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    Le Conseil constitutionnel a validé ce jeudi les examens osseux réalisés pour déterminer l'âge des jeunes migrants, tout en rappelant les garanties prévues par la loi, qui était attaquée par un jeune Guinéen et des associations. Le Conseil constitutionnel a validé jeudi la vaste réforme de la justice portée par la garde des Sceaux Nicole Belloubet, tout en censurant plusieurs dispositions.

    Asie-Pacifique

    Pakistan: la Cour suprême acquitte la chrétienne Asia Bibi

    media Manifestation de soutien à Paris, le 29 octobre 2014, pour la libération d'Asia Bibi, condamnée à mort au Pakistan pour blasphème. AFP/Martin Bureau

    C'est la fin d'une affaire qui a enflammé le pays entre libéraux et conservateurs autour de la loi anti-blasphème. A cause d’un verre d’eau, cette paysanne pakistanaise était devenue, à l'été 2009, un symbole mondial de la lutte contre l'intolérance religieuse. Asia Bibi a été « acquittée de toutes les accusations », a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l'énoncé du verdict à la Cour suprême ce mercredi. Le Premier ministre Imran Khan a appellé au respect du verdict.

    Son métier, c'est de récolter des baies dans les champs. Asia Bibi cueille les fruits à la main près de son village. C'est un travail pénible, le soleil tape fort, elle fait une pause pour avaler quelques gorgées d'eau. Elle ne le sait pas encore, mais ce geste anodin va se transformer en tempête politique et religieuse.

    Que s'est-il vraiment passé ? On ne le saura jamais. Mais une dispute éclate entre Asia Bibi, la chrétienne, et les autres paysannes présentes ce jour-là qui sont musulmanes. « Comment oses-tu souiller l'eau du puits, on ne peut pas boire à la même source que toi. » Voilà l'objet du délit, le blasphème.

    Bras de fer judiciaire

    Asia Bibi est arrêtée, emprisonnée, accusée d'insultes envers le prophète Mahomet. Elle s'en est toujours défendue, mais un an plus tard, en première instance, elle est condamnée à mort.

    C'est le début d'une longue bataille judiciaire et d'une saga qui va secouer le Pakistan parce que dans ce pays conservateur, prendre la défense d'Asia Bibi, c'est risquer sa vie.

    En 2011, le puissant gouverneur de la région du Pendjab est ainsi assassiné par son propre garde du corps pour avoir dénoncé la loi anti-blasphème et demandé la clémence pour Asia Bibi.

    Cette fois la décision de justice est ferme. « La tolérance est le principe de base de l'islam », ont tranché les magistrats qui considèrent que la présomption d'innocence doit être respectée jusqu'au bout. Or, la Cour suprême estime que le blasphème n'est pas établi, car personne n'a pu prouver qu'Asia Bibi avait insulté le prophète Mahomet.

    Islamabad sous haute sécurité

    Ce nouveau verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l'exécution de la chrétienne. Des islamistes radicaux avaient ces dernières semaines menacé les juges statuant sur son cas en cas de jugement favorable.

    Mercredi, la capitale Islamabad avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique, a constaté l'AFP. Après l'énoncé du verdict, la sécurité a été renforcée autour de la Cour suprême où 300 officiers de police sont déployés.

    Appel au calme et au respect du verdict

    Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a appelé au calme et à respecter le verdict de la Cour suprême « J'en appelle à vous, mon peuple, pour votre pays », a-t-il lancé lors d'une intervention télévisée solennelle. Ceux qui appellent à rejeter le verdict le font « pour leur propre intérêt politique » et « ne rendent pas service à l'islam. »

    Le gouvernement prend ces manifestations très au sérieux, d'autant plus que les magistrats siègent juste à côté de l'Assemblée nationale et que plusieurs groupes rigoristes ont appelé leurs partisans à se rassembler pour dénoncer la décision des juges.

     → A (RE)LIRE : Asia Bibi, condamnée à mort au Pakistan, bientôt fixée sur son sort

    Le cas d’Asia Bibi est un cas très particulier, selon notre correspondante à Islamabad, Solène Fioriti. Le gouverneur provincial à l’époque, Salman Taseer, a été tué pour l'avoir défendue, en déclarant que « les lois du blasphème dans notre pays, c’est la loi de la jungle ». Son propre garde du corps, qui est devenu un martyr pour de nombreux groupes islamistes au Pakistan, l'a assassiné. Aux yeux des islamistes, Asia Bibi est coupable de la mort de ce garde du corps qui fut exécuté pour le crime qu'il a commis.

    La libération d’Asia Bibi n’est certainement pas un virage progressiste. Imran Khan, qu’on a connu comme étant un grand libéral, s’est illustré pendant la campagne par ses positions très conservatrices. Il a d’ailleurs défendu la loi du blasphème à plusieurs reprises. Dans le panel des trois juges qui ont prononcé cet acquittement mercredi matin, le chef de ce panel est un juge connu pour ses positions très conservatrices, mais il s’est néanmoins prononcé pour la libération d’Asia Bibi. Car les charges étaient trop légères, il n’y avait rien dans les procès-verbaux, la condamnation n’était pas tenable.

    Un départ probable vers l'Angleterre ?

    Selon le ministre des Affaires religieuses, « Asia Bibi a échappé à la justice des hommes, mais elle devra affronter la justice de Dieu ». Selon toute probabilité, son mari et sa fille se trouvant déjà à Londres, Asia Bibi pourrait les rejoindre.

    Islamabad et Lahore qui est l’épicentre de ces groupes extrémistes sont en alerte quasi rouge. À Lahore, il y a sept sites différents d’où sont parties les protestations, les universités commencent à être fermées, les écoles aussi, comme les marchés, et c’est très inquiétant. Le groupe qui est en tête de ces manifestations, Tehreek-e-Labbaik Pakistan, est un groupe ultra-violent et qui a réussi à plusieurs reprises en 2017 à bloquer plusieurs villes, notamment Islamabad et Lahore, pendant plusieurs semaines. Il est donc à craindre que les choses ne dégénèrent à nouveau.

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