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    Asie-Pacifique

    Sommet de Hanoï: que vient chercher Donald Trump?

    media Le président américain Donald Trump à son arrivée à l'aéroport de Noi Bai au Vietnam, le 26 février 2019. REUTERS/Kham/Pool

    Donald Trump et Kim Jong-un sont tous les deux arrivés à Hanoï au Vietnam. Les deux chefs d’Etat doivent se rencontrer mercredi 27 février pour tenter d’avancer au sujet de la dénucléarisation de la Corée du Nord. Le précédent sommet entre les deux dirigeants, en juin dernier à Singapour, avait été qualifié d’historique : c’était la première fois qu’un président américain rencontrait un dirigeant nord-coréen, mais il n’a débouché sur aucune avancée concrète. Très peu de détails ont filtré sur le programme de ce nouveau rendez-vous.

    « Merci à tout le monde pour cet accueil formidable à Hanoï. Des foules énormes et tant d’amour », a tweeté un Donald Trump enthousiaste à son arrivée au Vietnam. Mais le président américain s’est abstenu de fixer un objectif précis à cette deuxième rencontre avec le dirigeant nord-coréen, soulignenotre correspondante à Washington, Anne Corpet.

    Juste avant de quitter Washington, il faisait preuve d’optimisme. « Je pense que nous allons avoir un très bon sommet, un sommet extraordinaire, a déclaré le président américain. Nous voulons la dénucléarisation et je pense que la Corée du Nord va battre tous les records de vitesse en matière d’économie. Ce sera une très bonne rencontre. »

    Définir la dénucléarisation

    Cela fait des mois que Donald Trump promet une croissance économique record à la Corée du Nord si elle renonce au nucléaire. Mais l'émissaire des Etats-Unis à Pyongyang a récemment reconnu que les deux pays ne s'étaient pas encore mis d'accord sur ce que signifiait le terme de dénucléarisation.

    Car depuis l’an dernier, les négociations sont bloquées. Les Etats-Unis souhaitent toujours une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord, qui, elle, veut une dénucléarisation « de la péninsule », c’est-à-dire que les Etats-Unis ne protègent plus la Corée du Sud avec leur « parapluie nucléaire ».

    La définition de la dénucléarisation devrait donc être au cœur du sommet de Hanoï, d’autant que, selon les rapports de l’ONU ou de l’Agence internationale de l'énergie atomique, Pyongyang continue d’enrichir des matières fissiles et ne compte pas, d'après les renseignements américains, abandonner ses armes nucléaires.

    Vers un traité de paix ?

    Peut-être est-ce la raison pour laquelle Donald Trump affirmait avant son départ pour Hanoï qu’il n’est pas pressé, que tant qu’il n’y a pas d’essais nucléaires ou de missiles, les Etats-Unis sont « contents ».

    Pour Akira Kawasaki, membre de l'Ican, la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires, cette déclaration n'est pas très engageante : « Avec ce type de comportement, on peut se demander si le gouvernement américain est totalement engagé pour un désarmement nucléaire. L’arrêt des tests nucléaires ou de missiles ne doit constituer que la première étape vers un désarmement nucléaire total. Donc, nous ne pouvons accepter un traité de paix qui permette à la Corée du Nord de continuer à posséder des armes nucléaires. Une paix avec des armes nucléaires n’est pas acceptable ».

    En cas d’échec sur la question de la dénucléarisation, le président américain pourrait préférer une déclaration politique qui ouvrirait la voie au traité de paix que Pyongyang appelle de ses vœux (à la fin de la guerre de Corée en 1953, seul un armistice a été signé). Mais Washington sait que ce serait se priver d’un moyen de pression efficace alors que les engagements à dénucléariser ne sont pas concrétisés.

    Du côté de Pyongyang, il faudra donc aller plus loin que le simple respect de son moratoire sur les tests nucléaires et balitiques, analyse Olivier Guillard, chercheur à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) : « La Corée du Nord explique qu’elle a déjà fait le nécessaire pour montrer sa bonne foi. Elle n’a plus procédé depuis septembre 2017 à des essais nucléaires. Et parmi les choses qu’elle devrait ou qu’elle pourrait mettre sur la table, il y aurait ce que demandent notamment les Américains, à savoir avoir un panorama un peu moins flou des installations balistiques et des installations nucléaires [sur son sol], et éventuellement promettre le retour, un jour ou l’autre, d’inspecteurs internationaux qui pourraient vérifier ce qui se trouve sur ces sites. »

    Pas d'avancées depuis Singapour

    Donald Trump mise sur sa relation personnelle avec le dirigeant nord-coréen pour progresser, mais il faudra des engagements plus précis que ceux pris à Singapour pour marquer une réelle avancée.

    Car « lors du dernier sommet, ils se sont mis d’accord sur un objectif de paix et de dénucléarisation, mais aucun progrès réel n’a été accompli depuis », pointe Akira Kawasaki. « Nous avons donc besoin d’un programme très complet d’actions pour un désarmement nucléaire vérifiable et irréversible. Jusqu’ici, les informations dont les médias et les proches du sommet se font l’écho ne sont pas suffisamment bonnes, et les préparatifs des deux côtés semblent avoir été très lents. »

    « Tant qu’il y a des armes nucléaires, il y a un véritable risque de guerre nucléaire, par accident ou par choix, ce qui aurait des conséquences catastrophiques, rappelle Akira Kawasaki. Les armes nucléaires sont tellement dangereuses pour tout le monde, pas seulement pour les Coréens… Donc, j’espère vraiment que les présidents vont devenir responsables, et pleinement conscients du grave danger que présentent aujourd’hui les armes nucléaires. »

    Lire aussi : Le train de Kim Jong-un est arrivé au Vietnam

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