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    Asie-Pacifique

    Bangladesh: le calvaire des femmes et enfants rohingyas continue

    media Un enfant Rohingya âgé de 18 mois, souffrant de malnutrition, dans le district d'Ukhia, au Bangladesh, le 6 novembre 2017 (photo d'illustration). Dibyangshu SARKAR / AFP

    Cela fait près de neuf mois qu'a commencé le plus grand exode des Rohingyas de Birmanie. A la fin août 2017, un groupe de défense des Rohingyas attaque des postes de police, ce qui entraîne une répression sans précédent : pendant les semaines qui suivront, plus de 700 000 d'entre eux fuient la répression des forces de sécurité birmanes. Ces populations vivent maintenant au Bangladesh dans des camps insalubres et surpeuplés. Et des milliers d'enfants naissent chaque mois et essaient de survivre dans ces conditions dangereuses. La naissance de nouveaux-nés dans ces conditions est un sérieux problème.

    De notre correspondant dans la région,

    Les organisations humanitaires estiment que 130 bébés naissent chaque jour dans les camps de réfugiés de la région de Cox Bazar, au sud du Bangladesh. Soit 50 000 naissances prévues sur toute cette année. Or la survie est précaire pour ces nouveau-nés : la nourriture est basique et rationnée, l'eau n'est pas bien purifiée et les maladies intestinales, très contagieuses, sont fréquentes, ce qui peut engendrer des diarrhées mortelles chez ces nouveaux nés déjà bien faibles.

    Protéger et soigner les femmes et leurs bébés, la priorité des ONG

    Les femmes enceintes et les nouveaux nés sont bien sûr une priorité pour les humanitaires, mais pour cela, il faut les atteindre. Cela est en soi une mission difficile : environ 1 million de personnes s'entassent sous ces tentes, dans des allées boueuses, sur des dizaines de kilomètres dans l'un des plus grands camp de réfugiés au monde. Les femmes enceintes ne viennent pas régulièrement vers les cliniques. Elles font souvent la première visite de contrôle mais ne reviennent plus ensuite, peut être par peur de glisser dans les allées.

    Elles ne reçoivent donc pas les vitamines indispensables pendant la grossesse, ce qui engendre des carences chez le bébé. Enfin, elles accouchent généralement sous leurs tentes, et y restent pendant de longs mois. « C'est un vrai défi de trouver les femmes qui viennent d'accoucher », explique un membre de l'ONG Save the Children. Alors l'association déploie des travailleurs dans les camps pour les identifier, les inciter à aller chercher de la nourriture riche en nutriments pour leur bébé, ou s'il le faut, la livrer dans leur tente.

    Le viol et ses conséquences

    Les forces de sécurité birmanes ont utilisé le viol comme une arme de guerre, et des centaines, voire des milliers de femmes rohingyas ont subi cette violence sexuelle pendant les attaques de leurs villages, à la fin août. Aujourd'hui, 9 mois après, les ONG des camps s'attendent à la naissance de nombreux bébés conçus lors de ces agressions. Des événements qui seront difficiles, voire traumatisants pour ces jeunes mères, qui vont avoir besoin d'assistance psychologique pour accepter ces enfants du viol.

    Leurs proches peuvent aussi les rejeter, ce qui peut, in fine, pousser les mères à abandonner ces nouveaux nés pour éviter d'être stigmatisées ou ostracisées. Mais dans les premiers cas rapportés par les ONG, certains enfants ont finalement été acceptés. La plupart des membres de leur communauté ont compris que la mère n'était pas responsable de cet acte barbare, et que l'enfant ne devait pas souffrir à cause de cela.

    → Lire aussi : Le Bangladesh envisage un programme de stérilisation de réfugiés rohingyas

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