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    Asie-Pacifique

    Cambodge: après les élections, légère détente du pouvoir sur l’opposition

    media Les anciens journalistes de Radio Free Asia, Uon Chhin et Yeang Sothearin, après leur libération sous caution, à Phnom Penh, le 21 août 2018. REUTERS/Samrang Pring

    Au Cambodge, le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 33 ans, vient d’être renouvelé pour un nouveau mandat. Malgré les critiques de plusieurs États et organisations internationales, le principal parti d’opposition était absent de l’élection controversée du 29 juillet et le Parti du Peuple cambodgien dispose désormais de la totalité des sièges du Parlement. Depuis la mi-août, de nouveaux épisodes dans plusieurs sagas judiciaires controversées ont eu lieu et la détente postélectorale semble avoir bénéficié aux opposants, notamment l’activiste Tep Vanny.

    Avec notre correspondante à Phnom Penh,

    Sans annonce en amont, le roi cambodgien a accordé lundi 20 août la grâce royale à Tep Vanny, une militante emblématique du droit au logement dans le quartier du lac Boeung Kak à Phnom Penh. En 2007, le quartier a été concédé à une entreprise proche du gouvernement pour y développer un complexe immobilier de luxe. Pendant plusieurs années, elle proteste avec d’autres militants contre les conditions d’expulsion.

    Tep Vanny est devenue le symbole de la lutte contre l’accaparement des terres. Les conflits terriens sont fréquents au Cambodge, où les habitants n’ont souvent pas de titre de propriété. Le 15 août 2016, Tep Vanny est arrêtée et condamnée pour violences intentionnelles lors d’une manifestation en 2013 devant la résidence du Premier ministre. Des accusations et une détention à caractère politique, selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, comme Amnesty International ou la Licadho.

    Plusieurs demandes de libération ont été rejetées par le passé. Le pardon royal est réalité arrivée à la faveur d’une sollicitation par le Premier ministre Hun Sen. Trois autres militantes du même quartier ont également été graciées.

    Autre signe de détente : la libération sous caution de deux anciens journalistes de Radio Free Asia

    Dans un autre cas épineux pour le gouvernement, les deux anciens journalistes de Radio Free Asia (RFA) Uon Chhin et Yehang Sothearin ont été libérés sous caution le lendemain de la libération surprise de Tep Vanny. Ils restent toutefois mis en accusation.

    Radio Free Asia est un média financé par les États-Unis, dont le bureau cambodgien a fermé ses portes en même temps que de nombreux autres médias indépendants en septembre 2017. Des fermetures qui ont eu lieu pour diverses raisons, mais elles sont perçues comme s’inscrivant dans un mouvement de répression de la presse indépendante.

    En novembre 2017, les deux hommes sont arrêtés puis accusés d’espionnage, soupçonnés d’avoir fourni des informations à un État étranger. Ils sont également accusés de produire de la pornographie, une activité répréhensible au Cambodge. Les hommes contestent ces accusations, se défendent d’avoir continué leurs activités pour RFA et demandent l’abandon des charges.

    Après neuf mois de détention, leur libération sous caution, comme celle de Tep Vanny, est perçue par plusieurs observateurs comme une tentative du gouvernement de redorer son blason à l’issue d’élections controversées.

    Au Cambodge, le système judiciaire est fréquemment dénoncé comme partisan par les associations de défense des droits. Le gouvernement se défend néanmoins de pouvoir intervenir dans les affaires de la justice. Le bureau cambodgien du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme salue pourtant les libérations comme un pas dans la bonne direction.

    La Cour suprême a toutefois rejeté la libération du leader de l’ancien principal parti d’opposition

    Mercredi 22 août, la Cour Suprême du Cambodge a examiné et a rejeté la demande de libération sous caution de Kem Sokha, le leader de ce qu’était le principal parti d’opposition. Il est détenu depuis presque un an dans l’attente de son procès pour trahison et aurait des problèmes de santé. Il est accusé d’avoir comploté pour renverser le gouvernement avec l’appui d’une puissance étrangère.

    Plusieurs organisations de défense des droits considèrent également sa détention comme politiquement motivée, dans le but de faire place nette en amont des élections. Car son parti d’opposition a été dissout en novembre dernier. En 2013, il avait remporté plus de 44% des voix aux législatives face au PPC de Hun Sen et 43,8% lors des élections communales de 2017.

    Avec la grâce accordée à Tep Vanny et la libération sous caution des deux journalistes de RFA, la libération de Kem Sokha était espérée par ses supporters, sans trop y croire pour autant. Selon la Cour suprême, sa libération pourrait causer des troubles dans le pays. Certains analystes estiment que la situation de Kem Sokha pourrait évoluer, notamment en cas de menaces concrètes de sanctions à l’étranger. Ce jeudi 23 août, le Premier ministre a déclaré qu’il envisageait de demander la grâce royale pour douze autres anciens membres du parti d’opposition actuellement incarcérés.

    Hun Sen refuse en revanche d’entendre des remarques qui lieraient ces potentielles libérations à des pressions internationales et dit avoir reçu des lettres de demande de pardon. En amont puis à la suite du scrutin controversé, plusieurs États ont mis des sanctions à l’étude. À ce stade, seuls les États-Unis ont imposé des interdictions de territoire aux responsables d’actes considérés comme antidémocratiques ou contre les droits de l’Homme.

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