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    Asie-Pacifique

    Indonésie: à Palu, le bilan du séisme et du tsunami ne cesse de s'alourdir

    media Vue aérienne de Palu, après le tsunami. Antara Foto/Muhammad Adimaja/via REUTERS

    Le bilan provisoire du tremblement de terre suivi d'un tsunami qui a frappé l'île indonésienne des Célèbes s'élève dimanche à plus de 832 morts. Les autorités prévoient des enterrements de masse pour prévenir les risques sanitaires. « Le nombre de victimes va continuer à augmenter », a averti le porte-parole de l'agence de gestion des catastrophes.

    ♦ Selon le dernier bilan fourni par Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l'agence nationale de gestion des catastrophes, 821 personnes sont décédées à Palu et 11 autres à Donggala. Mais des médias anglo-saxons avancent le nombre d'au moins 1203 morts.

    ♦ La zone touchée par le séisme et le tsunami n'inclut pas seulement la ville de Palu et celle de Donggala, mais également les localités de Sigi et Parigi Buton avec lesquelles aucun contact n'a encore pu être formellement établi.

    ♦ Donggala est quasiment coupée du monde : les accès à cette région dont la population s'élève à 1,2 million d'habitants, et qui est très proche de l'épicentre du séisme, demeurent bloqués. Les secours et les autorités locales peinent à parvenir jusqu'aux sinistrés.

    ♦ 71 étrangers se trouvaient à Palu lors du séisme a précisé le porte-parole, dont la plupart sont en cours d'évacuation. Mais les autorités cherchent encore à localiser trois Français, un Sud-Corén et un Malaisien, a-t-il précisé.

    « Le nombre de victimes va augmenter »

    Joint sur place par RFI, Rafiq Anshori qui dirige les opérations de la Croix-Rouge à Palu, détaille les difficultés rencontrées par les équipes de secours : « Le nombre de victimes va augmenter parce que les chiffres donnés par le gouvernement ne concernent que le district de Palu, pas celui de Donggala et Sigi. Jusqu'à maintenant, nous avons du mal à nous coordonner avec les équipes de secours dans ces zones-là parce qu'il n'y a pas de réseau et nous n'avons pas de radio. J'ai essayé d'aller en voiture à Sigi par la route principale mais j'ai dû abandonner. La route est complètement détruite. Avec une voiture normale, ce n'est pas possible. J'ai eu accès à des rapports de volontaires présents dans les hauteurs de Sigi : la situation là-bas est inimaginable. Ces zones sont très isolées. Palu est la ville la plus centrale, la coordination des secours est plus facile. Mais à mon avis, la situation à Donggala et Sigi est bien pire encore qu'à Palu. »

    Une vue aérienne montre un pont endommagé par le tremblement de terre et le tsunami à Palu, le 29 septembre 2018. Antara Foto/Muhammad Adimaja/REUTERS

    Palu réduit à néant

    Le pont jaune traversant Palu a été emporté par la puissance de la vague du tsunami, il est désormais sous l'eau [voir photo ci-dessus]. La mosquée au toit vert et arrondi est également à terre. Le centre commercial et plusieurs hôtels ont été totalement ravagés, c'est là que les équipes de secours mènent une course contre la montre pour sortir des survivants des décombres.

    Plus de la moitié des détenus de la prison de Palu se sont évadés lorsque les murs se sont effondrés à cause du séisme. Des maisons d'habitations il ne reste quasiment rien ; les survivants qui n'ont pas pu être évacués sont donc dehors, certaines personnes sont même soignées à l'air libre tant les hôpitaux sont débordés ; un peu partout on manque d'eau potable.

    Joko Widodo : « Travailler jour et nuit pour procéder aux évacuations »

    Le président indonésien Joko Widodo est arrivé à Palu dimanche pour observer le déploiement militaire destiné à porter assistance à la population. S'adressant aux militaires, le président vêtu d'une veste militaire de camouflage, leur a demandé « d'être prêts à travailler jour et nuit pour procéder aux évacuations » et aider la population. « Tout est encore au statut de l'urgence, mais la chose la plus importante pour le moment c'est que tout le monde, les ministères, les militaires, la police et les administrations régionales soient concentrés sur le sauvetage des victimes dans les décombres. »

    S'adressant à la population, le chef de l'Etat a demandé de la « patience », se disant conscient des « nombreux problèmes qui doivent être résolus dans un avenir proche, y compris ceux liés à la communication (...) J'aimerais dire aux habitants de Palu de rester ici, de reprendre leurs activités économiques pour assurer un retour rapide à la normalité. Nous ressentons encore quelques répliques mais j'espère que les habitants seront prudents, qu'ils resteront à Palu et qu'ils reprendront leurs activités quotidienne le plus tôt possible. »

    L'impossible identification de centaines de morts

    Des centaines de familles sont aujourd'hui sans nouvelles de leurs proches. Selon Rafiq Anshori de la Croix-Rouge à Palu, il est impossible d'identifier les centaines de corps collectés et il faut les enterrer sans attendre pour des raisons sanitaires. « Comme nous manquons d'effectifs, nous ne nous concentrons que sur la collecte des morts et les soins urgents aux blessés. Mais aujourd'hui, il faut absolument terminer l'évacuation des corps. Ils sont mouillés et ont déjà commencé à se décomposer, et ça sent très mauvais. Nous les rassemblons à l'hôpital, mais si les familles n'identifient pas leur mort aujourd'hui, ils seront enterrés demain sans identification. Certains ont déjà été enterrés sans être enregistrés par les autorités, parce qu'il y a beaucoup de volontaires qui aident à collecter les cadavres sans se coordonner avec les secours. La communauté s'occupe elle-même de les enterrer. »

    La Croix-Rouge manque de tout pour aider les survivants

    En attendant les renforts, les secours tentent de parer au plus pressé alors que la population est complètement démunie, explique Rafiq Anshori : « Les gens ont très peur qu'il y ait des répliques, alors ils ne veulent pas rentrer dans leur maison. Ils dorment dans la rue. Nous avons besoin de soutien logistique. La nourriture est très rare à Palu, puisque tout s'est écroulé. Nous avons aussi des problèmes liés à la coupure de l'électricité et pour finir les canalisations d'eau ont été endommagées, il n'y a donc plus d'eau potable. Nous manquons de volontaires. Toutes les 5 minutes, un patient blessé se présente à notre bureau, mais nous ne pouvons pas aider tout le monde, parce que nous n'avons qu'une équipe médicale. Cinq équipes médicales devraient nous rejoindre d'ici peu. »

    Armée et police à la manoeuvre

    L’armée et la police indonésienne ont commencé dimanche la distribution de l’aide alimentaire et d’autres fournitures pour les victimes du séisme à Palu. Une distribution strictement encadrée par les forces armées, pour cause de pillages précédemment effectués par des survivants dépourvus de tout. Les supermarchés vont rouvrir leurs portes pour accueillir le public, a asuré le maréchal Hadi Tjahjanto, commandant des forces armées indonésiennes, cité par l’agence officielle d’information Antara. Concernant les blessés, « Les victimes de fractures qui ne peuvent pas être traitées dans un hôpital de Palu seront envoyées à Makassar [capitale de la province de Sulawesi du Sud, ndlr] pour recevoir un traitement adéquat » a précisé Tjahjanto. Des effectifs du génie de l’armée indonésienne s’emploient actuellement à la construction d’une sépulture de masse à Palu pour les victimes du séisme et du tsunami, qui devrait être achevée d’ici 48h a promis le commandant des forces armées.

    L'alerte tsunami levée trop tôt ?

    Le séisme, dont l'épicentre était situé à 80 km de Palu a déclenché automatiquement l'alerte tsunami par l'Institut météorologique et de géophysique indonésien. Celle-ci a néanmoins été levée 34 minutes seulement après le tremblement de terre. Or, la vague n'est arrivée que quelques heures après.

    Cependant, les autorités assurent que celle-ci est arrivée avant la levée de l'alerte. La vague, haute d'un mètre cinquante à trois mètres selon les dires, a largement inondé la ville, emportant sur son passage des voitures, des arbres des maisons, des lignes électriques et plusieurs centaines de victimes.

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