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    «Le gouvernement est enfin là. Le président de la République, chef de l'État, a enfin signé l'ordonnance. Donc aujourd'hui, le gouvernement ayant été constitué, on se mettra bientôt au travail», a déclaré à la presse le Premier ministre Sylvestre Ilunga, lui-même nommé le 20 mai 2019.

    Asie-Pacifique

    Les effets inattendus et pervers du mouvement «Me Too» en Corée du Sud

    media (Photo d'illustration) Avec le mouvement «Me Too», des Sud-Coréens ont choisi de ne plus avoir d'interactions avec leurs collègues féminines, notamment dans le milieu du travail. Eric Lafforgue/Corbis/Getty

    Depuis le début du mouvement mondial de dénonciations des abus sexuels lancé par l'affaire Weinstein, dans les entreprises sud-coréennes, de nombreux hommes, de peur d’être accusés à leur tour, réduisent au minimum toute interaction avec leurs collègues féminines. Lesquelles se voient exclues des dîners de bureau ou des voyages d’affaires.

    De notre correspondant à Séoul,

    Le mouvement « Me Too » est arrivé en retard en Corée du Sud, mais depuis janvier les scandales pleuvent. Dans ce pays très patriarcal, jusqu’à récemment peu de femmes osaient parler ou porter plainte en cas de harcèlement sexuel ou de viol. Mais ce phénomène de libération de la parole a servi d’exemple.

    En janvier, une procureure a eu le courage de raconter à la télévision les attouchements dont elle a été victime de la part d’un supérieur et depuis les révélations se multiplient. Le gouverneur d’une province a été accusé de viol par deux employées. Le célèbre réalisateur Kim Ki-duk, des professeurs, des acteurs, des politiciens, sont aussi sur la sellette.

    Sur les réseaux sociaux ou sur « Blind », une application coréenne de discussion anonyme, beaucoup de femmes racontent à présent les violences sexuelles dont elles sont victimes, notamment au sein du monde très masculin de l’entreprise.

    La « règle Mike Pence »

    Dans les entreprises, certains ont réagi en adoptant la « règle Mike Pence ». Règle surnommée ainsi parce que le – très prude – vice-président américain a un jour déclaré qu’il refusait tout dîner en tête à tête avec une femme autre que la sienne.

    Une pratique qui semble faire des adeptes en Corée : « Mon patron ne communique plus avec moi que par textos, j’ai l’impression d’être devenue invisible au bureau », témoigne ainsi une employée dans le quotidien Chosun Ilbo. Une autre raconte que son patron n’invite plus que ses subordonnés masculins quand il emmène son équipe boire un verre : « Je me sens très mal à l’aise au travail ces jours-ci », explique-t-elle au journal. D’autres femmes se voient interdites de voyages d’affaires.

    Dans le quotidien Korea Times, un homme de 46 ans explique qu’il évite dorénavant de parler à ses collègues féminines, parce que «  tout ce que je peux dire pourrait être interprété comme du harcèlement sexuel ». Un autre de 31 ans, qui a demandé à son patron de ne pas être envoyé en voyage d’affaires avec d’autres employées féminines, assure ne plus parler avec celles-ci « que par internet ».

    Les autorités réagissent

    La ministre pour l’égalité des sexes, Chung Hyun-back, a déclaré que cette « règle Pence » était « inquiétante ». Elle a promis de mener diverses campagnes de sensibilisation, pour « empêcher ces pratiques de se propager ».

    Il faut en effet rappeler que les Coréennes sont déjà très désavantagées au sein de l’entreprise. Le plafond de verre est épais et très bas en Corée du Sud, et le pays se trouve à la 118e place sur 144 dans un classement du Forum économique mondial en matière d’égalité des sexes. La règle « Mike Pence » risque encore d’aggraver leur situation.

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