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    Asie-Pacifique

    Nouvelle-Zélande: ce que l'on sait au lendemain de l'attentat de Christchurch

    media Un policier patrouille devant la mosquée Masjid al-Noor, le 16 mars 2019, au lendemain d'une attaque meurtrière menée par un suprémaciste blanc présumé. REUTERS/Jorge Silva

    Au lendemain de l'attaque qui a fait 50 morts et plus de 48 blessés dans les deux mosquées de Christchurch, le tueur présumé, un Australien de 28 ans et militant d'extrême droite, a été présenté à un tribunal et inculpé pour meurtre.

    En Nouvelle-Zélande, Christchurch commence à enterrer ses morts. La petite ville de l'île du sud a subi une attaque terroriste sans précédent : 50 personnes ont été abattues de sang-froid dans les deux mosquées de la ville, plus de 48 autres fidèles ont été blessés, au moins deux sont dans un état critique, dont un petit garçon de deux ans et une fillette de quatre ans. L'auteur présumé de cette tuerie a été officiellement inculpé pour meurtre et d’autres chefs d’accusation pourraient alourdir son dossier dans les jours qui viennent.

    En entrant dans la salle du tribunal ce samedi matin, Brenton Tarrant a effectué un geste des mains typique des adeptes de la suprématie blanche. Comme une confirmation de la motivation derrière les massacres qu’il a perpétrés vendredi dans deux mosquées de la ville, commente notre envoyée spéciale à Christchurch, Carrie Nooten.

    L’Australien, qui est apparu menotté, n’a pas dit un mot, ni exprimé aucun remord. Il s’est contenté de fixer la presse qui était seule autorisée dans la salle du tribunal. Les enquêteurs ont fouillé toute la journée une maison dans laquelle il aurait vécu à 300 kms au sud de Christchurch, mais n’ont pas encore fait part de leurs découvertes. Deux autres potentiels complices sont encore en garde à vue.

    Le suspect des attentats de Christchurch, Brenton Tarrant, à son arrivée au tribunal, samedi 16 mars 2019. Mark Mitchell/New Zealand Herald/Pool via REUTERS

    Adepte de la théorie du « grand remplacement »

    Pour l’instant, le manifeste d’auto-justification qu’il a posté sur internet est la pièce qui explique le mieux son passage à l’acte. L'auteur du carnage y évoque Renaud Camus, le théoricien du « grand remplacement », du titre du livre qu'a publié l'écrivain français en 2011. Dans les heures qui ont suivi le drame, Renaud Camus a dénoncé les deux attaques, les qualifiant de « terroristes, épouvantables, criminelles, désastreuses et imbéciles ».

    Dans son manifeste, le suspect motive ses attaques en estimant combattre ce qu'il juge être une submersion culturelle des peuples européens blancs par l'immigration, multipliant notamment les références à la France, étape clé de son cheminement. Il se déclare « fasciste », dénonçant un « génocide blanc » avec des références aux thèses suprémacistes.

    A (RE)LIRE → [Analyse] Nouvelle-Zélande: le suprémacisme blanc est «une menace très réelle»

    « Le berceau, c’est les États-Unis. D’ailleurs, le terroriste utilise dans son manifeste une expression qui a été forgée dans les années 80 par David Lane, l’un des grands idéologues du suprémacisme blanc,  et cette devise est : "Nous devons assurer l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs". C’est une preuve supplémentaire qu’on est véritablement dans une idéologie de type néonazie. Oui, il existe des suprémacistes blancs un peu partout en Europe, dans les milieux néonazis, c’est-à-dire des gens qui pensent véritablement qu’il existe une race supérieure qui est la race blanche, et que les autres sont des races inférieures, pas seulement différentes, mais inférieures », explique Jean-Yves Camus, spécialiste des mouvements d'extrême droite européens sur ce mouvement suprémaciste.

    On a du mal à réaliser que quelque chose comme ça puisse se passer en Nouvelle-Zélande.
    Abdiz Hansrod, architecte vivant à Christchurch

    Abdiz Hansrod, un architecte qui vit à Christchurch était à 500 mètres des lieux de l’attentat. Il explique que tout le monde est très soudé, malgré le désarroi d’un tel événement, et qu’internet est en partie responsable de ce genre de comportement qui mène à de tels actes.

    « Je pense que tout le monde est encore sous le choc. On a du mal à réaliser que quelque chose comme ça puisse se passer en Nouvelle-Zélande. C’est très choquant, déplore-t-il. Cela ne devrait pas se passer parce que les géants de la "tech" devraient modérer un peu plus ce qui se passe sur leur plateforme. Ils peuvent très bien contrôler comment ils ciblent leur marketing et leurs pubs, ils ont des algorithmes très sophistiqués pour cela, et je pense qu’ils devraient avoir la même chose pour modérer et garder un œil sur ce qui se passe sur la plateforme. Ce jeune homme, cela fait un moment qu’il est sur ces plateformes et qu'il partage ses idées et qu'il rencontre des gens du monde entier, j’imagine. Ça ne devrait pas arriver. Et Facebook, Google et les autres, c’est impensable qu’ils laissent ce laisser-aller. »

    L'Australie sous le choc

    En Australie, pays frère et voisin de la Nouvelle-Zélande, les attaques de Christchurch ont un retentissement tout particulier, car l'auteur présumé de cette attaque est un suprémaciste blanc d'origine australienne, rappelle notre correspondante à Melbourne, Caroline Lafargue.

    L'Australie a honte de Brenton Tarrant, qualifié de «  produit d'exportation diabolique » par le quotidien The Australian qui ajoute : « Nous sommes tous musulmans aujourd'hui ». Ce qui n'empêche pas les tabloïds et certaines chaines australiennes de publier des photos choquantes tirées de la vidéo du massacre diffusée en direct par le tueur présumé sur internet, malgré les consignes de la police australienne.

    « Aujourd'hui votre famille australienne pleure avec vous », a déclaré Penny Wong, la porte-parole de l'opposition travailliste. Quant au Premier ministre, Scott Morrison, il s'est rendu dans une mosquée de Sydney pour montrer la solidarité des Australiens envers « nos frères et sœurs musulmans ». Il s'est dit « choqué, horrifié, ulcéré » d'apprendre que le tueur présumé de Christchurch est un suprémaciste blanc australien, ancien professeur de fitness inconnu des services de police et qui se serait radicalisé tout seul pour venger les victimes d'attentats islamistes en Europe. Le Premier ministre a ajouté qu'à ce stade, il était trop tôt pour dire si l'Australie allait demander l'extradition de Brenton Tarrant.

    Au-delà du chagrin partagé, une question fascine les Australiens. Ils ne comprennent pas comment le tueur a pu se procurer des armes semi-automatiques si facilement, légalement, dans un pays aussi paisible que la Nouvelle-Zélande. Ce serait impossible en Australie qui a tiré les leçons d'une autre tuerie, celle de Port Arthur en 1996 et qui depuis contrôle drastiquement les attributions de permis de ports d'armes. Une réforme régulièrement citée en exemple aux Etats-Unis et qui pourrait inspirer la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern.

    Rassemblement dans la mosquée Lakemba de Sydney en hommage aux victimes de la tuerie de Christchurch, le 15 mars 2019. TAYYAB HAMEED/via REUTERS

    La crainte d'une diffusion de l'islamophobie

    L'attentat en Nouvelle-Zélande a également semé l'effroi dans le reste du monde. Notamment en France, qui accueille l'une des plus grandes communautés musulmanes en Europe et où les actes islamophobes sont repartis à la hausse en 2018, selon un rapport dévoilé ce matin par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Son directeur exécutif Jawad Bachare a fait part de sa tristesse face à ces attaques et surtout de son inquiétude face à la situation française.

    « Nous sommes choqués, mais pas surpris, parce que malheureusement, le mécanisme de la violence, la simple parole à l’acte terroriste, sont devenus banals, commente-t-il. Et c’est cela que nous dénonçons. Et malheureusement, il existe de nombreux leviers qui encouragent ces mécanismes à la violence. Et nous le dénonçons fortement. Nous avons de grandes inquiétudes, d’autant plus que les actes que nous recensons aujourd’hui sont de plus en plus violents pour certains d’entre eux. Et le passage à l’acte n’est plus supposé ni imaginé, il est réel. Donc nous craignons effectivement que ce genre de comportement, ce genre d’acte terroriste se diffuse davantage. »

    Pour lui, ce phénomène n'est pas nouveau et encore moins spécifique à la Nouvelle-Zélande : « C’est quelque chose aussi qui a déjà touché la France. Et malgré tout, on reste comme sur une forme de laxisme en matière de prévention et de sécurisation des lieux de culte. Nous appelons les autorités françaises à prendre des mesures nécessaires pour protéger ces Français de confession musulmane, notamment à travers des lieux de culte et de cesser cette hystérie qui vise aujourd’hui la communauté musulmane. »

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