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    Asie-Pacifique

    Indonésie: dans l'angoisse des derniers sauvetages et des pénuries d'énergies

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    Les clients font la queue pour obtenir du carburant dans une station service de Palu, en Indonésie. RFI/Bertrand Haeckler

    En Indonésie, le dernier bilan des autorités fait maintenant état de plus de 1 500 morts, plus de 2 200 blessés et plus de 1 000 disparus présumés après le séisme et le tsunami qui ont touché les Célèbes. Une semaine après la catastrophe, les survivants manquent toujours d’essence et d’électricité, tandis que les opérations de sauvetage doivent s'achever ce vendredi 5 octobre.

    Il y a environ deux pompes à essence qui fonctionnent dans l’ensemble de Palu pour près de 300 000 habitants. Cela signifie des heures, parfois des jours d’attente. Certains habitants viennent avec leurs jerrycans et passent la nuit sur place pour être sûrs d’être servis.

    « Je suis très inquiète, confie une cliente. Ça fait beaucoup à la fois On attend des heures. Il n’y a pas d’essence. On a peur d’un nouveau séisme. Et on n’a pas le choix. J’habite en banlieue, chez moi il n’y a pas de carburant. »

    Rationnement

    La distribution est rationnée : 5 litres maximum pour les deux-roues, 10 litres pour les voitures. L’armée surveille la distribution de carburant, en raison notamment des siphonnages des cuves après le tremblement de terre et des débordements, des bagarres entre clients à bout de patience.

    Les militaires sont intransigeants. Pour avoir osé demander une double ration, un homme se fait gifler et bastonner, constatent nos envoyés spéciaux sur place, Vincent Souriau et Bertrand Haeckler. « C’est toujours compliqué, explique le patron de la station-service, Yakub Wawelang. Il y a eu des pillages dans les stations-services. Les exploitants ont peur. Ils n’ont pas encore rouvert. Parfois, les voleurs ont tout cassé. Ou alors, ils n’ont rien laissé après les cambriolages. »

    L’effet pervers, c’est le marché noir. Les trafiquants se font livrer de l’extérieur de la ville. Chez eux, l’essence se négocie sous le manteau au prix de 30 000 roupies le litre. Soit quatre fois plus que la normal.

    Il y a en revanche une légère amélioration concernant l’électricité. Quelques lampadaires se sont rallumés. Mais même dans les quartiers qui ont du courant, il y a toujours des coupures. Il pourrait y avoir plus de lumière et il suffit pour cela d’avoir un groupe électrogène. Sauf que pour les alimenter, il faut de l’essence. Or, comme il n’y a pas de carburant, il n’y a pas d’électricité de secours...

    Recherches de la dernière chance

    Il s'agit d'une situation extrêmement précaire, alors que les opérations de sauvetage doivent en théorie prendre fin ce vendredi soir. Il reste pourtant des dizaines de bâtiments inexplorés. C’est notamment le cas de l’hôtel Mercure, où sont déployés les volontaires français de l'ONG Pompiers de l'urgence internationale.

    Jean-Pascal Dolques, dont l’équipe vient de repérer une personne coincée sous les décombres, doit faire face à la fois à l'urgence et à la complexité de la situation. « Ça va être très, très long, dit-il, il va falloir être très méthodiques pour sortir les gravats et pour commencer à descendre au fur et à mesure les différentes couches. »

    Mais le temps manque. Impossible de dire si ce survivant pourra rester en vie jusqu'à la fin des opérations alors que l’hôtel tient à peine debout. Et si l'Indonésie décide comme prévu d'arrêter les recherches ce vendredi, personne ne sait si la mission pourra être menée jusqu’à son terme.

    L'entrée de l'hôtel Mercure à Palu. RFI/Bertrand Haeckler

    Partir ? C'est impossible pour moi. Où voulez-vous que j'aille ? Je suis né ici, j'ai grandi ici. Je ne connais rien d'autre que cet endroit du monde.

    Autour de Palu, l'inquiétude et l'appel à l'aide des habitants des Célèbes

    Reportage sur la route entre Palu et Dongala

    05/10/2018 - par Joël Bronner Écouter
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