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    Asie-Pacifique

    Cambodge: les élections législatives se préparent sous tension

    media Un policier cambodgien s'en prend à une manifestante venue soutenir l'opposant Kem Sokha devant la Coup d'appel de Phnom Penh. REUTERS/Samrang Pring

    Le 29 juillet, dans presque trois mois, les Cambodgiens seront appelés aux urnes pour les élections législatives. En amont du scrutin, ces élections font l’objet de critiques sur la scène internationale. En novembre dernier, le CNRP, principal parti d’opposition, a été dissous par la Cour suprême. Il était accusé d’avoir soutenu un projet de « révolution de couleur » pour renverser le gouvernement du Premier ministre Hun Sen. 118 membres du parti ont été interdits de politique et ses deux leaders sont en exil pour l’un, et pour le second en attente d’un procès au Cambodge.

    De notre correspondante à Phnom Penh,

    L’organisation des élections poursuit son cours mais certains appellent au boycott. C’est Sam Rainsy ancien président du parti d’opposition qui est à l’origine de l’appel. C’est lors d’une interview donnée à Radio Free Asia début avril qu’il a invité les électeurs cambodgiens à s’abstenir de voter pour la première fois. L’opposant demande également aux observateurs internationaux de ne pas superviser le scrutin qu’il qualifie de farce dont la conclusion est connue d’avance.

    Depuis janvier, Sam Rainsy est à la tête du CNRM, un mouvement d’opposition qui réunit d’anciens députés du CNRP à l’étranger. Très critiques vis-à-vis du gouvernement de Hun Sen qu’ils qualifient parfois de dictature, ils remettent en cause la légitimité de la dissolution de leur parti mais aussi celle des élections législatives en l’absence de parti d’opposition notable.

    Un Premier ministre sans rival

    Lors des dernières élections générales en 2013, Le CNRP avait récolté 44,5% des suffrages. Le mois dernier, le rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’Homme en mission au Cambodge, Rhona Smith, a souligné le problème que représente une élection sans opposition dans un pays où la Constitution s’appuie expressément sur un système électoral et politique pluraliste.

    Sans adversaire majeur, en cas de réélection en juillet, le Premier ministre cambodgien Hun Sen entamerait un nouveau mandat de 5 ans qui s’ajouterait à ses 33 années de mandat déjà effectuées.

    Selon le gouvernement en tous cas, les Cambodgiens ne suivront pas cet appel au boycott. D’autant que les anciens cadres du CNRP, notamment ceux restés au Cambodge, ne soutiennent pas tous le CNRM ou qu’ils sont désormais interdits de politique.

    Kem Sokha, l’autre leader du parti CNRP reste en prison dans l’attente de son procès et il s’est peu exprimé depuis son arrestation en septembre. Comme le parti qu’il dirigeait, il est accusé d’avoir voulu mener une révolution de couleur, un soulèvement populaire visant à renverser le gouvernement avec le soutien des Etats-Unis.

    Lundi dernier, 23 avril, un nouveau clip vidéo commandé par le conseil des ministres mettait d’ailleurs en garde contre les intentions le CNRM et le KNLF, un autre groupe qualifié de terroriste par le gouvernement. Le Comité National des Elections de son côté rappelle que quiconque empêche un électeur de voter peut être sanctionné d’une amende. Pour son porte-parole Hang Puthea, l’appel au boycott ne fait que créer des troubles dans le pays.

    Malgré quelques réactions, le gouvernement ne semble pas faire grand cas de cet appel au boycott mais entend bien garantir la tenue du scrutin qui assure selon lui la légitimité des élections.

     

    Le Premier ministre du Cambodge Hun Sen, à l'occasion de la célébration du 64e anniversaire de l'indépendance de la France, le 9 novembre 2017. REUTERS/Samrang Pring

    Renforcement des forces de sécurité.

    La semaine dernière, le gouvernement a annoncé le déploiement de 80 000 agents de sécurité lors des élections. C’est 10 000 agents de plus que lors des dernières élections générales de 2013 et 30 000 de plus que lors des élections communales de juin 2017. Le but, selon le chef adjoint à la police nationale, est d’assurer : une « atmosphère électorale libre, juste et sans menace ».

    Cette présence est pourtant perçue comme une potentielle intimidation. Quelques observateurs et organisations de défense des droits de l’homme se sont en particulier inquiétés de la présence parmi les forces déployées par le gouvernement de 20 000 agents de sécurité non fonctionnaires. Le porte-parole de la police nationale a cherché vendredi dernier à dissiper ces craintes en expliquant que ces citoyens n’étaient pas la force du parti politique au pouvoir. Il a également indiqué qu’ils suivraient une formation mais sans entrer dans les détails de celle-ci.

    Le scrutin a lieu dans trois mois, le 29 juillet. On attend dorénavant les candidatures des quelques partis qui doivent tenir tête au désormais très majoritaire CPP de Hun Sen. Ils ont du 30 avril au 14 mai pour se déclarer officiellement. La campagne s’ouvrira le 7 juillet.

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