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    Asie-Pacifique

    Législatives indiennes: «Un référendum pour ou contre Narendra Modi»

    media Trois femmes votent pour les élections législatives indiennes, le 11 avril 2019, premier jour d'un scrutin... de six semaines. REUTERS/Adnan Abidi

    Du 11 avril au 19 mai, les électeurs indiens sont appelés à élire leurs représentants à la chambre basse du Parlement national. Le scrutin se déroule en sept phases, échelonnées sur six semaines. Ce jeudi 18 avril s’ouvre la deuxième phase de l’élection, avec cette fois 97 circonscriptions faisant l’objet du vote. Décryptage.

    Pour connaître les enjeux du scrutin, dresser le bilan du gouvernement sortant, faire le point sur les forces en présence et parcourir les thèmes qui dominent la campagne électorale, nous avons sollicité deux spécialistes de l’Inde : Olivier Da Lage*, rédacteur en chef à RFI et spécialiste de la politique indienne, et Sanjay Kumar**, directeur du think tank Center for the study of developing societies, à New Delhi. Entretiens croisés.

     ► À lire aussi : Inde 2019: ce qu’il faut savoir sur les législatives indiennes

    RFI : Les Indiens ont commencé à voter pour élire leurs représentants au parlement fédéral. Qu’est-ce qui rend cet exercice démocratique si singulier ?

    Olivier Da Lage. DR

    Olivier Da Lage : Cet exercice est singulier en raison de l’ampleur colossale du scrutin. On appelle l’Indela plus grande démocratie du monde, en raison de la superficie du pays et la dimension de son électorat. N’oublions pas, ce pays c’est six fois la France en superficie et il est le deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine, avec ses 1,3 milliard d’habitants. 900 millions de personnes, hommes et femmes âgés de plus de 18 ans, sont appelées à prendre part au vote, ce qui exige une organisation en plusieurs temps et la mobilisation d’une armée d’agents pour veiller sur le bon déroulement du scrutin à travers l’ensemble des 29 États et 7 territoires que compte l’Inde. Le coût de l’opération s’élèvera à quelque 5 milliards de dollars, ce qui se rapproche du coût des élections américaines. Ce coût élevé s’explique en grande partie par la nécessité de sécuriser le scrutin. La Commission électorale indienne, qui ne fait pas confiance à la neutralité des polices locales, fait déployer des forces de police fédérale qui supervisent la tenue des élections dans les États. Ces mesures complexes et coûteuses expliquent pourquoi l’exercice dure six semaines.

    ► À lire aussi : Législatives indiennes 2019: dispendieuses mais populaires

    Sanjay Kumar, directeur du CSDS Center for Development Studies, New Delhi

    Sanjay Kumar : Les élections sont prises au sérieux par les citoyens indiens. J’en veux pour preuve le taux de participation élevé, de l’ordre de 66 % à la dernière échéance en 2014, soit une hausse de 9 % par rapport à 2009. La participation en très grand nombre des femmes est l’autre caractéristique du vote en Inde. Elle était de 10 à 12 % inférieure à celle des hommes dans les premières décennies après l’indépendance. La donne a depuis changé. En 2014, dans plusieurs États, la participation des femmes était supérieure de 3 à 4 % comparée à celle des hommes. Enfin, depuis au moins deux décennies, on voit se dégager une tendance de fond qui est l’émergence des partis régionaux. Ceux-ci dominent la vie politique locale, obligeant les grands partis nationaux à s’allier avec eux pour gagner les élections. C’est ce qui se passe depuis la fin des années 1980, excepté en 2014 lorsque le parti du Premier ministre Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP, parti du peuple indien) a obtenu seul la majorité absolue au parlement fédéral. Retour cette année, si l’on en croit les sondages, à une normalisation des rapports de force entre les partis politiques, avec les formations régionales bien parties pour regagner la faveur de l’électorat.

    Quels sont les enjeux de ce scrutin ?

    Olivier Da Lage : Triomphalement propulsé aux responsabilités en 2014, le BJP a dominé la vie politique indienne tout au long de la dernière législature. Mais le Premier ministre Narendra Modi issu de ses rangs s’est révélé être un homme très clivant. Il suscite autant de méfiance et de rejet d’un côté que d’admiration de l’autre. Du coup, le parti au pouvoir, qui n’est pas très populaire, a axé sa campagne sur la personnalité de son chef, transformant le scrutin en un référendum pour ou contre Narendra Modi, qui est bien entendu candidat à sa propre succession. Un deuxième mandat – ou pas – pour Narendra Modi est devenu l’enjeu central de ces élections.

    Sanjay Kumar : Le BJP et le Congrès, qui est le principal parti de l’opposition, ont fait campagne sur des thèmes très différents. Les candidats du Congrès ont mis l’accent sur les promesses de campagne non tenues par le parti au pouvoir, notamment en matière de développement, de résorption du chômage ou d’aide à la paysannerie qui croule sous des dettes. Comme le bilan économique du gouvernement sortant n’est pas très bon, l’opposition a beau jeu d’attirer l’attention sur le fossé entre les promesses de campagne et la performance réelle du parti au pouvoir. Le BJP a, pour sa part, axé sa campagne sur le thème du nationalisme religieux, exaltant l’identité hindoue du pays. Or puisque personne ne l’incarne mieux que l’actuel Premier ministre issu du mouvement nationaliste hindou, il faut le réélire et les autres candidats de son parti. Narendra Modi jouit d’une image d’homme fort, seul capable d’assurer la sécurité des Indiens face au terrorisme et les velléités guerrières du voisin pakistanais. La campagne du BJP n’est pas sans rappeler les circonstances des élections des années 1970 quand le Congrès faisait campagne sur la personnalité d’Indira Gandhi, qui fut, elle aussi, une personnalité très clivante mais forte. Le slogan du Congrès était « Indira is India » (Indira, c’est l’Inde).

    RFI

    Narendra Modi-a-t-il été un bon Premier ministre ?

    Sanjay Kumar : Difficile de répondre à cette question tant l’homme divise l’opinion publique. Sur le plan purement économique, les résultats sont médiocres, comparés aux résultats obtenus par le dernier gouvernement du Congrès qui était aux manettes pendant deux mandats successifs, de 2004 à 2014. Le gouvernement dirigé alors par l’économiste Manmohan Singh est resté dans les annales pour avoir porté la croissance économique à des niveaux jamais atteints depuis et d’avoir fait baisser la pauvreté. Le programme du parti du Congrès s’inscrit dans sa tradition socialiste, appelant à un meilleur partage des richesses. D’ailleurs, la campagne du Congrès cette année s’inscrit dans cette tradition. S’il arrive au pouvoir, le Congrès a promis de verser 6 000 roupies par mois aux familles vivant sous le seuil de la pauvreté, ce qui correspond à quelque 20 % de la population.

    Olivier Da Lage : Si l'on évalue le bilan de Narendra Modi à l’aune des résultats économiques, la réponse à la question posée ici est évidemment non. Certes, le gouvernement a réussi à faire venir des investissements étrangers en grand nombre, mais ces investissements réalisés essentiellement dans des secteurs de haute technologie ne sont pas créateurs d’emplois. Le chômage a atteint des niveaux records, suite notamment à la démonétisation brutale qui a asséché les crédits bancaires dont vivent les petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, les grands patrons en veulent au gouvernement de ne pas avoir poussé suffisamment loin le processus de libéralisation économique. La grogne montante des agriculteurs et des régions rurales en général, les grands oubliés des années Modi, ont poussé le gouvernement à renouer avec la politique du Congrès consistant à verser des subventions directes pour combattre la misère paysanne. C’est ainsi qu’en février dernier, à quelques semaines des élections générales, le gouvernement a fait adopter par sa majorité un budget prévoyant le versement de subventions massives aux agriculteurs.

    Les années Modi ont été marquées par des attaques perpétrées contre les minorités, contre les journalistes et les intellectuels, mettant à mal le caractère laïc et démocratique du pays. Peut-on parler d’une dégradation du climat politique sous le BJP ?

    Olivier Da Lage : Dégradation du climat politique, très certainement, avec un véritable déferlement de violence dans les discours et violence physique dont les opposants, les journalistes et les minorités ont été les principales cibles. Certes, Narendra Modi lui-même ne prône jamais la violence dans les propos qu’il tient en public, mais le fait qu’il n’ait pas immédiatement condamné les incidents très graves qui se sont déroulés dans le pays depuis qu’il est arrivé au pouvoir, notamment le lynchage d’une famille musulmane soupçonnée de consommer de la viande de bœuf, a encouragé les militants religieux. Il a fallu attendre plus d’un an pour que le Premier ministre réagisse condamnant ce lynchage en des termes très généraux. Le meurtre en 2017 de la journaliste Gauri Lankesh, très critique envers le gouvernement et sa politique d’intolérance, est devenu le cas emblématique de répression de la liberté d’expression sous le gouvernement Modi. Quand ce n’est pas une armée de trolls harcelant sur les réseaux sociaux les journalistes critiques, ce sont les patrons de presse eux-mêmes qui mettent les journalistes récalcitrants au pas. Rappelons que la presse est aux mains des industriels qui ont besoin du gouvernement pour leurs affaires. La dernière fois l’Inde a connu une atmosphère liberticide similaire, c’était à l’époque de l’état d’urgence en 1975, sous Indira Gandhi. À la seule différence près qu'aujourd’hui, le gouvernement n’a pas besoin de déclarer l’état d’urgence pour restreindre les libertés de la presse.

    Le président du parti du Congrès Rahul Gandhi, ici lors d'un meeting à Gandhinagar, dans le Gujarat, le 12 mars 2019. REUTERS/Amit Dave

    Sanjay Kumar : Ce sont les adversaires de Narendra Modi qui estiment que son gouvernement a porté atteinte aux institutions démocratiques du pays en ne condamnant pas avec force les atrocités qui ont eu lieu contre les minorités ou la mise au pas de la liberté de parole et d’expression. Ils ne sont pas majoritaires dans le pays. Dans leur très large majorité, les Hindous, qui représentent entre 83 et 84 % de la population, se disent être en phase avec la politique des nationalistes hindous au pouvoir. Ce gouvernement a envoyé le signal qu’il compte mettre la politique de l’État indien en diapason avec les revendications identitaires de la majorité hindou qui auraient été mis trop longtemps sous le boisseau au nom de la laïcité et de l’égalité. Les sondages d’opinions réalisés à la veille des élections donnent le BJP gagnant, malgré les revers économiques du gouvernement et les menaces qu’il ferait peser selon ses adversaires sur le modèle démocratique indien.

    Le gouvernement Modi a aussi été accusé d’avoir concentré le pouvoir aux mains d’une poignée de décideurs relevant de l’entourage du Premier ministre. Quels sont les principaux centres de pouvoir en Inde aujourd’hui ?

    Olivier Da Lage : Les principaux centres de pouvoir ? Il n’y en a pas. Il y a un seul centre qui a pour nom Narendra Modi. Tout procède de lui. Or ce fonctionnement très centralisé n’est possible parce que le parti du Premier ministre jouit d’une majorité absolue au parlement. Le BJP dispose aujourd’hui de 282 sièges, 10 de plus que la majorité absolue. Selon les sondages, le BJP est bien parti pour être reconduit, mais ne bénéficierait peut-être pas d’une majorité absolue. Il va devoir nouer des alliances avec des partis tiers pour pouvoir gouverner, mais dans ces conditions il n’est pas du tout certain que ses partenaires de coalition veuillent laisser les mains libres à Narendra Modi. La situation risque de devenir très vite intenable pour ce dernier, car il va devoir rapidement prendre des décisions clivantes pour satisfaire sa base.

    Sanjay Kumar : Tout New Delhi sait que Narendra Modi a du mal à déléguer des responsabilités. Même ses principaux ministres ne prennent aucune décision de manière autonome. Les principales décisions de gouvernance sont prises par un petit groupe de hauts fonctionnaires et conseillers réunis autour du Premier ministre dans le PMO (Prime minister’s office, le bureau du Premier ministre). C’est eux qui décident du destin du pays, parfois même sans consulter les ministres concernés, ce qui n’est pas sans susciter des jalousies et des ressentiments.

    Avec une cinquantaine de déplacements à l’étranger au cours des cinq années de son mandat, Narendra Modi a déployé une diplomatie très active. Dans quelle mesure cette diplomatie s’inscrit dans les choix diplomatiques fondamentaux du pays ? Continuité ou rupture ?

    Olivier Da Lage : À mon avis, il n’y a pas eu tant de rupture que ça, mais plutôt des inflexions. Pour l’essentiel, on peut parler de continuité entre les positions indiennes d’avant et d’après 2014. Avec toujours une marque personnelle du chef du gouvernement sur la façon de conduire la diplomatie. Pendant les trois premières années de son mandat, Narendra Modi a multiplié les voyages à l’étranger. Ses premiers voyages l’ont conduit aux Émirats arabes unis et dans les autres monarchies arabes du Golfe, à la grande surprise des observateurs. Le but était d’isoler le Pakistan en le faisant condamner par les pays musulmans, au Moyen-Orient, pour ses connivences avec les terroristes qui commettent des attentats en Inde. Il ne fait pas de doute que la coopération entre les services de renseignements indiens et des Émirats arabes ont permis d’enregistrer des avancées majeures contre les groupes terroristes basés sur le sol pakistanais. Parallèlement, l’Inde a renforcé ses relations avec Israël, devenu l’un de ses fournisseurs d’équipements de défense sophistiqués.

    Le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi le 19 décembre 2018. REUTERS/Adnan Abidi

    Quant aux relations avec les États-Unis, elles sont anciennes et importantes pour l’Inde, même si les espoirs placés par l’administration Modi dans Donald Trump ont été largement déçus. Les Indiens misaient sur ce président américain pour envoyer valser l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale, espérant figurer parmi les principaux acteurs du nouvel ordre international qui émergerait alors. Rien de tout cela n’a eu lieu. Trump a par ailleurs durci les conditions d’obtention de visas professionnels pour les Indiens et a retiré le statut de préférence généralisée dont New Delhi bénéficiait sur le plan commercial. Les Indiens ont appris à leur grand désespoir que Donald Trump n’a pas d’amis et ne fait qu’appliquer la politique de l’« America first », qui n’épargne personne, ni l’Inde ni les autres pays.

    S’agissant de relations avec l’Asie du Sud, Narendra Modi a beaucoup marqué les esprits lorsqu’en 2014 il a invité tous les chefs d’État des pays voisins à sa cérémonie d’investiture. Le diagnostic était parfait et la façon de faire très impressionnante, mais les attitudes anciennes marquées par l’arrogance et l’incompréhension ont vite pris le dessus, avec l’Inde accusée d’être paternaliste à l’égard de ses voisins.

    Enfin, l’Inde sous la gouverne de Modi n’a pas mieux réussi que sous ses prédécesseurs à améliorer ses relations avec le voisin chinois qui représente une menace existentielle pour New Delhi. Celle-ci voit le projet chinois de bâtir des infrastructures portuaires dans les pays voisins de l’Inde comme une machination avec pour but de contrôler les routes maritimes de l’océan Indien par lesquelles transitent l’essentiel de ses approvisionnements énergétiques. La sécurisation de ces voies d’approvisionnement maritimes est une priorité essentielle pour l’Inde. La Chine s’oppose aussi à l’entrée de l’Inde dans le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre permanent.

    Sanjay Kumar : Je ne suis pas de près les dossiers diplomatiques, mais mes lectures quotidiennes de la presse me poussent à penser qu’il n’y a pas eu de changements radicaux dans les orientations de la diplomatie indienne sous le gouvernement Modi. La seule nouveauté a consisté à tendre la main à des États avec lesquels l’Inde n’entretenait pas jusques-là des relations diplomatiques pour des raisons idéologiques ou parce qu’ils étaient situés dans des régions du monde où l’Inde n’a pas d’intérêts stratégiques majeures. Une attitude plus pragmatique s’est imposée, comme en témoigne le rapprochement de New Delhi avec Israël.

    Des soldats indiens sur les lieux de l'attentat contre un convoi de paramilitaires dans le Cachemire, le 14 février 2019. REUTERS/Younis Khaliq

    Dans quelle mesure l’exacerbation des passions nationalistes à laquelle on a assisté en Inde suite à la récente recrudescence des tensions avec le Pakistan, pourra-t-elle déterminer le vote des Indiens ?

    Olivier Da Lage : Dans sa gestion de la situation née de l’attentat terroriste au Cachemire en février dernier qui a fait une quarantaine de morts parmi des réservistes indiens, Modi s’est montré fidèle à l’image de l’homme fort qu’il veut donner de lui-même. Il veut apparaître comme l’homme qui tient tête au Pakistan et défend l’armée qui aurait été abandonnée par ses prédécesseurs du Congrès. Pour beaucoup d’observateurs, cette escalade de tensions avec le Pakistan est arrivée à point nommé pour Narendra Modi. Il l’a instrumentalisée pour s’attirer les bonnes grâces de l’opinion publique, chauffée à blanc par les télévisions d’information continue qui se sont spécialisées en Inde dans la surenchère permanente d’hyper-nationalisme.

    ► À lire aussi : Au Cachemire, la résurgence d’un conflit au potentiel dévastateur

    Sanjay Kumar : Les relations avec le Pakistan ont toujours été une question sensible. L’ancienne Premier ministre Indira Gandhi avait compris l’exploitation électorale qu’elle pouvait faire de cette hypersensibilité identitaire. En convoquant des élections après la guerre de libération du Bangladesh en 1971 que l’Inde a gagnée, elle était sûre de les remporter avec une très forte marge. Véritable stratège, Narendra Modi, lui aussi, sait tirer profit politique d’une situation conflictuelle entre New Delhi et Islamabad. C’est pourquoi il ne parle jamais de pourparlers avec le Pakistan car il sait que c’est le sûr moyen d’aliéner son électorat. Il a régulièrement témoigné de sa détermination à régler les tensions avec le Pakistan, comme il l’a fait en ordonnant en début d’année à son aviation à aller bombarder les camps terroristes à l’intérieur du territoire pakistanais hors Cachemire. C’était un pari risqué qui aurait pu faire embraser toute la région, mais il a certainement conforté son image d’homme fort de l’Inde aux yeux de ses concitoyens. Sur le moment, cette décision a eu un impact positif sur sa cote de popularité, mais deux mois se sont écoulés depuis. La campagne électorale est passée par là, révélant les forces et les faiblesses des candidats. Comme vous le savez, en politique, deux mois c’est une éternité.

    ____________________________________

    *Olivier Da Lage est rédacteur en chef à RFI et spécialiste de la politique indienne. Ses derniers ouvrages ont pour titres L'Inde, désir de puissance ( 2017) et L'essor des nationalismes religieux (2018).

    ** Sanjay Kumar est le directeur du think-tank le Center for the study of developing societies, à New Delhi. Spécialiste des politiques électorales, il est l’auteur entre autres de Indian Youth and Electoral politics (2017) et Post-Mandal politics in Bihar (2018).

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