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    Asie-Pacifique

    Corée: les Chinois avides de paix et d’ouverture

    media Le pont de l’Amitié de Dandong qui relie la Chine à la Corée du Nord. RFI/Heike Schmidt

    La rencontre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump à Singapour, ce 12 juin, a été scrutée de près en Chine. Les essais nucléaires du « pays frère » avaient fini par exaspérer Pékin, et aujourd’hui, beaucoup de Chinois partagent cet espoir que Kim renoncera à l’arme nucléaire et négociera un traité de paix, 65 ans après la guerre de Corée à laquelle la Chine avait participé avec des centaines de milliers de soldats

    De notre correspondante à Pékin,

    Armés de jumelles, d’appareils photos et de perches à selfie, une trentaine de touristes chinois montent à bord du bateau d’excursion qui les transportera depuis le village chinois d'Hekou jusqu’aux côtes nord-coréennes. Curieux, les passagers se penchent par-dessus la rambarde et scrutent la campagne d’en face, de l’autre côté du fleuve Yalu, à la recherche du moindre signe de vie. Nous sommes à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord, le point le plus isolé et le plus méconnu du monde.

    « Vous voyez là-bas les gens à vélo ? », lance notre guide, « pour les familles nord-coréennes, ce moyen de locomotion traditionnel est toujours aussi important que chez nous avant l’ouverture de la Chine dans les années 1980. Là-bas, il est encore rare de voir une voiture. »

    A une centaine de mètres du rivage, le paysage nord-coréen défile : une femme à vélo, des hommes accroupis dans les champs, des charrettes tirées par des bœufs. On n’y aperçoit aucun tracteur ni aucune usine et encore moins des bâtiments modernes comme sur la rive chinoise. Soudain, des barbelés et des miradors surgissent de la nature bucolique, coupant net avec ces scènes de vie d’apparence paisible et révélant une tout autre image du même pays : celle d’une Corée du Nord qui enferme ses citoyens.

    « La Corée du Nord est pauvre », lâche un voyageur qui ne perd pas une miette de ce qu’il aperçoit du pays voisin, « Kim Jong-un ferait mieux de développer son économie. Ce serait bien pour son peuple ! Il est inutile que ce petit pays développe l’arme nucléaire. »

    Les tests nucléaires ont ravivé le souvenir de la guerre de Corée

    Les six tests nucléaires que la Corée du Nord a mené non loin d’ici, sur le site de Punggye-ri qu’elle vient d’ailleurs de démanteler, ont ravivé le souvenir de la guerre qui a ravagé ces terres. C’était il y a 65 ans, lors de la guerre de Corée (1950-1953). Les Chinois appellent ce conflit sanglant « la guerre de résistance contre l’agresseur américain pour aider la Corée ».

    « Regardez, la colline là-bas, rien n’y pousse plus, c’était un important champ de bataille, commente la guide. Les Américains lâchaient des bombes partout. Depuis la guerre, aucun arbre ne pousse plus sur ces terres. »

    En 1950, les troupes du Nord franchissent le 38e parallèle qui divise alors le Nord communiste et le Sud capitaliste. Les Etats-Unis, épaulés par l’ONU, apportent leur soutien au Sud. La Chine de son côté envoie des centaines de milliers de soldats pour sauver ses frères d’armes nord-coréens. La guerre fera des millions de victimes.

    En témoigne : un pont en acier, sectionné net en son milieu, qui depuis a été transformé en mémorial de guerre. Assise tout au bout, une vieille dame vend des mitraillettes et des tanks en plastique, des miroirs à l’effigie de belles danseuses coréennes et d’autres souvenirs.

    Le pont du village d'Hekou, sectionné net en son milieu pendant la guerre de Corée, vu depuis un bateau d'excursion qui longe le fleuve Yalu entre la Chine et la Corée du Nord. RFI/Heike Schmidt

    « J’avais sept ans à l’époque, j’avais peur des bombes »

    « J’avais sept ans à l’époque, j’avais peur des bombes », se rappelle cette Chinoise au visage buriné, « ma famille accueillait des volontaires venus du Sichuan, c’étaient des gamins de 17 ans. Tous les soirs, les troupes passaient sur ce pont. Mais les avions l’ont bombardé pour couper le ravitaillement. Il faisait très froid cet hiver-là, en 1950, les soldats mouraient, gelés. »

    Aujourd’hui encore, aucun véritable traité de paix n’a remplacé le simple armistice de 1953, dont la Chine est l’un des signataires. Mais le sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump pourrait changer la donne, c’est en tout cas ce que ce touriste chinois espère : « La Chine souhaite qu’il y ait un résultat positif qui établira la paix dans la péninsule. Ça serait bénéfique pour la Corée du Nord et aussi pour le développement de cette région chinoise de Dandong. Mais la Chine devrait y participer, parce Kim et Trump sont l’un comme l’autre des types bizarres qui ne tiennent pas leurs promesses. »

    « La paix apporte le bonheur aux familles »

    Sur le chemin du retour vers l’embarcadère situé sur la rive chinoise, les passagers braquent maintenant leurs objectifs sur l’autre côté du Yalu, la rive chinoise avec ses maisons modernes et ses guinguettes qui accueillent les touristes. « Quand je vois la Corée du Nord, je suis triste, nous confie un sexagénaire. De l’autre côté, quand je vois la Chine, je suis content. » La Chine, dit-il avec fierté, est un grand pays aujourd’hui : « Je suis né en 1950, alors que notre pays était encore pauvre, nous manquions de capitaux, nous manquions d’acier. »

    La détente politique et l’ouverture économique peuvent faire de la Corée du Nord un pays aussi prospère que la Chine, ce Chinois en est convaincu. Mais si jamais un nouveau conflit éclate, il se tient prêt : « Aujourd’hui, si les Etats-Unis attaquent la Corée du Nord, moi, j’ai 68 ans, mais je me mettrai au service de notre armée pour résister à l’agresseur américain ! Vive la paix ! La paix permet au peuple d’améliorer sa vie ! La paix apporte le bonheur aux familles ! »

    Ce 12 juin, le retraité a regardé les nouvelles à la télévision – dans l’espoir qu’Américains et Nord-Coréens trouvent un terrain d’entente.

    La Chine avide de paix entre les deux Corées Un reportage de notre correspondante à Pékin 13/06/2018 - par Heike Schmidt Écouter

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