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    Asie-Pacifique

    Pakistan: l’irrésistible ascension d’Imran Khan

    media A l'occasion de la campagne électorale 2018, sur le mur d'un marché, à Islamabad, un poster géant d'Imran Khan, fondateur du PTI.. Aamir Qureshi/AFP

    Selon les résultats officieux proclamés par les médias locaux, en attendant l’annonce du score définitif ce vendredi, le parti de l’ex-star du cricket Imran Khan est arrivé en tête des élections générales qui se sont tenues au Pakistan, avec entre 100 et 120 circonscriptions tombées dans son escarcelle. Si ces résultats sont confirmés, Imran Khan qui n’est pas issu du sérail politique deviendrait le nouveau Premier ministre du pays. Qui est Imran Khan ? L’homme, ses idées et ses allégeances. Portrait.

    «  Nous avons réussi. On nous a donné un mandat », a proclamé Imran Khan jeudi 26 juillet lors d’une conférence télévisée, revendiquant la victoire des siens aux législatives avant même l'annonce officielle des résultats. Vingt-six ans après avoir mené au triomphe en Coupe du monde l’équipe nationale de cricket, l’ancien champion pakistanais est sur le point de réaliser un autre rêve, celui de devenir Premier ministre du « pays des purs ».

    Son parti qu’il a créé en 1996, le Pakistan Tehreek-e-Insaf – ou PTI, qui signifie « Mouvement pour la justice au Pakistan », est arrivé en tête des élections législatives du 25 juillet. Le PTI n’aura vraisemblablement pas la majorité absolue, mais en attendant l’annonce définitive des résultats par la Commission électorale pakistanaise, la presse lui attribue entre 109 et 122 sièges au Parlement sur les 272 qui étaient à pourvoir. Au dire des spécialistes, c’est une majorité suffisante pour permettre au  PTI de former le prochain gouvernement à Islamabad, s’alliant avec d’autres formations politiques proches.

    Apothéose

    La victoire du PTI est aussi une forme d’apothéose pour Imran Khan venu du sport à la politique par conviction et idéalisme. Au cours des trois élections auxquelles elle a participé (1997, 2002, 2013), sa formation était reléguée jusqu’ici toujours à la troisième place, derrière les deux principaux partis du gouvernement, la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) dirigée par l’ancien chef du gouvernement Nawaz Sharif et le Parti du Peuple pakistanais (PPP) conduit par le clan Bhutto. A 66 ans, l’opposant au physique avantageux d’une star de cinéma et toujours auréolé de sa légende sportive comparable à celle d’un « roi Pelé » au Brésil, a parcouru le pays tambour battant, axant sa campagne sur la lutte contre la corruption de la classe politique traditionnelle pakistanaise et la promesse d’instaurer un « Etat-providence islamique ».

    Selon Faïza Shah, journaliste au quotidien Dawn réputé proche de la Ligue musulmane sortante, l’homme est un « populiste », qui a su par son militantisme anti-corruption « enflammer l’imagination de la classe moyenne fatiguée de la corruption endémique et de voir les grands barons de la vie politique monopoliser le pouvoir depuis des décennies ». Sa légende a fait le reste.

    Les années play-boy

    Sexe, sport et philanthropie sont les principaux ingrédients de la légende d’Imran Khan. Né en 1952 dans une riche famille pachtoune de Lahore, l’homme est passé par les écoles huppées pakistanaises, puis par l’université d’Oxford dont il est sorti diplômé en philosophie politique et économique. Parallèlement, dans les années 1970, il s’est fait remarquer dans les clubs anglais comme un joueur de cricket d’exception. A l’âge de19 ans, il débute en sélection nationale du Pakistan. On connaît la suite. La photo emblématique d’Imran brandissant la coupe du monde de cricket est encore dans toutes les têtes au Pakistan. Très narcissique, l’intéressé ne rate pas la moindre occasion pour évoquer ce passé glorieux personnel, qui fait aussi la fierté de son pays.

    Imran Khan brandit la trophée de la Coupe du monde du cricket après la divine victoire de l'équipe pakistanaise à ce championnat planétaire.dial. Stephen DUPONT / AFP

    En revanche, soucieux de ne pas heurter la sensibilité des musulmans conservateurs qui le soutiennent, l’homme politique se montre aujourd’hui plus réservé pour parler de ses années « play-boy », qui suivirent sa retraite sportive après le triomphe de 1992. Ses biographies officielles préfèrent passer sous silence ses fréquentations des boîtes de nuit les plus select de Londres et de Paris et ses conquêtes féminines qui débouchèrent sur son mariage en 1995 avec Jemima, fille du magnat financier franco-britannique d’origine juive, Jimmy Goldsmith.

    Le couple aura deux garçons avant de divorcer en 2004. Ils sont restés proches, comme en attestent les félicitations chaleureuses que Jemima a adressées suite à sa victoire électorale du 25 juillet à son ex-mari. Ce dernier s’est d’ailleurs remarié deux fois depuis leur divorce, la dernière fois au début de cette année avec une femme présentée comme sa conseillère spirituelle. Les photos du mariage montrent la mariée portant le niqab, ce qui est plus conforme aux mœurs conservateurs pakistanais.

    De ces années de play-boy mondain et jetsetteur de leur héros, les partisans d’Imran Khan retiennent surtout les activités philanthropiques. L’inauguration en décembre 1994 à Lahore du Shaukat Memorial Cancer Hospital qui a été construit avec des dons collectés dans le monde entier et qui prend en charge tous les malades du cancer, même ceux qui ne peuvent régler les soins, témoigne selon les supporters de l’incorruptibilité et de la générosité de leur leader.

    Pour sa part, évoquant la construction de cet hôpital dédié à la mémoire de sa mère morte elle-même d’un cancer, Khan aime rappeler que c’est en parcourant les campagnes pakistanaises les plus reculées en quête de dons destinés à l’hôpital qu’il s’est rendu compte de l’ampleur du désespoir social dans ce pays et de la nécessité urgente d’y remédier par des choix politiques appropriés. C’est cette prise de conscience qui va conduire le play-boy quadragénaire en pleine crise identitaire à créer son parti politique en 1996 pour transformer le Pakistan.

    «  Taliban Khan  »

    Adulé par des millions qui le considèrent comme le plus grand « cricketeer » de l’histoire du Pakistan, Imran Khan a pourtant eu du mal à s’imposer en tant qu’homme politique. Evoquant ses premières années en politique, pendant la campagne électorale, Khan est revenu sur les difficultés qu’il a rencontrées pour recruter des candidats aux élections législatives sous l’étiquette de son parti. Selon les confidences de son chef, il a fallu au PTI pas moins d’une quinzaine d’années pour bâtir sa réputation politique. Aujourd’hui, si les électeurs reconnaissent sans hésitation le symbole électoral du parti – une batte de cricket -, cela, semble-t-il, n’allait pas de soi, il n’y a pas encore très longtemps.

    Pendant des années, Imran Khan a été le seul et l’unique législateur issu du PTI à l’Assemblée nationale. L’homme s’y est fait remarquer en dénonçant avec obstination et ardeur la dictature sous Pervez Musharraf, la corruption qui gangrène la classe dirigeante pakistanaise et les frappes perpétrées par les drones américains dans les régions tribales du Waziristan, à la frontière afghane, qui tuent plus de civils innocents que des militants islamistes. En 2013, Khan s’est illustré en organisant une immense manifestation dans la région frontalière pour protester contre les bombardements américains. Sa dénonciation de la politique d’assassinats soi-disant « ciblés » des talibans et son appel à la fin de la guerre contre les groupes terroristes contre accord de paix lui valurent le titre satirique de « Taliban Khan » dans la presse pakistanaise largement pro-américaine.

    Or, malgré les moqueries et les condamnations qu’elles suscitent, ces initiatives du leader charismatique ne sont sans doute pas étrangères au succès que connaît le PTI aux législatives. Ce parti a vu en effet son score bondir de 1 parlementaire en 2002 à 35 en 2013. Parallèlement, il remporta une majorité de sièges à l’Assemblée régionale de la province frontalière de Khyber Pakhtunkhwa, ravagée par la guerre.

    Affiches électorales pour les législatives, à Karachi, le 27 juin 2018. REUTERS/Akhtar Soomro

    2013 est un tournant dans les fortunes du PTI qui se veut un parti pas comme les autres. Au fur et à mesure que le pays plonge dans la violence terroriste et que les scandales de corruption et de népotisme à répétition réduisent à néant la respectabilité de la classe politique traditionnelle qui se partage le gâteau, les discours anti-corruption d’Imran Khan attirent à ses meetings de plus en plus la classe moyenne émergente et les jeunes en quête d’espoir.

    Atouts et faiblesses

    Pour la journaliste du quotidien Dawn Faiza Shah, cette capacité de mobilisation de l’électorat serait le plus grand atout d’Imran Khan. «  Cet atout, il a su l’exploiter à bon escient encore et encore, poursuite-elle. D’abord en 2014, pour contester la validité de l’élection du parti alors au pouvoir, puis en novembre 2016, jusqu’à arracher à la Cour suprême le renvoi du Premier ministre Nawaz Sharif, suite à des révélations sur les biens immobiliers mal acquis par la famille Sharif à l’étranger.  »

    Et ses faiblesses ? La réponse fuse : « Il y en a tellement ! ». « La plus grave est peut-être, s’indigne la journaliste, sa tendance à flirter avec des thèses religieuses extrémistes comme la loi sur le blasphème, au risque d’aggraver les tensions religieuses. C’est d’autant plus incompréhensible quand on connaît la vie de libertinage qu’il a menée dans sa jeunesse avec ses incalculables conquêtes féminines. »

    Faïza Shah pointe également du doigt l’hypocrisie du candidat Khan, qui d’un côté dénonce la corruption des partis politiques traditionnels et accueille de l’autre, à bras ouverts, leurs barons locaux mouillés jusqu’au cou dans des scandales d’accaparement de terres et de népotisme. Et la journaliste de s’interroger : « Imran Khan est entré en politique en promettant de changer le Pakistan. C’est à se demander si ce n’est pas le Pakistan qui est en train de le changer ! »

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