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    Législatives en Inde: vers un enracinement du nationalisme hindou?

    media Trois femmes votent pour les élections législatives indiennes, le 11 avril 2019, premier jour d'un scrutin... de six semaines. REUTERS/Adnan Abidi

    Premier jour ce jeudi des élections générales en Inde, un scrutin gigantesque pour le deuxième pays le plus peuplé au monde, qui va se dérouler sur six semaines. 900 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire les députés de la Lok Sabha, la Chambre basse du Parlement. Narendra Modi, le Premier ministre sortant, réussira-t-il à décrocher un second mandat et installer un peu plus le nationalisme hindou à la tête de l’Etat ?

    La campagne électorale n’est pas terminée - elle peut encore durer plusieurs semaines selon le lieu où les votants résident. Jusqu’ici elle a été assez rude, verbalement en tous cas : Narendra Modi est accusé par ses adversaires d’être compromis dans les affaires de corruption, avec entre autres les modifications des contrats sur les Rafales, l’avion de chasse français. Le parti du Congrès comme les partis régionaux qui font face à Narendra Modi dénoncent aussi le nationalisme hindou et les fractures qu’il entraîne au sein de la société, avec notamment la politique de protection de la vache (sacrée pour les hindouistes) initiée par le Premier ministre, qui a entraîné de nombreuses violences envers les communautés musulmanes et Dalits (les anciens intouchables) qui élèvent traditionnellement les vaches.

    ► à (re)lire : Inde 2019 : ce qu’il faut savoir sur les législatives indiennes

    Narendra Modi accuse lui ses opposants de « n’avoir qu’un seul point à leur programme, le renverser, ou un deuxième, favoriser les politiques dynastiques », explique Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS, qui précise : « En Inde, quand on parle de dynasties, on sent que c’est le parti du Congrès qui est visé, mais pas uniquement : il y a d’autres exemples de dynasties, en Uttar Pradesh par exemple, avec le Samajwadi Party et la famille Yadav - c’est maintenant le fils qui mène le parti. »

    Une multitude de partis régionaux

    Car en Inde il n’y a pas que le BJP (Bharatiya Janata Party) de Narendra Modi et le parti du Congrès, qui a déjà dirigé le pays à plusieurs reprises depuis l’indépendance. Le pays compte de nombreux partis régionaux qui, explique Jean-Luc Racine, sont « soit des partis de castes, souvent des basses castes, qui cherchent à avoir une meilleure représentation dans le jeu politique, soit d’anciens membres du parti du Congrès qui ont fait scission ». Et ces partis, le BJP et le Congrès peuvent en avoir besoin pour former une coalition mais ils n’ont pas forcément de bons rapports avec eux.

    Selon James Manor, professeur de politique indienne à l’université de West London, « le Congrès n’a pas donné suffisamment de gages à certains partis régionaux pour les séduire : il n’est donc pas directement lié à eux pendant les élections, si c’est le cas ce sera après le décompte des votes pour créer une majorité ».

    Pour ce qui est du BJP, « le Premier ministre a dirigé un gouvernement où il contrôlait tout, beaucoup de partis régionaux refusent de s’allier avec lui s’ils n’ont aucun pouvoir. Et puis le BJP a des politiques assez extrêmes, particulièrement des politiques anti-musulmans, et a essayé d’affaiblir de nombreuses institutions démocratiques en Inde. Beaucoup de partis régionaux n’apprécient pas cette centralisation croissante et, franchement, ces politiques anti-démocratiques. »

    Le voisin pakistanais parmi les thèmes de campagne

    En Inde, on a plutôt l’habitude de sortir les sortants. Mais lors de son dernier passage au pouvoir, le Congrès était resté pour deux mandats. L’objectif de Narendra Modi et de son parti, le BJP, est évidemment de faire de même.

    Quelle stratégie le Premier ministre sortant a-t-il adoptée ? En 2014, rappelle Jean-Luc Racine, il n’avait pas joué outre mesure la carte du nationalisme, car les partisans du nationalisme hindou connaissent son parcours, son passé dans la milice paramilitaire du RSS, « pôle activiste et idéologique du nationalisme hindou ». Il avait plutôt cherché à mettre en avant des promesses socio-économiques. « Je pense que cette année il fait la même chose », estime le chercheur, tout en soulignant que « parmi les leaders de la campagne on va trouver Yogi Adityanath, le chef du gouvernement d’Uttar Pradesh, qui est véritablement un radical, et qui lui ne se gêne pas pour mettre en avant les éléments les plus clivants du nationalisme hindou, pas seulement anti-pakistanais mais aussi anti-musulmans ».

    Car les tensions avec le voisin pakistanais se sont invitées dans la campagne au mois de février : après un attentat au Cachemire indien qui fait quarante morts parmi les forces de sécurité indiennes, l’armée indienne mène un raid aérien en territoire pakistanais, qui selon New Delhi a détruit un camp d’entraînement du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed – qui avait revendiqué l’attentat. Lors de la riposte pakistanaise un pilote indien est capturé puis libéré.

    Tout cela a permis à Narendra Modi d’ajouter à sa campagne « une dimension nationaliste qui peut aller au-delà du nationalisme hindou, qui peut l’englober mais le dépasser », bref jouer sur un nationalisme indien pour rassembler le pays derrière lui : « Après les frappes contre le Pakistan, les politiques de l’opposition qui ont posé des questions sur la réalité des résultats de ces frappes ont quasiment été traités de traitres à la nation, ou en tous cas de mettre en doutes les capacités de l’armée. Modi a donc joué de la carte patriotique. Tout cela pourrait avoir un impact ». Sur son compte Twitter, le Premier ministre se présente aujourd’hui comme le « chowkidar » de l'Inde, son « gardien » en hindi.

    Un retour du Congrès ?

    Pour autant le Premier ministre sortant fait face à un parti du Congrès en meilleure forme qu’après sa défaite sans précédent de 2014 – il n’avait conservé qu’une quarantaine de sièges à la Chambre basse du Parlement, les capacités de Rahul Gandhi à prendre la tête du parti alors dirigé par sa mère étaient remises en doute… Mais le Congrès a relevé la tête, prenant en décembre dernier au BJP trois États : le Chhattisgarh, le Madhya Pradesh et le Rajasthan.

    Et selon James Manor, sa grande promesse électorale de donner un salaire minimum aux plus pauvres a surpris Narendra Modi et le BJP, les forçant à faire de nouvelles promesses. Pendant ce temps, Rahul Gandhi, à la tête du Congrès depuis 2017, martèle que Modi a échoué à tenir toutes les grandes promesses faites il y a cinq ans. James Manor rappelle que « le gouvernement Modi avait développé un programme pour aider les fermiers, avec d’importantes subventions. Et cela a permis au BJP de progresser en popularité. Mais il n’a pas eu le temps de mettre en place cette promesse, et il a échoué à tenir la plupart des autres, particulièrement celle de créer des emplois. »

    Le Congrès affirme également que le Premier ministre et son gouvernement sont corrompus – attaquant Narendra Modi sur un de ses grands thèmes, la lutte contre la corruption. Mais selon James Manor, « les Indiens semblent ne pas accepter l'idée qu’il dirige un gouvernement corrompu ». Et si pour Jean-Luc Racine « le Congrès devrait faire nettement mieux que la dernière fois, on ne sait pas si ce sursaut pourra se concrétiser. C’est-à-dire au moins regagner du terrain si le BJP devait de nouveau arriver au pouvoir, en préparant l’avenir en quelque sorte, ou bien réussir à construire des alliances suffisamment fortes pour mettre vraiment le BJP en difficulté - on n’en est pas tout à fait là aujourd’hui semble-t-il. »

    Pour autant le pari n’est pas automatiquement gagné pour Narendra Modi : cinq années de nationalisme hindou ont laissé des traces, avec des violences envers non seulement les musulmans mais aussi les Dalits, qui représentent environ 18% de la population, et qui avaient voté en grand nombre en 2014 pour Modi. Aujourd’hui, explique James Manor, « les sondages montrent clairement qu’ils n’ont plus confiance en lui, parce que des groupes issus des hautes castes liées au BJP ont souvent usé de violence envers eux. Modi va donc perdre beaucoup de votes Dalits, qui vont aller aux partis régionaux et au Congrès. »

    En 2014, Narendra Modi avait accompli un exploit : obtenir la majorité absolue à la Chambre basse du Parlement avec son seul parti. Cette année en cas de victoire, il lui faudra peut-être former une coalition, un exercice difficile pour un homme habitué à gouverner seul.

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