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    Asie-Pacifique

    Sri Lanka: la polémique enfle sur les possibles négligences des autorités

    media Des policiers sri-lankais évacuent le site d'une explosion près d'une église attaquée dimanche où enquêtent les forces de déminage, le 22 avril 2019. REUTERS/Dinuka Liyanawatte

    Le Sri Lanka traque aujourd'hui les responsables de la vague d'attentats qui ont fait 320 morts dimanche 21 avril. Les attaques qui ont frappé des églises et des hôtels sont revendiqués par le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) alors que les autorités imputent la violence à un mouvement islamiste local. Quarante personnes ont été arrêtées, l'état d'urgence décrété à partir de lundi soir, et mardi sera jour de deuil national. Mais une question agite les esprits : y a-t-il eu négligence de la part du gouvernement sri-lankais ?

    Selon plusieurs membres du gouvernement, la police avait reçu des signalements, mais les informations n'ont pas été correctement traitées.

    Le secrétaire d'État du ministère de la Défense, Hemasiri Fernando, a fini par avouer à demi-mot ce lundi matin que des alertes quant à de possibles attaques sur des églises étaient parvenues aux oreilles de la police il y a une dizaine de jours, mais il s'agissait, selon lui, « d'informations trop vagues » pour permettre d'anticiper quoi que ce soit.

    Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a par la suite admis une « faille des services de sécurité ». L'information aurait dû remonter jusqu'à son cabinet et cela n'a pas été fait.

    A la sortie d'une réunion, le ministre des Télécommunications, Harin Fernando, a même publié sur Twitter des documents internes, datés du début du mois, sur lesquels on peut lire qu'un groupe de militants islamistes, faisant partie d'une mouvance radicale locale, se préparait pour des missions suicides visant des églises.

    Selon le chef de la police nationale, ces informations seraient tombées à la veille des grandes vacances de la moisson au Sri Lanka. Et de conclure qu'elles ont peut-être été négligées par des agents trop pressés de partir.

    Par ailleurs, depuis la crise politique majeure d'automne dernier, le président et le Premier ministre sont en très mauvais termes, ce qui pourrait bien avoir divisé les services administratifs et sécuritaires, selon des lignes partisanes.

    Pour Shamara Wettimuny, doctorante à Oxford et spécialiste des violences ethniques et religieuses, l'essentiel aujourd'hui est de ne pas céder aux amalgames et d'empêcher que la situation ne dégénère davantage.

    Pour moi il est extrêmement important que le reste de la population ne se rende pas coupable d'actes de violences extrémistes à l'encontre la communauté musulmane qui est dans sa très grande majorité pacifique. C'est très inquiétant et il existe un risque que la situation dégénère et c'est exactement ce que nous devons empêcher.

    Shamara Wettimuny, doctorante à Oxford et spécialiste des violences ethniques et religieuses 23/04/2019 - par Jelena Tomic Écouter

    ►À lire aussi : Sri Lanka : « Ce genre d’attentats se prête à accentuer les clivages »

    L'enquête continue

    Malgré les polémiques qui enflent, l'heure est à la traque. Le FBI et Interpol se rendent au Sri Lanka lundi et mardi pour aider les autorités à faire la lumière sur qui sont les meurtriers, et qui les commande.

    Le groupe islamiste aujourd'hui accusé par le port-parole du gouvernement s'appelle National Thowheeth Jama'ath (NTJ), une organisation conservatrice, déjà impliquée dans des affaires judiciaires d'incitation à la haine, contre les bouddhistes en l'occurrence. Une organisation toutefois trop petite pour avoir agi seule, selon le gouvernement et plusieurs observateurs, qui s'interrogent quant à la possibilité qu'ils aient été aidés par d'autres organisations terroristes internationales. Mardi 23 avril, le groupe Etat Islamique a revendiqué l'attaque via son agence de propagande Amaq.

    Mais pour Jehan Perera, directeur du conseil national pour la paix au Sri Lanka, les raisons de ces attentats sont strictement sri-lankaises. « Personnellement, je ne pense pas que les ordres viennent de l'étranger, je pense que les têtes pensantes de ces militants islamistes sont probablement Sri-Lankais. Parce qu’aucun groupe international n'a revendiqué l'attentat. En général, quand c'est du terrorisme international qui fait ce genre d'attentat diabolique, ils le disent haut et fort, pour que tout le monde les craignent davantage. Ils ne l'ont pas fait, pourquoi resteraient-ils silencieux ? »

    Selon le vice-président du Conseil musulman du Sri Lanka interrogé par Bloomberg, tous au sein du National Thowheeth Jama'ath ne sont pas des jihadistes, mais leur pensée radicale, prônant entre autres le meurtre de toute personne de confession non musulmane, a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Hilmy Ahamed, affirme avoir lui-même donné aux services de police il y a trois ans déjà les noms des membres dangereux de ce groupe. Il les accuse aujourd'hui d’avoir ignoré ces informations.

    Gouvernement affaibli

    La polémique risque de fragiliser un peu plus un gouvernement déjà très divisé depuis la crise politique d'automne dernier. Confronté au pire carnage depuis la fin de la guerre civile, le défi que va devoir relever l'exécutif sri-lankais est de taille dans ce pays pluriethnique et multiconfessionnel où la cohésion nationale est fragile.

    Le directeur du conseil national pour la paix au Sri Lanka, Jehan Perera, estime en effet que dans le cas présent, « les questions politiques sont plus importantes que les questions religieuses ». « C'est une manière de discréditer le gouvernement, explique-t-il. Avec toutes ces explosions, les gens peuvent dire "ce gouvernement n'arrive pas à gérer les choses, on a besoin d'un chef plus fort". Ce genre de discours est en train d'émerger. »

    ►À lire aussi : Le Sri Lanka touché par une vague d'attentats : retour sur une journée meurtrière

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