GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 12 Novembre
Mardi 13 Novembre
Mercredi 14 Novembre
Jeudi 15 Novembre
Aujourd'hui
Samedi 17 Novembre
Dimanche 18 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Asie-Pacifique

    Xi Jinping inaugure le plus long pont du monde entre Hong Kong et Macao

    media Long de 55 km, le pont maritime reliant désormais Hong Kong à Macao est le plus long du monde. REUTERS/Bobby Yip

    Le plus long pont maritime au monde a été inauguré ce mardi 23 octobre en Chine. Cinquante-cinq kilomètres pour relier Zhuhai sur le continent à Hong Kong et Macao, avec parait-il « suffisamment d’acier pour construire 60 tours Eiffel et l’équivalent en béton de 22 tours Chrysler à New York ». Les traveaux ont duré neuf ans pour un coût estimé à plus de 17 milliards d’euros, c’est vraiment l’ouvrage du siècle pour les Chinois.

    On connaissait les « sept merveilles du monde ». Pour l’agence Xinhua ce mardi, ce pont fait partie tout simplement des « sept miracles du monde moderne ». Il a donc été inauguré comme il se doit par le président chinois lui-même, avec un coupé de ruban à 10h ce mardi matin.

    « Je déclare le pont Zhuhai, Macao, Hong Kong officiellement ouvert », a lancé ce mardi matin Xi Jinping. Applaudissements, feu d’artifice et explosion de fierté sur les réseaux sociaux : « Bravo, notre pays est de plus fort », « Vive la Chine  ! », « Félicitations à mon pays. » Les tours-operateurs se frottent déjà les mains.

    Rêve chinois

    Pour l’ouverture de l'ouvrage mercredi à 9h du matin, l’agence Jiang Men Guo Lu basée à Hong Kong propose l’aller-retour en bus à 799 yuans - environ 100 euros - pour réaliser un rêve finalement très chinois : un thé le matin sur le continent, l’après-midi shopping à Hong-Kong et le casino le soir à Macao, sans parler de la traversée et ses paysages décoiffants par beau temps.

    L’ouvrage étant constitué de trois ponts à haubans qui chevauchent l’embouchure du delta de la rivière des Perles, avant de plonger dans la mer puis d’en ressortir via deux îles artificielles. Le serpent de mer fait au total 55 kilomètres dont près de six kilomètres de tunnels sous-marins, avec pour objectif d’intégrer d’avantage ces trois pôles économiques que sont la province du Guangdong et les régions administratives spéciales de Macao et de Hong Kong.

    « Ce pont, c’est vraiment l’un des ouvrages du siècle pour la Chine. L’investissement est énorme ! A court terme, forcément, il ne sera pas rentable. Mais à long terme, l’ouvrage sera utile aux habitants de la région et à l’économie chinoise. Nous avons besoin de ce genre de grands travaux. C’est un moteur de croissance, explique Hu Xingdou, chercheur en sciences économiques à l’Institut des technologies de Pékin. Cet ouvrage va donner un coup d’accélérateur au développement de Hong Kong et de Macao. Il va aussi permettre l’intégration économique, culturelle et sociale des habitants de Canton, Hong Kong et Macao. »

    Neuf ans de travaux

    L’ouvrage est destiné à durer au moins un siècle selon les medias d’Etat, mais il coûte très cher. Officiellement, 72,6 milliards de yuans ont été investis. On parle de neuf années de chantier, mais les premières études ont commencé bien avant, il y a 14 ans, et selon certaines estimations, le budget initial pour la construction du pont a été largement dépassé.

    Certains s’en inquiètent : le pont est-il un nouvel « éléphant blanc », sachant que peu de Hongkongais disposent de voitures individuelles, sachant aussi et surtout que le TGV reliant le continent à Hong Kong a été inauguré il y un mois jour pour jour ?

    Le coût humain a été aussi extrêmement important. « Depuis le début de la construction du pont jusqu’à aujourd’hui, 11 ouvriers sont morts dans la région de Hong Kong. Il faut ajouter à cela neuf morts parmi les ouvriers du continent, dont trois qui sont tombés dans la mer, énumère Xiao Qianwen de l’association pour la protection des droits des victimes d’accidents industriels de Hong Kong. Au total : 20 ouvriers sont décédés sur ce chantier. Pour ce qui est des ouvriers des entreprises hongkongaises, les familles des victimes ont été indemnisées. »

    Bouchons sur le méga pont

    Certains craignent des bouchons car on attend jusqu’à 29 000 véhicules par jour en 2030, et des complications sur le méga-pont, les Hongkongais roulant à gauche comme les Britanniques. Le train, c’est pour les gens ; la route c’est pour les marchandises, répondent les défenseurs de l’ouvrage.

    Les routiers sont donc contents. Un chauffeur de camion raconte ce mardi matin à l’agence Chine nouvelle qu’il dépense 1 200 yuans (150 euros), et sa journée, pour aller et revenir de Hong Kong depuis Zhuhai. Demain, dit-il, ce sera quatre fois moins, 300 yuans l’aller-retour, pour moins d’une heure de traversée.

    Un pont très politique

    En matière de protection de l’environnement, ce pont ne fait pas non plus l’unanimité, notamment parce que sa construction a fait fuir les dauphins qui vivaient dans la zone. Les autorités à Hong Kong ont construit il y a deux ans un parc aquatique entre les îles de Siu Mo To et Tai Mo To, mais pour l’instant les dauphins ne sont pas revenus.

    « Pendant les travaux, on a compté jusqu’à une centaine de navires par jour sur le chantier. Le bruit des moteurs a forcément perturbé le système de localisation des mammifères marins. La circulation des bateaux, le son des engins sous-marins, tout le trafic maritime autour de la construction du pont, a fait fuir les dauphins, déplore Samantha Lee de l’ONG WWF. A côté des îles Frères, normalement, on peut les voir. Après les premiers mois de travaux et jusqu’en 2012, il n’en restait plus qu’une vingtaine. Aujourd’hui, ils ont totalement disparu. »

    Politiquement, une partie des Hongkongais craint également que le gouvernement central n’utilise ce pont comme d'une sorte de cordon ombilical pour saper l’autonomie de la région administrative spéciale. Lors de sa dernière visite, Theresa May a rappelé que l’accord passé entre Pékin et l’ancienne colonie britannique devait durer encore 20 ans.

    Ouverture à la circulation dès ce mercredi

    Dès ce mercredi, les premiers véhicules qui feront la traversée seront dotés de permis spéciaux. Des bus privés, et surtout des camions qui pourront se rendre à l’aéroport de Hong Kong en 45 minutes depuis le continent, moins de 1h30 pour le port à conteneurs, avec des chauffeurs sous hautes surveillance, en particulier ceux de Hong Kong habitués à rouler à gauche et qui devront se conformer aux réglementations routières de la partie continentale.

    Les conducteurs auront droits à des contrôles de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque rapportent nos confrères du Guardian et des caméras de surveillance seront braquées sur les parbrises : une alerte se déclenchant dès qu’un conducteur baille plus de trois fois en 20 secondes.

    En attendant, les Hongkongais qui paient des taxes importantes sur le continent ou font des des dons conséquents aux œuvres caritatives de la province du Guangdong pourront se voir accorder un permis longue durée pour emprunter le pont.

     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.