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    Asie-Pacifique

    Birmanie: les journalistes qui enquêtaient sur les Rohingyas restent en prison

    media Wa Lone, l'un des deux journalistes de Reuters, escorté par la police à la sortie du tribunal ce mercredi 11 avril. REUTERS/Ann Wang

    En Birmanie, les deux journalistes locaux de l’agence de presse Reuters vont rester en prison. C’est la décision de la justice ce mercredi matin pour les deux hommes arrêtés pour possession de documents confidentiels dans leur enquête sur le massacre de dix Rohingyas dans l’Etat d’Arakan, dans l'ouest du pays. Cette minorité musulmane est victime de nettoyage ethnique selon l’ONU. Les reporters risquent jusqu’à 14 ans de prison.

    De notre correspondante à Rangoun, Eliza Hunt

    Selon la justice, les récits des témoins à charge « ne sont pas dépourvus de fondement », pourtant, depuis plusieurs semaines, les avocats des journalistes de Reuters dénoncent leurs incohérences. Un policier a par exemple expliqué qu’il avait brûlé ses notes de l’interpellation des deux reporters. Un autre témoin, interrogé par la cour, avait noté sur sa main le lieu de leur arrestation et ce, alors que la version des policiers est différente de celle des journalistes.

    Les audiences reprendront le 20 avril prochain, a annoncé la justice. Depuis leur arrestation en décembre, les reporters répètent qu’ils ont simplement fait leur travail. Une enquête publiée, par l’agence Reuters, sur le massacre par des soldats et des villageois bouddhistes de dix Rohingyas dans l’Etat d’Arakan.

    Les militaires ont depuis reconnu qu’ils les avaient tués de sang-froid, tout en soulignant qu’il s’agissait de terroristes. Et ce mardi, l’armée a annoncé une peine de dix ans de prison pour 7 soldats impliqués dans ce massacre. La première condamnation depuis le début la répression, fin août 2017, par les militaires, qui continuent de rejeter les accusations de « nettoyage ethnique » contre la minorité des Rohingyas.

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