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    Asie-Pacifique

    Birmanie: grâce présidentielle pour 8000 prisonniers

    media Wa Lone, l'un des deux journalistes de Reuters emprisonnés, ne fait pas partie des graciés. REUTERS/Ann Wang

    La Birmanie va libérer plus de 8 000 prisonniers dans le pays, a annoncé ce mardi 17 avril le président Win Myint, pour apporter la paix, souligne-t-il, à l'occasion du Nouvel An birman. 6 000 détenus concernés sont en prison pour des affaires de drogue et près de 2 000 sont des policiers ou des militaires. Une amnistie de masse qui ne concerne seulement 36 prisonniers politiques.

    De notre correspondante à Rangoun, Eliza Hunt

    Parmi les prisonniers politiques amnistiés se trouvent deux pasteurs de l'Etat Kachin, au nord de la Birmanie. Ils avaient été arrêtés en décembre 2016 après avoir montré à des journalistes des destructions imputées à l'armée birmane lors de combats avec des rebellions ethniques. Une arrestation dénoncée à l'époque par les organisations de défense des droits de l'homme.

    L'annonce de mardi est une bonne nouvelle pour la société civile, mais près de 200 activistes sont toujours derrière les barreaux ou en attente de procès, et ce, malgré les promesses de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d'Aung San Suu Kyi, qui s'était engagée, avant d'arriver au pouvoir, à libérer tous les détenus de conscience.

    En 2016, la LND avait déjà annoncé des amnisties pour des prisonniers politiques notamment des étudiants qui avaient manifesté contre une réforme de l'éducation. Mais pour l'ONG Human Rights Watch, le gouvernement doit aussi réformer d'urgence les lois répressives anti-démocratiques toujours en vigueur des lois utilisées pour museler les activistes ou les journalistes dans le pays comme les deux reporters de l'agence Reuters, en prison pour leur enquête sur la crise des Rohingyas, qui ne font pas partie de la liste des amnistiés.

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