GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 15 Octobre
Mercredi 16 Octobre
Jeudi 17 Octobre
Vendredi 18 Octobre
Aujourd'hui
Dimanche 20 Octobre
Lundi 21 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Asie-Pacifique

    Chine: polémique autour de l’annonce de bébés génétiquement modifiés

    media La Société chinoise pour la recherche en biologie cellulaire évoque une expérience «—contraire aux normes morales—». Gettty Images/Paul Morris

    Suite à l’annonce d’un scientifique chinois qui prétend avoir contribué à la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés, la communauté scientifique chinoise a dénoncé un acte contraire à l’éthique. Plus de 120 chercheurs ont aussi signé une lettre ouverte condamnant la supposée expérience et son auteur. Pour la plupart des scientifiques chinois, la modification de l’ADN des bébés enfreint les règles de l’éthique et de la morale, ce dont se défend le principal intéressé.

    Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

    C’est la Société chinoise pour la recherche en biologie cellulaire (CSBC) qui a dégainé la première. Dans un communiqué qui ne mâche pas ses caractères, l’association basée à Shanghai évoque une expérience « contraire aux normes morales », un « acte individuel dangereux », comparé au franchissement d’une « ligne électrique à haute tension ». L'institution demande à ce que son auteur soit puni.

    Même son de cloche du côté des universitaires. Dans une lettre ouverte publiée lundi, plusieurs centaines de chercheurs condamnent un projet « ignorant complètement les principes de l’éthique biomédicale », et qualifient de « fou » le comportement du docteur He Jiankui.

    Ce biologiste à l’Université des sciences et des technologies du sud de la ville de Shenzhen vient d’ailleurs, semble-t-il, d’être lâché par son propre labo. L’ancien directeur de l’hôpital privé Harmonicare, dans lequel He Jiankui a effectué ses recherches, affirme qu’il n’a pas signé le formulaire autorisant l’expérience, comme d’ailleurs les autres médecins de l’hôpital dont les noms figurent sur le document daté du 7 mars 2017.

    He Jiankui, savant fou ou génie ?

    Chemise bleu clair, mains ouvertes pour convaincre : « Un enfant n’est pas quelque chose que l’on peut modeler, articule He Jiankui dans une vidéo postée sur Youtube. Les parents peuvent être porteurs de maladies liées parfois à une petite erreur sur un seul gène. Il est inhumain pour eux de ne pas protéger leurs enfants, si la nature nous en donne les moyens. » Un discours prométhéen qui scandalise la plupart des chercheurs en Chine. Au-delà de l’éthique, c’est l’idée même de révolution scientifique qui est contestée : la technique de modification des gènes utilisée dans l’expérience n’étant pas nouvelle. Diplômé des universités de Rice et Stanford aux Etats-Unis, He Jiankui a créé deux entreprises biomédicales à Shenzhen dans le sud du pays. Les médias chinois pour l’instant n’ont donné ni son âge ni sa région d’origine en Chine

    Il est vrai que l’affaire fait également scandale dans l’opinion. Après avoir salué « une avancée majeure pour la science chinoise », les réseaux sociaux se sont complètement retournés ce mardi. De nombreux internautes s’inquiètent pour la santé de LuLu et NaNa, les bébés jumelles dont un gène aurait été désactivé par le professeur He Jiankui afin, selon ce dernier, de les immuniser contre le virus du sida.

    Enquête demandée

    La Commission nationale de la santé chinoise a demandé une enquête sur cette expérience à la Commission de la santé de la province du Guangdong dans le sud de la Chine dont dépend l’hôpital de Shenzhen. Cet hôpital privé « Harmonicar Women & Children Hospital » - dans lequel le chercheur dit avoir mené son expérience, ce dernier assure ce mardi que les jumelles, si elles existent, ne sont pas nées dans sa maternité.


    Au sommet mondial sur le génome humain, la nouvelle fait débat

    Trois ans après le premier sommet sur la question qui avait eu lieu à W ington DC, le second séminaire international sur la modification du génome humain s’est ouvert ce mardi matin à Hong Kong, au lendemain de l’annonce des premiers bébés génétiquement modifiés. Sans surprise, cette nouvelle a dominé les débats.

    Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

    Si tout le monde reconnaît que le docteur chinois He Jiankui a plutôt réussi son « coup de pub », la communauté scientifique souligne surtout que les procédures requises pour encadrer ce genre d’expérience n’ont pas été respectées. Ce bond en avant, s’il est confirmé, a fait fi de toutes les questions d’éthique que se pose la communauté scientifique.

    Le professeur Hervé Chneiweiss, directeur du centre de recherches en neurosciences à la Sorbonne et président du comité d’éthique de l’Inserm, décrit sa réaction à cette annonce :

    « La surprise d’abord, parce que juste à la veille d’un sommet comme celui-là, ça vient toujours comme une surprise. Ensuite, une réaction tout à fait critique à tous points de vue. Le premier point de vue, c'est que les technologies ne sont pas mûres pour une application clinique. La deuxième raison pour laquelle on doit être très critique, c'est que l'intervention n'a pas été faite pour soigner une maladie d'une particulière gravité, mais dans une vision d'amélioration de l'espèce. »

    Les représentants des instances scientifiques chinoises se sont offusqués de cette annonce allant jusqu’à la qualifier de fraude.

    Le professeur He Jiankui, qui revendique cette première, ne s’est pas présenté à la cérémonie d’ouverture du sommet, mais il doit prendre la parole mercredi matin.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.