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    Asie-Pacifique

    Australie: une cagnotte pour faire libérer des femmes aborigènes

    media Les donateurs payent les dettes des femmes emprisonnées. RFI/Frederic Ojardias

    En Australie, l’organisation Sisters Inside a lancé lundi 7 janvier une cagnotte pour libérer des femmes aborigènes emprisonnées. L’Etat d’Australie-Occidentale est en effet le seul Etat du pays où ne pas payer une amende peut vous envoyer en prison. Cette loi touche principalement les femmes aborigènes qui n’ont souvent pas les moyens de régler leurs dettes.

    En cinq jours, l’organisation a récolté plus de 170 000 euros et a déjà pu faire libérer une première femme qui est sortie de prison mercredi. Debbie Kilroy est la PDG de Sisters Inside. Elle explique que les mères aborigènes sont les premières victimes de cette loi, en raison de leur pauvreté et des discriminations qu’elles subissent dans le pays.

    « Elles sont extrêmement maltraitées, conformément à cette colonisation qui se poursuit. Et tout est bon pour les menacer : le retrait de leurs enfants, l’emprisonnement, la pauvreté, la violence, le génocide et le racisme », assure la responsable de l’organisation.

    Pour ces femmes en grande précarité, cette loi engendre un cercle vicieux. Car plus elles tardent à payer, plus les majorations s’accumulent. Et moins elles peuvent rembourser.

    « Une femme peut recevoir une amende de 300 euros, poursuit-elle. Mais le temps que le mandat d’arrêt soit émis, l’amende aura grimpé à 2 000 euros. Donc on négocie aussi avec le service des amendes pour que les femmes n’aient pas à payer tous ces coûts supplémentaires. »

    Le gouvernement d’Australie-Occidentale a promis que cette loi serait modifiée d’ici juin. Mais pour Debbie Kilroy, ça ne va pas assez vite. Elle demande une révision maintenant, afin d’éviter de nouvelles incarcérations. Et elle insiste : la pauvreté n’est pas un crime.

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