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    Asie-Pacifique

    La défection du diplomate nord-coréen Jo Song Gil, un casse-tête diplomatique

    media Ambassade nord-coréenne dans la capitale italienne. REUTERS/Alessandro Bianchi

    Le réseau et les connaissances de l’ambassadeur nord-coréen par intérim à Rome, en fuite depuis novembre, intéressent de nombreux services de renseignements. Mais offrir l’asile au transfuge constitue un casse-tête diplomatique pour la Corée du Sud, pour les Etats-Unis aussi.

    Mais où se cache Jo Song Gil ? La question passionne la Corée du Sud depuis que la fuite de l’ambassadeur nord-coréen par intérim à Rome a été confirmée la semaine dernière par les services secrets sud-coréens. Si les espions de Séoul ne semblent pas savoir à quel pays le diplomate nordiste a demandé asile, il ne fait guère de doute qu’ils souhaitent mettre la main sur lui. Car Jo Song Gil sait beaucoup de choses. Âgé de 44 ans (et non pas 48 comme auparavant annoncé), francophone, ce membre de l’une des familles de l’élite de Pyongyang, décrit comme « cultivé et idéaliste », a passé une partie de son enfance en Afrique, où son père était diplomate. Selon une source sud-coréenne, son père aurait été le vice-directeur d’une très influente organisation du parti au cœur du pouvoir nord-coréen.

    « Ce qui est sûr, c’est que Jo Song Gil possède d’excellentes informations, non pas sur le nucléaire, mais sur les activités illicites du régime », explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. En raison de la position de son père, le diplomate en fuite « connaît les rapports de force au plus haut niveau à Pyongyang ». Et grâce à son poste d’ambassadeur à Rome, « il dispose de renseignements très utiles pour savoir comment le régime contourne les sanctions internationales ; par exemple pour envoyer des biens de luxe vers la Corée du Nord, à destination des élites ». Autant de connaissances susceptibles d’intéresser grandement les services de renseignements de nombreux pays... mais qui font de Jo Song Gil une cible : la Corée du Nord aimerait sans doute aussi le retrouver, pour l’éliminer.

    L'appel de Thae Yong Ho à venir en Corée du Sud

    Samedi, le célèbre transfuge Thae Yong Ho, autrefois vice-ambassadeur nord-coréen à Londres et refugié en Corée du Sud en 2016, a appelé dans une lettre ouverte son ancien confrère à le rejoindre à Séoul : venir en Corée du Sud est « une obligation, pas un choix », enjoint Thae Yong Ho. « Si vous venez à Séoul, davantage de vos confrères vous suivront et la réunification se réalisera (...) Le jour où vos compatriotes en détresse seront libérés de leurs chaînes sera plus proche ».

    Mais le gouvernement sud-coréen – qui affirmait jusqu’à la semaine dernière ne pas être au courant de la disparition de Jo Song Gil – cache mal son malaise sur la question. Accueillir le fuyard ne manquera pas en effet de fâcher le régime de Pyongyang – qui exigera alors le rapatriement manu militari de son diplomate – et sapera la politique patiente de détente et de rapprochement intercoréen mise en place par le président Moon Jae-in depuis un an et demi. Jo Song Gil, décrit comme « extrêmement intelligent » par un Occidental qui l’a rencontré à plusieurs reprises, n’ignore pas les risques qu’il y aurait à frapper à la porte sud-coréenne. Quel pays est donc plus susceptible de prendre le transfuge - et sa famille partie avec lui - sous son aile ?

    L'asile politique aux Etats-Unis ?

    Dans la presse italienne et sud-coréenne, c’est le nom des Etats-Unis qui revient avec le plus d’insistance . Dans le passé, les Etats-Unis ont en effet offert asile et protection à plusieurs hauts dignitaires nord-coréens en fuite ; notamment Ko Young Suk, la propre tante du dirigeant actuel Kim Jong-un, réfugiée en Amérique en 1998 avec son mari. Depuis, Ko Young Suk « vit dans un endroit inconnu sous une identité d’emprunt et elle aurait ouvert une blanchisserie »,  écrit Andrei Lankov, spécialiste du régime.

    C’est aussi vers les Etats-Unis que se tourne en 1997 l’ambassadeur nord-coréen en Egypte Jang Sung-gil après sa défection. Les services américains devraient offrir à Jo Song Gil les meilleures garanties de confort, d’anonymat, et de protection contre d’éventuels assassins nord-coréens, souligne Andrei Lankov.

    Un casse-tête diplomatique

    Mais, comme pour Séoul, accueillir ouvertement le transfuge constitue un casse-tête diplomatique pour Washington, qui discute en ce moment-même des détails du prochain sommet entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump. « Cela compliquerait énormément les négociations de dénucléarisation qui sont déjà difficiles, remarque Antoine Bondaz. En raison du contexte politique, personne ne veut parler. Personne, ni les Etats-Unis ni la Corée du Sud, n’ont intérêt à communiquer sur le sujet. »

    Il est donc possible que le pays d’asile de Jo Song Gil et sa famille ne soit pas dévoilé avant longtemps... et que l’appel du « confrère » Thae Yong Ho reste lettre morte. Les récentes péripéties de ce dernier en Corée du Sud illustrent d’ailleurs les difficultés rencontrées par les transfuges de haut rang et l’attitude ambivalente de Séoul à leur égard. Accueilli à bras ouverts en 2016 par un gouvernement conservateur alors trop heureux de se servir de lui pour justifier sa politique de fermeté à l’égard du Nord, Thae Yong Ho voit sa situation changer radicalement après l’élection d’un gouvernement de centre-gauche en mai 2017 : la nouvelle administration se lance dans sa politique de main tendue à Pyongyang et préfère que le transfuge se fasse plus discret. Celui-ci a fini par démissionner du think tank gouvernemental qui l’employait pour garder sa liberté de parole.

    32 000 Nord-Coréens vivent aujourd’hui au Sud. La plupart ne sont pas des dignitaires, mais des citoyens ordinaires qui ont fui la misère et la famine de leur pays natal. Le nombre des arrivées a atteint un pic au milieu des années 2000, puis a baissé de façon significative après l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un en 2012. Une baisse qui s’explique par l’amélioration relative des conditions de vie au Nord et par les efforts accrus de Pyongyang pour fermer ses frontières : ce flux continu de défections – de citoyens ordinaires ou de dignitaires comme Jo Song Gil – est en effet vu comme une humiliation pour un régime qui aime à se présenter comme « le Paradis des Travailleurs».

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