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    Asie-Pacifique

    Chanter faux l'hymne chinois, un crime de lèse-patriotisme

    media Yang Lili, célébrité chinoise en ligne. ©Stéphane Lagarde/RFI

    En Chine, il vaut mieux se tenir à carreau sur les plateformes de streaming et défendre le drapeau. En témoigne l’histoire de cette jeune célébrité en ligne qui a dû présenter ses excuses, après avoir mal chanté l’hymne national chinois, et surtout après l’avoir fait en souriant.

    De notre correspondant à Pékin,

    Mieux vaut suivre la chanson officielle en Chine, et mieux vaut effectivement ne pas chanter faux sur les réseaux. Yang Lili (ou Yang Kaili), alias « Li Ge » en sait quelque chose. Cette jeune femme de la province du Jiangsu (sur la côte est) fait partie de ces centaines de milliers de célébrités du net en Chine qui se filment dans leur chambre en train de manger, en train de lire, en train de chanter, et qui simplement par le simple fait d’exister parviennent à attirer des millions de fans qui leur envoient des dons en monnaie numérique. 

    Le 7 octobre dernier, salopette, bonnet à corne de cerf, Yang Lili ouvre son show sur la plateforme Huya, (« la dent du tigre » en Chinois : une licorne chinoise cotée en bourse à New York) et se met à fredonner l’hymne national.

    Cette prestation filmée a suscité une levée de boucliers sur les réseaux chinois et dans les médias officiels. « Elle a altéré la partition de l’hymne national » selon le site Pengpai. Elle a même osé, dit le site officiel : « chantonner l’hymne en souriant d’un petit air malicieux »: on ne rigole pas avec la patrie en Chine. Une pluie de commentaires assassins s’est abattue sur les réseaux reprochant à la jeune fille son « manque d’éducation patriotique » et son « manque de respect vis-à-vis des héros chinois. ». Des netizens ont porté plainte auprès de la police. Le compte sur l’application de streaming Huya de la jeune femme a été fermé, toutes ses prestations ont été effacées.

    ©Stéphane Lagarde/RFI

    Yang Lili a dû présenter son autocritique en ligne deux jours plus tard. « J’ai chanté l’hymne sans une attitude respectable, écrit-elle sur son compte Sina Weibo le 9 octobre à 18h, je ne l’ai pas chanté en entier, j’ai porté atteinte à l’hymne chinois. » Des excuses qu’elle renouvelle le 10 octobre, visiblement après avoir été sermonnée par les gardiens de la Toile : « Je suis une parfaite idiote dit-elle, je suis désolée  pour mon pays, je m’excuse auprès de mes fans, je ne peux pas chanter l’hymne national comme ça dans ma chambre, je veux me rééduquer, je vais voir tous les films et les séries patriotiques, j’accepte d’apprendre la loi de l’hymne. »

    Crime de lèse-patriotisme

    Il existe une loi sur « l’hymne national de la République populaire de Chine » qui date du 1er octobre 2017 et qui interdit d’utiliser l’hymne chinois pour des activités commerciales, qui dit aussi comment on doit le chanter d’une seule traite sans interruption, sans en altérer la musique ou les paroles, et avec une attitude respectueuse bien évidemment. Une loi qui entre dans le cadre de la campagne de reprise en main de la jeunesse chinoise soupçonnée de s’être éloignée de l’amour de la patrie.

    Yang Lili et d’autres cas sont décrits comme des exemples à ne pas suivre, un peu comme les cancres qu’on tire par l’oreille au tableau pour dire de ne pas recommencer. Le crime de lèse-patriotisme en ligne vaut aussi par exemple pour Wang Dong, 18 ans. Cet étudiant de l’université du Hunan a été expulsé du campus à la rentrée en septembre, après avoir été accusé d’avoir diffusé des commentaires antipatriotiques sur son compte Weibo.

    Signe de la fébrilité des censeurs, la plateforme de diffusion en direct Douyou, du groupe Tencent, a disparu de l’Apple store et sur les magasins en ligne de Xiaomi et Huawei. Ces applications de streaming ont commencé chez les voisins coréens avec les fameux mokbang, « se filmer en train de manger » et sont devenues très populaires en Chine depuis trois ans. Aujourd’hui, ces plateformes de live streaming rassemble 600 millions de spectateurs en Chine. Ces médias où tout le monde devient producteur de contenu à la maison sont en effet surveillés de près par les autorités.

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