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    Asie-Pacifique

    Tentative nord-coréenne de rapprochement: Séoul reste sur ses gardes

    media La sœur et représentante de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, en compagnie du président sud-coréen Moon Jae-in et de sa compagne, lors des JO de PyeongChang. Yonhap via REUTERS

    Au lendemain d'un réchauffement spectaculaire entre Pyongyang et Séoul, les Sud-Coréens peuvent-ils croire leurs voisins du Nord ? Après avoir mené, non sans fermeté, un programme balistique et nucléaire ambitieux au plus près de ses ambitions, les Kim peuvent-ils sérieusement s'engager résolument vers un processus de dénucléarisation et un réchauffement des relations au seul motif que leur survie leur serait alors garantie ? Au Sud, le scepticisme reste de mise.

    Sur le papier, le programme et alléchant et les images seront belles. Depuis Pyongyang, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aurait déclaré aux émissaires envoyés par Séoul qu’il était prêt à des négociations avec les Etats-Unis au sujet de l’abandon de son programme nucléaire. Il se serait aussi dit prêt à suspendre tout essai nucléaire et balistique pendant la durée des pourparlers.

    Mieux, les deux Corées seraient tombées d’accord pour une rencontre au sommet en avril à la frontière, et Kim Jong-un aurait affirmé aux émissaires sud-coréens qu'il était prêt à renoncer au nucléaire à long terme si la sécurité de son régime était assurée. Une série d’annonces inattendue, dans le sillage du rapprochement des Jeux olympiques de PyeongChang, après des mois de tensions.

    « Nous ne sommes que sur la ligne de départ »

    La nouvelle fait évidemment les titres de la presse sud-coréenne. Partout la même photo : Kim Jong-un serrant la main des émissaires sud-coréens, et notamment celle de Chung Eui-yong, conseiller à la Sécurité nationale du président Moon Jae-in. Une première depuis l'accession au pouvoir en 2011 de l'homme fort de Pyongyang, qui ne cesse décidément de prendre le monde à contre-pied.

    Cette médiation sud-coréenne est « plus qu’un succès », s’enthousiasme le quotidien de centre gauche sud-coréen Hankyoreh, qui estime qu’elle a permis de poser les bases de pourparlers de dénucléarisation entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Mais attention ! Comme le relate notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias, la satisfaction de la plupart des analystes reste emprunte de prudence.

    Celle du président le reste également. Moon Jae-in a estimé, selon des propos rapportés ce mercredi par l'agence de presse Yonhap, qu'il était « trop tôt pour être optimiste ». « Nous ne sommes que sur la ligne de départ et il est trop tôt pour être optimistes. Les discussions intercoréennes ne seront pas suffisantes pour parvenir à la paix », aurait rappelé le chef d'Etat devant des politiques, démentant au passage toute concession faite au Nord. « Il n'y aura pas de cadeau », précise-t-il.

    Le chef de l'opposition parle des accords de Munich

    Le président sud-coréen juge nécessaire d'entretenir une coopération étroite avec les Etats-Unis : « Je crois que les discussions sur la dénucléarisation ne seront faisables que lorsque la Corée du Sud et les Etats-Unis auront des positions communes », observe-t-il. Réaliste, il constate que « les discussions intercoréennes ne seront pas suffisantes pour parvenir à la paix ».

    Pour l'heure, si la dénucléarisation de Pyongyang reste l'objectif ultime à atteindre, Moon Jae-in aurait expliqué autour de lui ne pas avoir l'intention d'assouplir les sanctions contre la Corée du Nord en vue de faciliter la tenue de la rencontre à la frontière. Selon lui, on ne saurait se satisfaire non plus d'un moratoire ou de mesures de prévention contre la prolifération. Les Kim devront aller plus loin.

    Exceptionnelles, les concessions du Nord devraient permettre au moins un dialogue. Mais l'opposition conservatrice n’est pas beaucoup plus convaincue de cette éventualité ! Son chef de file, Hong Joon-pyo, parle de « mascarade », évoque les accords de Munich signés avec Hitler à la veille de la Seconde Guerre mondiale, et affirme que le Nord est toujours revenu sur ses engagements.

    Quelles seront les demandes de la Corée du Nord ?

    « Il y a des points positifs dans cet accord », estime le quotidien conservateur Chosun Ilbo. « Cependant, un point d'interrogation demeure sur le fait de savoir si le Nord est véritablement prêt à négocier une renonciation à son arsenal ». En 2005, Pyongyang promettait une dénucléarisation « vérifiable, irréversible et complète ». Un an plus tard, le régime réalisait son premier essai nucléaire.

    Selon Chosun Ilbo, les Kim pourraient chercher actuellement à obtenir un assouplissement des sanctions internationales, tout en gagnant du temps pour leurs programmes balistique et nucléaire. « Si ce scénario est mis en œuvre, la Corée du Sud et la communauté internationale auront à nouveau joué le jeu du Nord », poursuit le quotidien conservateur, méfiant au plus haut point.

    Il faut rappeler que les précédents accords de dénucléarisation des 30 dernières années ont échoué, et que deux rencontres au sommet ont déjà eu lieu. Entre Pyongyang et Séoul, le problème de confiance est énorme. Si les concessions nord-coréennes s'assortissaient de demandes exorbitantes (retrait des troupes américaines du Sud, dénucléarisation des Etats-Unis...), elles feraient long feu.

    Washington annonce une énième batterie de sanctions

    Voilà qui explique la teneur des premières réactions américaines, plutôt sceptiques aussi malgré les propos encourageants du président Trump. Séoul doit à présent convaincre Washington d’accepter de reprendre le dialogue. Les deux principaux émissaires sud-coréens partent aux Etats-Unis pour transmettre un message « confidentiel » des Nord-Coréens à l’administration américaine.

    Ils auront fort à fort ; le département d'Etat vient d'annoncer des énièmes nouvelles sanctions économiques, après avoir « déterminé », selon la diplomatie américaine, que la Corée du Nord avait utilisé une substance neurotoxique classée comme arme de destruction massive pour assassiner - en 2017 en Malaisie - Kim Jong-nam, demi-frère de Kim Jong-un en exil.

     

     

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