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    Asie-Pacifique

    Maldives: l'opposition réclame l'aide de l'Inde et des Etats-Unis

    media Forces de police pendant une manifestation de l'opposition contre le retard du gouvernement à libérer leurs dirigeants emprisonnés, y compris l'ancien président Mohamed Nasheed, malgré une ordonnance de la Cour suprême des Maldives, le 5 février 2018. REUTERS

    L'opposant et ancien président en exil Mohamed Nasheed a appelé ce mardi 6 février l'Inde et les États-Unis, à l'aider à «évincer» le président Abdulla Yameen. Le président de la Cour suprême des Maldives et un autre juge de haut rang ont été arrêtés lors d'un raid des forces de l'ordre conduit à l'aube ce 6 février, sur ordre du président Abdulla Yameen qui a décrété l'état d'urgence. Le pays est plongé depuis la fin de la semaine dernière dans un chaos politique.

    Ce 6 février, l'opposant Mohamed Nasheed a appellé l'Inde et les Etats-Unis à l'aide pour évincer le président Abdulla Yameen. « Le président Yameen a illégalement déclaré la loi martiale et s'est emparé de l'État. Nous devons l'évincer du pouvoir », peut-on lire dans le communiqué. L’ancien président, qui a annoncé qu'il comptait se présenter à la prochain présidentielle, réclame une intervention militaire indienne et le blocage des transactions en dollars pour les responsables du régime.

    A l'aube, la police a interpellé le président de la Cour suprême et un autre membre de la cour. La police a fait état d'accusations de corruption à leur encontre. La Cour suprême et le gouvernement entretiennent des relations tendues depuis que la semaine dernière le président des Maldives a refusé de libérer des prisonniers politiques comme le lui ordonnait l'instance suprême. Le président Abdulla Yameen suspecte les juges de vouloir le renverser.

    L'archipel a été placé en état d'urgence pour deux semaines et les forces de l'ordre se sont déployées. La crise se durcit donc, 24 heures après l'arrestation de l'ancien président Maumoon Abdul Gayoom. Demi-frère de l'actuel président Abdulla Yameen, il a dirigé le pays pendant 30 ans jusqu'aux premières élections démocratiques tenues en 2008, et s'est rangé aux côtés de l'actuelle opposition.

    ■ Le rôle de l'Inde, de notre correspondant à New Delhi, Antoine Guinard

    Pour l'opposition maldivienne, une intervention militaire indienne est la solution à la crise qui touche l'archipel depuis le 1er février. C'est ce qu'a demandé l'ex-président en exil Mohammed Nasheed sur Twitter ce mardi 6 février. Le ministère indien des affaires étrangère se garde pour l'instant de répondre à cette demande. Il a publié un communiqué appelant à la restauration de la démocratie et demandant au gouvernement des Maldives de respecter la décision de la Cour suprême. 

    La semaine dernière, la plus haute instance de justice du pays avait annulé les condamnations pour terrorisme de 9 membre de l'opposition, dont l'ancien président Mohammed Nasheed, qui vit aujourd'hui en exil au Royaume-Uni. L'actuel président Abdulla Yameen s'est opposé à cette décision choc. Il a envoyé les forces de l'ordre prendre le contrôle de la Cour suprême et arrêter son président. 

    L'Inde est déjà intervenu il y a 20 ans aux Maldives lorsqu'un groupe de militants armés avait tenté un coup d'Etat. Une nouvelle intervention, cette fois-ci à l'encontre d'un gouvernement élu démocratiquement, pourrait toutefois s'avérer plus délicate.

     

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