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    Asie-Pacifique

    Hong Kong: l’ombre de Pékin pèse sur le procès des vétérans de la démocratie

    media Au tribunal, il y a la présence des soutiens aux neuf activistes pro-démocratie dont le procès a commencé ce lundi 19 novembre à Hong Kong. REUTERS/Bobby Yip

    En 2014, ils avaient tenu tête à Pékin, lors de manifestations monstres à Hong Kong. Depuis ce lundi matin, 19 novembre, les vétérans du mouvement pro-démocratie « Occupy Central » se retrouvent sur le banc des accusés. Un procès symbolique, car il s’ouvre à un moment où le souffle de la « révolte des parapluies » est nettement retombé.

    Benny Tai, 54 ans, professeur de droit, Chan Kin-man, sociologue âgé de 59 ans, et le pasteur baptiste Chu Yiu-ming, 74 ans, sont tous les trois accusés de troubles à l’ordre public, avec six autres prévenus. Dès l’ouverture de leur procès, ils ont plaidé non-coupable. Des centaines de militants étaient rassemblés devant le tribunal pour soutenir les accusés, aux cris de « Résistance pacifique » et « je veux un suffrage universel véritable ».

    A l’automne 2014, le trio était en première ligne pour appeler à des élections libres afin de choisir le président du gouvernement local de Hong Kong, lequel est désigné par un comité pro-Pékin. Ensemble avec des centaines de milliers de Hongkongais, ils avaient paralysé le cœur du haut lieu de la finance internationale, avec comme seule arme des parapluies pour se défendre contre les gaz lacrymogène.

    A l’époque, Benny Tai se montrait convaincu que la petite île pouvait faire le poids face au géant chinois: « Nous avons de l’espoir », lançait-il aux journalistes venus du monde entier, «Il y a beaucoup de Hongkongais qui sont déterminés à lutter pour notre démocratie et pour prendre notre destin en main !» Les manifestants tiendront 79 jours, mais Pékin ne cédera pas d’un pouce et depuis, la pression ne fait que s’accentuer.

    Un procès politique censé museler l’opposition

    Aujourd’hui, le trio des vétérans pro-démocratie dénonce un « procès politique », avec cet objectif : museler tous ceux qui défient Pékin. « Hong Kong veut la condamnation pour montrer que le mouvement est illégal », affirme Sébastien Veg, directeur de recherche à l’EHESS, « Pékin a comme nouveau concept la gouvernance complète de Hongkong. C’est quelque chose qui n’a pas été affirmée de façon si forte avant 2014. »

    Pourtant, sur le papier Hong Kong doit jouir jusqu’en 2047 de libertés dont les Chinois du continent ne peuvent que rêver. Mais ce principe « un pays - deux systèmes » arraché à Pékin lors de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine en 1997, ne vaut plus grand-chose, si l’on en croit le sociologue Chan Kin-man. Dans une interview accordée à l’Agence France Presse, il se dit par ailleurs surpris par la vitesse avec laquelle le gouvernement hongkongais démantèle les acquis démocratiques en suivant le diktat de Pékin : « Je m'attendais à beaucoup de choses, mais non, je n'avais pas anticipé que le gouvernement n'ait aucune vergogne », dit l’universitaire qui a prononcé, la semaine dernière, un discours d’adieu à l’Université chinoise de Hongkong où il enseigne depuis plus de 20 ans. « Tant que nous ne sommes pas écrasés par la prison et les procès et que nous ne nous laissons pas submerger par la frustration et la colère », a-t-il lancé devant 600 personnes, « nous deviendrons plus forts et inspirerons d’autres gens. » Le co-fondateur de « Occupy Central »  risque jusqu’à 7 ans de prison.
     

    Pékin a plutôt intérêt à maintenir une forme d'autonomie relative

    Jean-Pierre Cabestan, sinologue français, professeur à l'Université baptiste de Hong Kong 19/11/2018 - par Heike Schmidt Écouter

    L’enthousiasme a laissé place à la désillusion

    Quatre ans après les manifestations monstres à Hong Kong, l’enthousiasme a pourtant laissé place à la désillusion, d’autant que l’opposition est morcelée et manque de figures charismatiques. Des militants sont empêchés de se présenter aux élections, des élus sont disqualifiés et le parti indépendantiste interdit.

    Pendant que les démocrates peinent à résister à la pression politique, les atteintes aux libertés se multiplient, avec l’exposition d’un caricaturiste chinois annulée ou encore un journaliste britannique refoulé à la frontière.

    Hong Kong n’est plus un refuge pour la liberté d’expression, estime Nicolas Bequelin responsable de l’Asie du Sud-est auprès d’Amnesty International : « Pékin et le gouvernement hongkongais ont les moyens de mettre au pas les Hongkongais – ils ont les instruments étatiques et les policiers pour le faire. Mais cela ne répond en rien à la question fondamentale qui est le désenchantement et la frustration de la population. » Quant à l’avenir de Hong Kong, Nicolas Bequelin n’est pas optimiste : « On verra une érosion encore plus forte des droits et des libertés fondamentales, ce qui créera des conflits sur le long-terme. » 

    La justice de Hong-Kong  dispose-t-elle encore d’une marge de manœuvre pour garantir un procès équitable aux neuf prévenus ? Le chercheur Sébastien Veg s’inquiète de l’influence grandissante de la politique sur le système juridique : « Le parquet est de plus en plus instrumentalisé par le gouvernement, avec un lien direct entre le ministère et le parquet. La question est donc : est-ce que les juges vont pouvoir maintenir leur indépendance vis-à-vis du rôle croissant et de plus en plus politique du parquet ? Sinon, ça sera un coup extrêmement dur pour l’image de Hong-Kong. »

    Ce procès est donc un baromètre de l’état de la démocratie à Hongkong.

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