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    Asie-Pacifique

    Législatives au Cambodge: désistement de nombreux observateurs internationaux

    media Des observateurs étrangers en conférence avec le Comité national des élections ce samedi 28 juillet 2018 à la veille du scrutin. 220 observateurs de 52 pays sont annoncés. Reuters/Samrang Pring

    Les électeurs cambodgiens étaient appelés aux urnes dimanche 29 juillet pour des élections législatives critiquées. Accusé de complot contre le gouvernement, le CNRP, principal parti d’opposition, a été dissout en novembre par la Cour suprême. Des atteintes aux libertés d’expression ou de rassemblement ont également été dénoncées ces derniers mois par les Nations Unies ou des pays occidentaux. Dans ce contexte, plusieurs Etats et organisations ont renoncé à envoyer des observateurs pour le scrutin de dimanche.

    Cette année, aucune mission d’observation électorale n’est prévue par l’Union européenne. Les Etats-Unis, l’Australie ou le Japon pourtant présents à la plupart des scrutins précédents s’abstiennent également d’envoyer des observateurs, rapporte notre correspondante à Phnom Penh, Juliette Buchez

    Ces décisions sont motivées par le contexte de tension qui plane sur le scrutin, en particulier pour les électeurs qui soutenaient le CNRP, le parti d’opposition dissous l’an dernier.

    20 partis sont candidats à l’élection. Parmi eux, seul le Parti du Peuple cambodgien (CPP) du Premier ministre Hun Sen avait obtenu des sièges au Parlement lors du vote de 2013.

    Face aux désistements d’observateurs traditionnels, le Comité national des élections se repose davantage sur les partenaires asiatiques du Cambodge pour légitimer le scrutin. 220 observateurs de 52 pays sont annoncés. Des observateurs sont venus de Birmanie, du Pakistan ou de Singapour et bien sûr de la Chine qui est devenue le premier partenaire politique et économique du pays.

    Sur la scène nationale, les observateurs ne seront également pas les mêmes qu’à l’habitude. Plus de la moitié d’entre eux sont issus d’un groupe présidé par Hun Many, l’un des fils du Premier ministre.


    Un système de corruption à grande échelle

    Des élections illégitimes, en l'absence du principal parti d'opposition, un déclin démocratique, un régime autocratique... de nombreuses ONG dénoncent une nette dégradation de la situation politique au Cambodge. Une démocratie à l'agonie qui profite à une élite politique corrompue qui a pris le contrôle des richesses du pays.

    Au pouvoir depuis 1985, le Premier ministre Hun Sen est aussi le plus ancien chef de gouvernement en Asie. Au fil des années, il a mis en place, selon plusieurs ONG, un système de corruption généralisé dont profitent surtout sa famille et un cercle restreint de fidèles.

    « La kleptocracie est un système de corruption à grande échelle, un système dans lequel le pouvoir pille l'Etat et les biens publics pour s'enrichir. Au lieu qu'en bénéficient tous les Cambodgiens, ces biens publics sont détournés pour enrichir une petite élite corrompue. Et c'est ce que nous avons découvert dans nos investigations tout au long du règne de Hun Sen. Un petit cercle d'amis et des membres de sa famille sont devenus extrêmement riches en pillant les ressources de l'Etat », commente Emma Burnett militante de l'ONG Global Witness.

    Pour assurer sa longévité politique, Hun Sen a donc créé un réseau de fidèles, un réseau au cœur duquel il a mis ses trois fils. L'homme fort du régime espère se maintenir au pouvoir encore dix ans. Une période suffisante pour préparer sa succession. La relève pourrait être assurée par son fils aîné Hun Manet, 41 ans, qui a récemment été promu à de hautes fonctions militaires.

    RFI

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