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    Technologies

    Vente en ligne en Chine: les «daigou» vont-ils disparaître?

    media De nombreux Chinois font leurs emplettes à l'étranger via les «daigou», des revendeurs en ligne. Getty Images

    Ils achètent des produits à l'étranger, le plus souvent dans les grandes capitales européennes mais aussi au Japon, aux Etats-Unis ou en Australie puis les revendent en ligne en Chine. On les appelle des « daigou », des « remplaçants pour les courses ». Ce sont tous simplement des « personnal shopper » qui font entrer sur le marché chinois des produits détaxés donc beaucoup moins chers. Mais les autorités ont décidé d'être plus sévères.

    De notre correspondant à Pékin,

    ©Stéphane Lagarde/RFI

    En mandarin, les daigou ce sont, littéralement, « les remplaçants pour les courses » à l’étranger. Des Chinois qui voyagent ou qui vivent à l’étranger, et qui sont sollicités par des clients en Chine, intéressés par des produits de luxe, des produits de beauté, de la parapharmacie qu’on trouve bien moins chers qu’au pays. La vente se fait en ligne. Il suffit ensuite de poster ou de ramener ces achats dans la valise sans les déclarer à la douane chinoise.

    Ce « métier » pourrait bientôt disparaître avec la première loi sur le e-commerce en Chine qui doit entrer en application le 1er janvier 2019. Cette loi va en effet imposer aux vendeurs en ligne de fournir des factures à leur clients, pour éviter la fraude.

    La nouvelle réglementation dit que les daigou qui revendent sur l’appli Wechat par exemple devront disposer d’une licence commerciale et fournir une facture. Pour le lait étranger dont sont très friands les parents chinois (voir la photo), à partir du 1er janvier prochain, si le produit n'a pas d'étiquette en mandarin, il sera tout simplement interdit de vente en ligne. Du coup, c’est un peu le « rush » en ce moment sur les réseaux chinois. Les « remplaçants pour les courses » profitent de ces dernières semaines de liberté pour vendre tout ce qu’ils peuvent.

    Des ventes en streaming et en direct

    ©Stéphane Lagarde/RFI

    Pour essayer de vous faire comprendre comment ca fonctionne, il faut se rendre sur le compte Tobao d’un revendeur en ligne aux Etats-Unis. Ses clients sont en Chine et connectés avec lui sur son portable. « Combien me coûterait ce sac ici en Chine »,  demande une cliente. « Le double si tu l’achètes à Pékin ou Shanghai ! » lui répond celui qui a pour pseudo « PengHu Meiguo Daigou », « le gros tigre aux Etats-Unis ». Ce qui est assez fascinant, c’est que pour plus de crédibilité, ca se passe en direct sur l’écran du téléphone portable, tout est filmé et diffusé en streaming. Le revendeur est dans un magasin de luxe aux États-Unis.

    A l’écran, un étudiant chinois en survêtement qui a un mètre ruban autour du cou et un portable dans chaque main. Un pour filmer et l’autre pour le chat avec ses clients. Il achète une dizaine de sacs à main, trois ceintures, deux portefeuilles de la même marque, là encore choisi en direct par ses clients en Chine. Il y en avait 9 332 au moment de la connexion. Et évidemment, il se film aussi à son passage en caisse, puis repartant avec trois grands sacs de toile remplis ras la fermeture. Un message apparait alors  sur le portable lui aussi filmé en direct : « En pleine guerre commerciale, dit un client, les consommateurs chinois continuent de contribuer à la prospérité de l’économie américaine. »

    Les douanes chinoises sont sur les dents

    Ce « métier » de revendeur en ligne à l’étranger est devenu un complément de revenu pour beaucoup de monde, car pour faire ce business, il « suffit » de voyager et d’avoir un portable. La Chinoise mariée à un étranger, l’étudiant qui cherche à se payer ses études. Comme souvent les chiffres sont fous dans ce pays continent. On parle de 100 millions de daigou, un chiffre impossible à vérifier. Le 29 septembre dernier à l’aéroport de Shanghai, 100 passagers d’un avion en provenance de Corée du Sud ont dû s’acquitter d’une amende. Ils avaient « complètement oublié » de déclarer à la douane des produits destinés à la revente ! Et, avant l’entrée en vigueur de la loi, les douanes chinoises viennent d’annoncer un renforcement des contrôles.

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