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    Asie-Pacifique

    L’appli Neihan Duanzi fermée en Chine: les autorités manquent-elles d’humour ?

    media Des employés chinois d'un restaurant avec leur smartphone pendant leur moment de pause. Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

    Blaguer en Chine, ce n’est pas anodin. Récemment, des parodies qui se moquaient du parti communiste ont été victimes de la censure. Aujourd’hui, c’est une application qui permet de s’échanger des histoires drôles qui est  sanctionnée. Mais, malgré toute la pression dont les 770 millions d’internautes font l’objet, les plus courageux trouvent encore le moyen de contourner la censure draconienne.

    De notre correspondante à Pékin,

    Un concert de klaxons ! Voilà comment les adeptes de l’application blagueuse se moquent de la censure. A Pékin, une centaine d’automobilistes se sont donnés rendez-vous devant les bâtiments de l’administration d’Etat en charge de contrôler les médias. Pas de banderoles, ni de slogan, juste un concert de klaxons qui retentissait dans la rue. Une manière de contourner les lois qui interdisent en Chine tout rassemblement public.

    Des blagues et des vidéos « trop vulgaires… »

    Ces automobilistes et internautes protestent contre la suppression de leur application préférée « Neihan Duanzi ». Elle permettait à ses 4 millions utilisateurs d’échanger des blagues et des petites vidéos drôles, mais jugés trop «  vulgaires » par les gendarmes du net. Son inventeur, Zhang Yiming a visiblement préféré supprimer cette fonctionnalité pour sauver son appli principale « Toutiao » qui revendique, elle, plus de 200 millions d’utilisateurs.

    « Jinrin Toutiao » veut dire « A la une aujourd’hui » et propose des actualités au quotidien. Pour l’instant, on ne peut plus la télécharger, mais cette sanction-là ne devrait pas durer plus de trois semaines.

    10 000 surveillants du net

    Dans une lettre, Zhang Yiming s’est en effet fondu en excuses et promet de se conformer aux exigences des autorités. Il se dit « rongé par des remords » dans une lettre publique. « Les contenus étaient incompatibles avec les valeurs centrales du socialisme », écrit-t-il.

    Dans le futur, le fondateur et PDG de Toutiao assure que les contenus créatifs seront « positifs, sains et bénéfiques » et promet qu’il va approfondir sa collaboration avec les organes du parti. Concrètement, cela se traduira par plus de surveillance.

    Au lieu des 6 000 employés qui sont actuellement chargés de veiller sur les contenus, il y en aura 10 000. Un internaute exaspéré a posté ce commentaire sur les réseaux sociaux : « un jour, toutes les applications seront supprimées et on n’aura plus d’autres choix que de regarder la télévision d’Etat. »

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