GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 16 Novembre
Dimanche 17 Novembre
Lundi 18 Novembre
Mardi 19 Novembre
Aujourd'hui
Jeudi 21 Novembre
Vendredi 22 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Asie-Pacifique

    Indonésie: après les séismes, l'exode des touristes

    media Touristes quittant l'île de Gili Trawagan. REUTERS/Beawiharta

    En Indonésie, les recherches continuent toujours dans l'espoir de retrouver d'éventuels survivants au séisme qui a frappé dimanche l'île de Lombok, à l'est de Bali. Le dernier bilan fait état d'au moins 105 morts et de centaines de blessés. Plus de 2000 touristes ont déjà été évacués. Notre correspondant en Indonésie a passé la matinée à l'aéroport et a rencontré des dizaines de touristes évacués des îles Gili. Des touristes majoritairement traumatisés.

    Avec notre envoyé spécial à Lombok,  Joël Bronner

    Quand on pénètre dans l’aéroport de Lombok, le spectacle qui saute aux yeux, c’est d’abord des dizaines de touristes, assis ou allongés sur le sol un peu partout.

    Et parmi tous ces touristes qui attendent encore un vol pour pouvoir quitter l’île de Lombok, ils sont nombreux à présenter des signes évidents de traumatisme. Pour ne rien arranger, ils n’ont pratiquement pas dormi depuis deux nuits. Concrètement, ils ressassent et revivent en boucle les histoires de murs qui s’effondrent. A l’image de cette mère de famille qui préférait rester à l’intérieur de l’aéroport avec sa fille plutôt que de louer un hôtel à l’extérieur, parce que pendant le séisme, le bâtiment qu’elle louait leur est tombé dessus.

    Idem pour Charlotte, 28 ans, qui racontait avec un débit extrêmement rapide sa nuit sur la plage, à subir les répliques du séisme en observant si les structures alentours n’allaient pas s’effondrer. Autre exemple, un Finlandais, qui avait une trentaine d’années, était à deux doigts de fondre en larmes lorsqu’il évoquait les longues heures d’attente d’un bateau sur la plage, sans eau, alors que le propriétaire de son hôtel avait déjà quitté l’île depuis longtemps.

    Enfin dernier point, le sentiment, qui participe de ce traumatisme, de se faire dépouiller par les populations locales du nord de l’île a été présent puisque les populations demandaient des sommes astronomiques pour acheminer les visiteurs jusqu’à l’aéroport. Et cela a fini de choquer des touristes déjà fatigués et diminués.


    «Encore beaucoup de victimes sous les décombres»

    L'aide arrive au compte-gouttes à Lombok où les dégâts sont très importants et les habitants démunis. Joint par RFI, Lalu Wisnu Pradipta de la Fondation ENDRI, qui vient en aide aux populations locales, fait le point de la situation.

    « Il y a encore beaucoup de panique. Parce que la logistique, les secours ne vont pas assez vite. L'électricité n'est pas rétablie. Il n'y a plus d'eau courante. Il manque des bâches, de l'équipement, des médicaments, y compris pour les enfants. Il y a des ponts qui sont tombés, qu'on ne peut plus utiliser. Du coup, les axes vers les centres de secours sont complètement bouchés.

    On a aussi des problèmes de sécurité avec des pillages. Les gens n'ont plus rien, ils se servent dans les magasins qui ont été touchés. Et puis, il y a encore beaucoup de victimes sous les décombres. Que ce soit chez les habitants ou dans les mosquées. Parce qu'il n'y pas assez de personnel pour les évacuations.

    Au niveau des hôpitaux, c'est compliqué, les gens viennent mais la plupart du matériel a été envoyé sur le terrain ou sorti sous des tentes en cas de réplique du tremblement de terre. Le gouvernement fait ce qu'il peut, mais la bureaucratie ralentit le processus. Il faut qu'ils enregistrent tout le monde. Et l'aide arrive très lentement jusqu'à la population. »


    Le témoignage de Martin, évacué de l'île de Gili Trawangan

    Martin, 21 ans, était sur l’île de Gili Trawangan lorsque la terre a tremblé. Après avoir passé la nuit sur une colline pour cause d’alerte tsunami, ce touriste français a passé la journée à attendre des bateaux pour évacuer l'île. RFI l'a joint au téléphone : « Les plages étaient noires de monde. Tout le monde était avec ses bagages à attendre, à essayer de chercher de l’ombre. Et ensuite ils commençaient à avoir faim. Cela faisait plus de 12 heures qu’on attendait. Les gens n’avaient pas mangé (...). La nuit, on n’a rien eu, le matin on n’a rien eu. Il n’y avait aucune organisation. En fait, il n’y a pas d’autorité sur cette île, il n’y a pas de police, il n’y a rien du tout. C’est aussi pour cela que c’est connu, c’est fait pour faire la fête. Là, le piège a commencé. Les rues qui étaient un peu désertes se sont remplies et les gens cherchaient des vivres, rentraient dans les épiceries pour trouver de l’eau, des choses qui se mangent. Il y avait quelques restaurants très gentils, qui faisaient à manger, qui faisaient du café. »

    « Après, il n’y en avait vraiment pas pour tout le monde, raconte encore Martin. Il y avait des queues d’une heure environ. Dès qu’ils n’avaient plus rien à donner, ils dirigeaient vers un autre endroit. Et le temps d’aller à cet endroit, pareil, c’était vide. Du coup, il y a eu beaucoup de pillages. Nous-mêmes, on a dû rentrer dans une épicerie pour prendre de l’eau. On n‘a pas eu de vrai repas depuis 24 heures. Donc, on commence un petit peu à avoir mal à la tête. Mais ça ne va pas durer longtemps. Et surtout, on est très soulagés d’avoir pu trouver un bateau pour rejoindre Bali. »


    Charlotte, une Française qui a vécu le séisme en direct

    On a commencé à sentir le sol trembler, le restaurant bougeait tout entier

    Témoignage 07/08/2018 - par Vincent Souriau Écouter

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.