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    Asie-Pacifique

    Indonésie: l'ampleur de la catastrophe reste encore à déterminer

    media Des habitants portent leurs affaires au milieu des maisons détruites par le séisme et le tsunami. REUTERS/Beawiharta

    Le bilan du violent séisme suivi d'un tsunami a été revu à la hausse ce mardi, avec au moins 1 234 morts aux Célèbes. Il semble que l'Indonésie ait dans un premier temps sous-estimé l'étendue de la catastrophe qui a également fait plus de 60 000 déplacés.

    Avec notre envoyé spécial à Palu, Joël Bronner

    L'Indonésie est un pays fier, qui n'aime pas généralement faire appel à l'aide internationale. Mais en ouvrant les vannes à un tel soutien, près de trois jours après la catastrophe, les représentants du plus grand archipel du monde reconnaissent - sans le dire - avoir minimisé l'ampleur de la tragédie qui s'est jouée au cœur de l'île des Célèbes en fin de semaine dernière, le 28 septembre.

    Eviter l'insalubrité

    Pour maintenir l'espoir de retrouver des victimes vivantes après un tremblement de terre, les premières heures, voire les premiers jours sont cruciaux. A partir de maintenant, les secours s'affaireront non plus à tâcher de sauver des vies, mais à éviter que la zone autour de Palu ne devienne tout à fait insalubre. Les officiels ont prévenu, il y aura encore de nouvelles victimes à déplorer. Le bilan officiel, ce 2 octobre, est d'ailleurs monté à 1 234 victimes.

    Sur la plage même de Palu, pourtant l'un des points de départ du tsunami, les trop rares sauveteurs dégagent encore des corps et il y a des zones entières, plus difficiles d'accès, qui n'ont même pas encore été véritablement explorées. Ceux qui le peuvent fuient la ville, Palu n'a pas fini de compter ses morts. Et Palu n'a pas fini d'avoir besoin d'aide.

    Corps sans vie

    De plus en plus, ce sont désormais des corps sans vie qui sont sortis des décombres, à l'image de ces 34 étudiants en théologie découverts, ensevelis dans une église par une coulée de boue . La population a commencé à enterrer les victimes dans des fosses communes. Les habitants, entourés de maisons effondrées, qui vivent dans un voisinage extrêmement difficile et précaire, vont eux-mêmes chercher les cadavres lorsque l’odeur autour d’eux devient trop insupportable, avec des gants de fortune ou un masque sur le nez.  Un système D qui leur permet de faire le travail des secours et qui se répand un peu partout, car les secours officiels ne sont pas là.

    Les survivants, eux, manquent de tout. 191 000 personnes ont besoin d'une aide d'urgence, selon l'ONU. Devant le seul et unique centre de distribution de nourriture de Palu, un bâtiment géré par l’armée, la tension générée par les pénuries est palpable et la colère affleure. Régulièrement, des cris s’élèvent : « On a faim, on a faim », peut-on notamment entendre depuis les rangs des quelques dizaines de personnes réunies là.

    En sueur, du fait de la forte chaleur humide, un homme se fait leur porte-parole. Lui qui travaille habituellement dans un hôtel explique qu’un lieu unique de distribution de vivres n’est pas adapté à l’ampleur de la situation d’urgence que connaît Palu : « Les gens sont à bout de patience. Ça va être le chaos ici. C’est pour cela que j’ai dit aux militaires responsables de mettre en place trois points de distribution, pas un seul ! »

    Multiplication des pillages

    Comme pour lui donner raison, les pillages de supermarchés ou d’entrepôts se sont multipliés ces dernières 48 heures à Palu et aux alentours : « Ce qui se passe, c’est tout à fait chaotique. Les gens sont inquiets de voir leur famille privée de nourriture. C’est là qu’est tout le problème. Tout le monde veut trouver à manger. Moi, je cherche à manger pour mes enfants, pour ma femme. Tout le monde cherche de la nourriture pour les siens. C’est donc très problématique. » Les habitants espèrent voir l’ampleur de l’aide s'adapter plus rapidement à l’ampleur de la catastrophe avant que les choses ne dégénèrent davantage.

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