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    Asie-Pacifique

    Thaïlande: la candidature de la princesse Ubolratana n'aura tenu qu'un jour

    media Ubolratana, 67 ans: «Je tiens à le répéter, avec sincérité. Je veux que la Thaïlande aille de l'avant et soit reconnue par la communauté internationale». REUTERS/Damir Sagolj/File Picture

    La candidature de la princesse Ubolratana, soeur du roi de Thaïlande, au poste de Premier ministre n'aura tenu qu'une journée : le parti sous la bannière duquel elle devait concourir a fait machine arrière ce samedi 9 février, après le torpillage de sa candidature par le palais.

    La princesse Ubolratana, 67 ans, ne sera donc pas Première ministre thaïlandaise sous l'étiquette du parti Thai Raksa Chart, dirigé par le clan du milliardaire et ancien Premier ministre en exil Thaksin. Envoyant un premier signal inquiétant, le parti Thai Raksa Chart avait annulé dans la matinée un premier rassemblement de campagne, en vue des élections législatives du 24 mars, qui était pourtant prévu ce samedi à Bangkok. « Le parti Thai Raksa Chart se soumet à l'ordre royal », a annoncé la formation créée par des proches de Thaksin Shinawatra, bête noire des ultra-monarchistes.

    « Ligne rouge » franchie

    « La candidature d'Ubolratana franchissait clairement la ligne rouge et mettait l'institution (royale) en danger », analyse Puangthong Pawakapan, professeure de sciences politiques à l'université Chulalongkorn de Bangkok. Pour elle, comme pour les rares analystes acceptant de s'exprimer publiquement depuis que le palais a mis son veto au plan, dès la diffusion du bulletin du palais vendredi soir, le sort de la princesse était scellé: elle n'allait pas entrer dans l'Histoire comme la première princesse chef de gouvernement civil.

    Une faute politique majeure qui peut encore accélérer la décomposition du système...

    Marie Sybille de Vienne, professeure à l'Inalco

    Auteure du livre «Thaïlande, une monarchie bouddhique au XXe et XXIe siècle»

    09/02/2019 - par Christophe Paget Écouter

    Les groupes ultra-royalistes, qui voient Thaksin Shinawatra et ses partisans comme de dangereux anti-monarchistes, ne s'y sont pas trompés, célébrant sur les réseaux sociaux depuis vendredi soir le camouflet donné à la princesse. Certains sont allés jusqu'à demander que la princesse fasse des excuses publiques pour s'être alliée avec les « Rouges », couleur des Shinawatra.

    Appel à la « clarification du statut royal de la princesse »

    « Séisme politique », titrait samedi en Une le Bangkok Post, en appelant cependant à une « clarification du statut royal de la princesse », le point litigieux qui aura brisé sa course, dans ce royaume où la monarchie est censée se tenir au-dessus des conflits politiciens. Thaksin Shinawatra a toujours été vu par la vieille garde du palais et les militaires comme une menace pour la royauté. D'où les coups d'Etat de 2006 et 2014 contre son gouvernement et celui de sa soeur, Yingluck.

    Mais depuis la prise de pouvoir par les généraux en 2014, le roi Bhumibol Adulyadej est mort et son fils Maha Vajiralongkorn lui a succédé et a commencé à réformer le palais. D'où le fait que la candidature de sa soeur ait été perçue comme un signe de rupture sans précédent avec l'époque Bhumibol. Aucun membre de la famille royale n'avait jamais brigué le poste de chef du gouvernement depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

    Le chef de la junte sans véritable concurrent

    Le chef de la junte, lui aussi candidat au poste de Premier ministre à l'issue des législatives de mars, se retrouve donc sans véritable concurrent de taille face à lui. Ce samedi 9 février, les partisans de la candidature du général Prayut Chan-O-Cha ont sorti des affiches de campagne avec leurs candidats aux législatives au côté du général, dans les rues de Bangkok.

    (avec AFP)

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