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    Asie-Pacifique

    #TrashTagChallenge, le défi «écolo» dont se saisissent les Cambodgiens

    media Le canal de Boeung Trabek est un canal aux eaux noires, opaques et couvertes d'ordures. Juliette Buchez/RFI

    Le dernier défi à la mode sur les réseaux sociaux se veut utile. Depuis quelques semaines, le #TrashTagChallenge circule sur Facebook, Twittter ou Instagram. Le principe : se prendre en photo devant un site sale ou pollué, le nettoyer puis reprendre une photo. Venues d’Algérie, de France, de Côte d’Ivoire ou du Mexique ces photos se sont multipliées sur le web partout à travers le monde. Au Cambodge, ce défi a mobilisé plusieurs dizaines de jeunes. Notamment à Phnom Penh.

    Dans la capitale cambodgienne, ce qui a commencé comme un défi ponctuel se poursuit comme un marathon. Depuis deux semaines, des jeunes sont mobilisés sur un canal de la ville pour y ramasser les ordures. Une quarantaine de personnes se relaient par petits groupes aux abords du canal de Boeung Trabek. Un canal aux eaux noires, opaques et couvertes d'ordures. Entre eux, les habitants le surnomment d’ailleurs « le canal nauséabond », un surnom donné en raison de l’odeur pestilentielle qui s’en dégage, continuellement.

    Un défi qui incite à s'engager

    C’est sur Facebook que des Cambodgiens se sont organisés autour du #TrashTagChallenge. Comme Rathey, jeune diplômée de 24 ans, masque sur le visage, gants sur les mains : « J’ai vu une publication sur Facebook, j’ai trouvé ça super intéressant alors je suis venue. Je veux une ville propre. Nous voulons plus de gens qui ramassent les déchets, que de gens qui les jettent ici ». D’autres jeunes embarquent plusieurs fois par jour sur des radeaux de fortune pour récupérer les déchets dans l’eau poisseuse. Et leur action s’est fait remarquer un peu partout dans le pays car elle est issue du #TrashTagChallenge qui bénéficie aujourd’hui d’une certaine visibilité.

    D’autres Cambodgiens y ont participé, que ce soit à Phnom Penh ou en province. Comme la plupart des personnes impliquées dans cette action sont jeunes et connectées aux réseaux sociaux, cela donne des publications par dizaines, sur Facebook en particulier. Mais à Boeung Trabek, cela dépasse un peu le concept de la photo « avant-après » parce que chaque jour des déchets continuent de s’accumuler. Du coup, des montages humoristiques circulent sur internet ces derniers jours. Par exemple la photo d’un couple assis au bord du canal recouvert de détritus. La légende dit avec humour : « je promets de t’épouser quand ce sera propre ». Une promesse qui semble bien lointaine. Beaucoup de posts jouent de la même manière sur le retour perpétuel des ordures.

    La pollution ménagère, un problème sérieux

    Des publications humoristiques montrent les limites du ramassage des ordures.Le problème, comme ailleurs, c’est celui de la production, du ramassage et du traitement des ordures. En particulier quand les infrastructures sont insuffisantes. Au total, 3 000 tonnes de déchets sont produites chaque jour à Phnom Penh, pour environ 2 millions d’habitants. Et parmi elles, énormément de plastique dont beaucoup d’emballages alimentaires à usage unique. Dix millions de sacs plastiques seraient utilisés chaque jour à Phnom Penh.

    Le canal de Boeung Trabek revient en fait très souvent dans l’actualité de la ville. Le nettoyage par les autorités y est de plus en plus régulier. Mais des vagues de déchets se forment plusieurs fois par jour. Les volontaires sur le canal ne savent pas trop combien de temps ce nettoyage citoyen va durer. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est mettre en lumière le problème de ce canal noir. Montrer que tout le monde est responsable. Ils cherchent donc à organiser un concert près du canal dans les jours à venir pour sensibiliser davantage les habitants des environs.

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