer un mouvement pour relancer son parti, le Parti du sauvetage national du Cambodge, le CNRM, dissous l’an dernier par le président Hun Sen. Sam Rainsy était dans les studios de RFI cette semaine, il a expliqué les objectifs de ce mouvement et réagit à l’annonce de la justice cambodgienne, qui ce jeudi a refusé la demande de libération sous caution du chef du parti dissous, Kem Sokha, emprisonné en novembre dernier pour trahison.

    Christophe Paget : Vous venez de créer un mouvement, le CNRM, le Mouvement du sauvetage national du Cambodge. Quel est son objectif ?

    Sam Rainsy: L’objectif est de permettre au parti du même nom de reprendre ses activités. Parce que ce parti a été dissous par le régime de M. Hun Sen, son président a été arrêté et mis en prison, ses députés ont été chassés de l’Assemblée nationale, ses conseillers communaux nouvellement élus au nombre de plus de 5 000 ont été également démis de leurs fonctions. Donc le parti est un peu paralysé. C’est pour ça qu’il faut créer un mouvement pour permettre au parti de repartir de l’avant.

    Et pourquoi le gouvernement cambodgien ne dissoudrait pas aussi ce mouvement ?

    Il ne peut pas le dissoudre, parce que le mouvement est différent d’un parti. Le mouvement n’a pas besoin de s’inscrire, de s’enregistrer, de demander la permission à qui que ce soit. Donc personne ne peut nous empêcher de poursuivre nos activités.

    Le gouvernement cambodgien a quand même déjà annoncé son intention d’enquêter sur votre mouvement, pour voir s’il était illégal...

    Oui, il va enquêter, il va le déclarer illégal, c’est de bonne guerre. Un mouvement de résistance, un mouvement de libération nationale est toujours mal vu par les autorités en place.

    Vous expliquez que l’objectif de ce mouvement, c’est de peser sur les élections qui ont bientôt lieu au Cambodge pour qu’elles soient libres et justes.

    C’est cela. Faire pression sur les autorités actuelles dirigées par M. Hun Sen pour lui faire comprendre qu’il est nécessaire d’organiser des vraies élections et non pas une farce électorale. Des vraies élections supposent la participation du Parti du salut national du Cambodge, le seul parti qui puisse gagner aux prochaines élections, s’il y avait de vraies élections. Notre parti a été dissous, le mouvement est là pour ouvrir la voie pour que le parti puisse reprendre ses activités et participer aux élections.

    Vous pensez pouvoir peser de quelles manières ?

    Par différentes manières, du moment que ces manières sont toujours pacifiques, non violentes : par des manifestations pacifiques, par des appels à l’armée à ne pas tirer sur la population… Même par des appels au parti au pouvoir pour que certains éléments progressistes se détachent de M. Hun Sen, qui a franchi la ligne rouge en matière de dictature et de violation des droits de l’homme.

    Vous expliquez que vous comptez peser sur les gouvernements étrangers pour qu’à leur tour ils fassent pression sur le président cambodgien…

    Bien sûr ! On a déjà constaté des réactions des gouvernements étrangers, l’Union européenne dans son ensemble, les Etats-Unis ont déjà clairement condamné la répression qui s’est abattue récemment au Cambodge et ont retiré toute assistance électorale tant qu’il n’y a pas une assurance que ces élections soient vraiment démocratiques. Ces gouvernements pourraient faire beaucoup de choses : par exemple empêcher les voyages des dirigeants actuels du Cambodge dans les pays occidentaux. Parce que ces gens ont investi de l’argent, ont mis leur argent mal gagné, provenant de la corruption dans les banques des pays occidentaux. S’il y a une menace de saisie de ces biens mal acquis, c’est une pression considérable sur ces dirigeants.

    Vous parlez aussi de pression économique, éventuellement demander à des entreprises de boycotter des produits cambodgiens.

    C’est une question de réalisme. Il faut que les investisseurs se rendent compte que le Cambodge est dans une situation des plus incertaines. Parce que les violations des droits de l’opposition vont entraîner une instabilité. Avant, la population pouvait attendre les élections pour exprimer son mécontentement. Mais comme il n’y a plus d’élection avec participation de l’opposition, l’opposition va protester, ce qui va entraîner quand même une certaine instabilité. Et l’instabilité, ce n’est jamais très bon pour les investisseurs.

    Qui fait partie aujourd’hui de votre mouvement ?

    Un certain nombre de personnes qui viennent du parti. Mais il y a d’autres participants qui viennent de la société civile, des organisations des droits de l’homme, des syndicats, des associations de défense de l’environnement, des droits à la terre, etc. Un mouvement, c’est beaucoup plus vaste qu’un simple parti.

    Ce sont des personnes qui sont comme vous en exil ou il y a aussi des personnes qui sont aussi au Cambodge ?

    Non, on compte surtout sur les gens qui sont sur le terrain. Mais nous maintenons une étroite relation avec eux, de l’extérieur.

    La justice cambodgienne a refusé ce jeudi la demande de libération de Kem Sokha, le président de votre parti qui a été dissous. Elle affirme le garder en prison « pour sa propre sécurité ». Kem Sokha est accusé de "trahison et espionnage". Quelle est votre réaction ?

    Je pense que ce sont surtout les autorités qui ont peur. M. Hun Sen lui-même a peur des réactions de la foule. Si Kem Sokha était libre de ses mouvements, je pense qu’il entraînerait beaucoup de gens derrière lui, et ce serait comme une marée qui submergerait le gouvernement, une marée humaine, une marée pacifique. Donc le gouvernement de Hun Sen cherche absolument à isoler M. Kem Sokha et à le neutraliser, le paralyser en prison. Il ne peut prendre aucune décision, il ne peut pas parler, il ne peut même pas écouter les informations, recevoir les informations dont il aurait besoin comme homme politique pour pouvoir faire des analyses et prendre des décisions. Il est coupé du monde entier.

    Mr Kem Sokha est en prison depuis novembre dernier. Il a dit qu’il ne se joindrait pas au CNRM, votre mouvement. Il est censé être votre allié dans l’opposition, comment vous réagissez cette déclaration ?

    Vous comprenez sa situation : étant donné que le mouvement que je dirige maintenant veut continuer à renverser M. Hun Sen, et comme Kem Sokha est l’otage de M. Hun Sen, comme oserait-il soutenir le mouvement que je dirige maintenant ?

    Est-ce que l’opposition est unie aujourd’hui au Cambodge ?

    Absolument. Unie dans un même but, un même objectif : un changement démocratique à travers des élections libres et démocratiques comme on le conçoit dans les pays libres et démocratiques.

    Est-ce qu’à un moment vous comptez retourner au Cambodge, et quelles doivent être les conditions pour que vous puissiez y retourner ?

    Vous savez, en France, c’est le pays de Victor Hugo, le pays de Charles de Gaule, beaucoup de dirigeants, d’hommes influents ont dû s’y exiler pendant un certain temps avant de retrouver la liberté dans leur pays.

    Donc vous pensez que si vous réussissez avec votre mouvement à faire pression pour que les élections se déroulent librement, vous pourrez y retourner ?

    Peut-être même bien avant. Parce que ce n’est pas mon premier exil, c’est mon cinquième exil, et il y a toujours une solution quand il y a une pression internationale adéquate pour faire reculer la dictature au Cambodge et permettre le retour des dirigeants de l’opposition avant les élections.

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