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    Asie-Pacifique

    La crise des Rohingyas, le gros dossier sur la table de l'Asean

    media Aung San Suu Kyi au congrès de l'Asean à Singapour qui réunit 20 dirigeants mondiaux dont ceux des 10 pays d'Asie du Sud-Est. REUTERS/Athit Perawongmetha

    Ce lundi 12 novembre s'ouvre à Singapour la semaine la plus importante du 33e sommet de l’Asean, celle où les chefs d’Etat de ces 10 nations du sud-est asiatique vont se rencontrer. Ils seront rejoints au milieu de la semaine par les Premiers ministres chinois, japonais, indien, le vice-président américain et le président russe. Un important dossier devrait surtout être au cœur des débats : la question des Rohingyas. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi devrait être interpellée plus directement que d’habitude par ses homologues asiatiques.

    De notre correspondante à Singapour,  Carrie Nooten

    Cette semaine des leaders de l’Asean pourrait bien marquer une rupture avec la placidité qui la caractérise traditionnellement. D’habitude, le principe de non-ingérence est respecté par les dix nations membres de l’Asean. Mais voilà, depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent publiquement pour protester contre la gestion de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie - un affront direct à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

    Ce sont les attaques du Premier ministre malaisien Mahatir, revenu au pouvoir en mai dernier, et fervent défenseur de l’Asean, qui ont changé le ton. Il s’est d’abord exprimé dans les médias, puis devant les Nations unies directement : il n’a plus confiance en Aung San Suu Kyi. On peut supposer qu’il est soutenu dans sa croisade par les pays membres musulmans, tels Brunei ou l’Indonésie.

    Chez les diplomates, on chuchote que le dossier n’évoluait pas assez vite côté birman, et que les provocations sont lancées pour faire réagir. Singapour, qui accueille le sommet et est réputé pour rester neutre en toutes circonstances, prévoit même d’être ferme, c’est dire ! Les dirigeants de l’Asean sont bien conscients que l’organisation joue sa réputation. Sa crédibilité a pour l’instant été mise à mal sur ce dossier - surtout depuis que les Nations unies ont publié leur propre rapport sur la crise.

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