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    Asie-Pacifique

    Le Japon connaît le taux de natalité le plus faible de son histoire

    media Des enfants avancent vers le zoo Ueno, à Tokyo, juin 2017. Issei Kato/REUTERS

    Le Japon n’a connu que 921 000 naissances cette année. C’est la première fois depuis 1899, date à laquelle le pays a commencé à garder ce type de registres, qu’un taux aussi faible est enregistré. Depuis 2005, l’archipel nippon enregistre une baisse brutale de sa population de 500 000 personnes, un phénomène qui a des explications aussi bien économiques que sociologiques.

    Par Léa Boutin-Rivière,

    Aujourd’hui, la population japonaise s’élève à 126 millions d’habitants. Au rythme auquel sa population décroit, ce chiffre pourrait passer à moins de 50 millions d’ici une centaine d’années seulement. La fécondité japonaise est en effet parmi les plus basses au monde : 1,43 enfant par femme en moyenne, alors que le taux de renouvellement naturel s’élève à 2,08. A cela, il faut ajouter un taux de mortalité relativement haut, dû au vieillissement de la population. Avec 1,37 millions de morts cette année dans le pays, le Japon a perdu près d’un demi-million d’habitants en 2018, un chiffre inédit.

    Un phénomène aux explications multiples

    La première cause de cette natalité en berne est le coût de la vie, extrêmement élevé sur l’archipel. Le nombre de retraités augmente, tandis qu’il y a de moins en moins de jeunes actifs pour assumer le prix de ce vieillissement. L’impact économique de la sécurité sociale augmente donc pour les jeunes japonais. Ils sont nombreux à considérer que faire un enfant serait trop difficile à supporter financièrement.

    Une autre raison importante, et qui inquiète les pouvoirs publics, est le taux de célibat très important des jeunes nippons. Parmi ceux âgés de 18 à 34 ans, ce taux s’élève à 65%. Or, la société japonaise est encore traditionnelle, les naissances hors-mariages sont mal vues et restent marginales. Pourtant, en parallèle et depuis les années 1970, les jeunes japonais se désintéressent du mariage. Ils restent plutôt, par exemple, chez leurs parents pour des raisons financières.

    Ce phénomène a également une autre conséquence, plus pernicieuse. Alors qu’en principe, la répartition des rôles en fonction du sexe est très marquée au Japon, le célibat fait voler ces codes en éclats. En général, les hommes apportent les ressources au foyer tandis que les femmes s’occupent de la famille et de la maison. Mais en l’absence de concubin, les femmes doivent désormais travailler pour subvenir à leurs besoins. Ainsi, de 2005 à 2014, le taux de femmes en emploi est passé de 60 à 66%. Or, au Japon, le sens du devoir vis-à-vis de la communauté, en l’occurrence de la communauté de travail, est très présent. Chacun s’investit donc corps et âme dans son emploi, au point parfois de n’avoir de contacts qu’avec ses collègues et de ne pas se laisser le temps pour des activités de loisirs. Dans ces conditions, il est évidemment difficile de fonder une famille.

    Autre fait intéressant, puisque les femmes travaillent plus, elles s’éduquent plus. Mais la société nippone ne s’est pas encore transformée en ce sens. Il y est plutôt admis que les femmes doivent épouser un homme dont la situation leur est supérieure, aussi bien en termes d’éducation que de revenus. La hausse du niveau d’études, d’emploi et de revenus d’une part importante de femmes bloque donc certains hommes, rendant plus difficile encore la recherche d’un partenaire avec qui avoir des enfants.

    Le gouvernement recherche des solutions

    La situation inquiète en tout cas fortement le gouvernement. La baisse de la natalité risque, à terme, de faire chuter la productivité du pays, qui souffre déjà d’une pénurie de main d’œuvre. Mais elle met aussi sous tension les services publics, notamment de santé. Confrontés à un afflux de plus en plus important de personnes âgées, ces services n’ont pas de moyens humains suffisants pour y faire face.

    Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, cherche donc des solutions. Il a, dans un premier temps, refusé d’assouplir sa politique d’immigration, particulièrement verrouillée. Le gouvernement misait plutôt sur l’encouragement des futurs parents, notamment en mettant en place un système de garde gratuit pour les jeunes enfants issus de familles à faibles revenus. L’Etat cherche aussi à favoriser les mariages, notamment grâce à des avantages fiscaux pour les nouveaux couples. Le gouvernement avait également suggéré, pour pallier le manque de force de travail, de recourir de façon plus large à la robotique.

    Mais Shinzo Abe a récemment décidé de recourir à la main d’œuvre étrangère. Début novembre, le Premier ministre a annoncé vouloir ouvrir le pays aux travailleurs issus d’autres pays, grâce à la création de deux nouveaux visas, et ce dès 2019. Les secteurs concernés par cet assouplissement sont les plus touchés : restauration ou bâtiment, mais surtout soins aux personnes. Dans les maisons de retraite, 40 000 postes sont inoccupés à l’heure actuelle.

    Si le pays ne trouve pas de solution à cette chute brutale de sa démographie, il pourrait être entièrement dépeuplé d’ici mille ans.

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