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    Asie-Pacifique

    Bangladesh: la lutte musclée des autorités contre la drogue pointée du doigt

    media Des cachets de méthamphétamine saisis par les forces de l'ordre bengalaises à bord d'un autobus à Teknaf, dans le district de Cox's Bazar, le 6 avril 2018. MUNIR UZ ZAMAN / AFP

    Au Bangladesh, les autorités affichent des résultats encourageants en matière de lutte contre les trafiquants de drogue. L’an dernier, 53 millions de cachets de méthamphétamine ont été saisis, un record. Mais dans le même temps, près de 300 trafiquants présumés ont été tués dans le cadre de cette campagne musclée, dénoncée par les défenseurs des droits.

    Les autorités bangladaises emploient les grands moyens pour nettoyer les villes et les villages de ces pilules très addictives surnommées « la drogue qui rend fou ». Une drogue bon marché produite en Birmanie voisine.

    En mai dernier, la Première ministre Sheikh Hasina a déclaré la guerre au trafic de stupéfiants, après la publication de rapports faisant état de consommation en hausse de métamphétamines.

    Un mois plus tard, l’ONG Human Rights Watch (HRW) s’inquiétait de ses dérives, estimant que les forces de l’ordre avaient tué plus de 100 personnes suspectées d’être liées au trafic de drogue.

    Mis en cause, le gouvernement avait rétorqué qu’aucune de ces personnes n’était  « innocente ».

    « Les gens ne perdent pas leurs droits fondamentaux parce qu’ils utilisent ou vendent des drogues. La présomption d'innocence doit être au premier plan de tout effort visant à lutter contre le trafic de drogue », avait alors souligné le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra'ad al-Hussein.

    En dépit des critiques internationales, le Bangladesh a poursuivi sa ligne dure, semblant s’inspirer de la guerre antidrogue meurtrière menée aux Philippines.

    Trois cents personnes ont été tuées et 25 000 autres arrêtées durant l’année 2018. Si les autorités se réjouissent de la saisie record de cachets, les défenseurs des droits de l’homme à l’inverse estiment que la répression policière ne fonctionne pas, appelant le Bangladesh à revoir son approche.

    (Ré) écouter : Bangladesh: les droits de l'homme verrouillés (Chronique des droits de l'homme)

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