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    Asie-Pacifique

    Kazakhstan: une élection présidentielle orchestrée

    media L'ancien président Noursultan Nazarbayev REUTERS/Stringer/File Photo

    Le Kazakhstan se choisit ce dimanche un nouveau président. Après presque trois décennies d’un pouvoir sans partage, Noursoultan Nazarbaïev, l’homme fort du pays, a annoncé à la population le 19 mars dernier qu’il mettait fin prématurément à sa présidence. Kassym-Jomart Tokaïev, président par intérim organise des élections anticipées et se présente comme le dauphin de l’ancien régime face à six autres candidats. Mais quelle que soit l’issue du scrutin, l’ancien président gardera quelques prérogatives. Retour sur les tenants d’une élection historique.

    Tout commence avec cette annonce à la télévision kazakh le 19 mars 2019 à 19h00. Noursoultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan depuis 1990 (avant la chute de l’URSS), s’adresse à son peuple par ces mots (cités par le média en ligne kazakh Vlast.kz) : « Vous savez que je fais appel à mon peuple à des stades historiquement importants. Aujourd’hui, je fais également appel à vous. Mais la signification du message d’aujourd’hui est complètement différente et très importante. J’ai pris la décision de démissionner de mes pouvoirs en tant que président… Je reste avec vous en tant que citoyen d’un pays, en tant que personne qui aime mon peuple, mon pays. Jusqu’à la fin de mes jours, je serai avec vous…. »

    Communication, paraît-il, décidée le jour même, pendant laquelle il rappellera également, comme le commente le site Novastan, qu’il conserve malgré tout quelques titres et prérogatives. Il ajoute qu’il reste cependant : président du parti majoritaire Nour-Otan ; membre du Conseil constitutionnel ; qu’il bénéficie toujours des lois qui lui confèrent un statut particulier de « père de la nation » ou « Elbasy » en langue kazakh, qui lui garantit l’immunité judiciaire ; et président du Conseil de sécurité kazakh, puisqu’il a été nommé à vie à ce poste en 2018, et que de facto, il contrôle donc toujours les forces de l’ordre.

    Le président par intérim Kassym-Jomart Tokayev REUTERS/Mukhtar Kholdorbekov

    Passation du pouvoir

    Cette démission surprise du président Nazarbaïev (78 ans), intervient un mois après le limogeage du gouvernement qui annonçait un tournant social. En février, le président avait destitué son gouvernement et accusé également la Banque mondiale de ne pas avoir fait suffisamment pour le développement économique du pays et pour les citoyens. Pourtant le Kazakhstan est un pays très riche en matières premières (pétrole, fer, charbon, manganèse, uranium..) et sa production a toujours fait sa richesse. Mais voyant que les conditions de vie de la population ne s’amélioraient pas, le président s’en est pris à son gouvernement et l'a limogé.

    Pour l’analyste politique Talgat Kaliev cité par Novastan, « le président kazakh a démis le gouvernement parce qu’il était incapable de faire son travail ». Quoi qu’il en soit, ce remaniement brutal est une première dans l’histoire du pays. Un mois plus tard, le président au pouvoir depuis 29 ans démissionne avant la fin de son mandat.

    Conformément à la Constitution kazakh, en cas de vacance du président, les pouvoirs du chef de l’État sont automatiquement transférés au président du Sénat. C’est ainsi que Kassym-Jomart Tokaïev (64 ans) est devenu le président par intérim du Kazakhstan. Dans la foulée, la fille de Nazarbaïev, Dariga, est nommée à la tête du Sénat en place de Tokaïev qui libère son poste pour se consacrer à ses nouvelles fonctions présidentielles. Celui-ci annonce tout de suite la couleur dans son discours d’investiture : « L’opinion de Nazarbaïev sera d’une importance spéciale, certains pourraient dire prioritaire, dans le développement et l’adoption des décisions stratégiques… » Son allégeance à l’ancien président est totale et pour rendre hommage à son prédécesseur, il fait changer tout simplement le nom de la capitale du Kazakhstan, « Astana » en « Noursoultan », le prénom de l’ancien président.

    Le président par intérim organise alors l'élection présidentielle anticipée pour le 9 juin (elle était initialement prévue en avril 2020) et fait connaître son intention de se présenter. Une candidature qui bénéficie du soutien de 600 délégués du parti majoritaire Nour-Otan, qui se sont réunis en congrès extraordinaire pour l’occasion, le désignant très clairement ainsi comme le dauphin du « père de la nation ».

    Vue d’Astana rebaptisée Nur Sultan, capitale du Kazakhstan. Sasha Mordovets/Getty Images

    Sept candidats pour une élection historique

    Pour se présenter à cette élection présidentielle, les candidats ont dû répondre à des exigences plus strictes que pour les élections précédentes, considérées jusqu’alors comme non libres par les observateurs occidentaux. En 2015, Noursoultan Nazarbaïev avait été réélu avec presque 98 % des voix. Cette année, les candidats ont dû prouver qu’ils parlaient le kazakh, qu’ils avaient au moins 5 ans d’expérience dans le service public et qu’ils ne souffraient pas des 107 maladies mentales et physiques listées par les autorités. Sept candidatures ont été retenues.

    Celle tout d’abord du principal favori, l’héritier du régime, le président par intérim Kassym-Jomart Tokaïev, qui a affirmé à plusieurs occasions qu’il poursuivrait la ligne politique de Noursoultan Nazarbaïev. Un diplomate de 65 ans dont le premier déplacement officiel début avril a été de se rendre à Moscou, pour assurer le président de Russie, Vladimir Poutine, de son intention de renforcer « l’amitié » entre les deux pays.

    Face à lui, six candidats, dont pour la première fois une femme. La députée Daniya Yespaïeva du parti démocrate libéral Ak Jol. Une économiste de 58 ans dont le programme est centré sur la lutte contre la corruption et la défense des aspirations des femmes kazakh.

    Les autres candidats sont, d’après le site Novostan, le député Jambyl Akhmetbekov, secrétaire du comité central du Parti communiste, l’un des trois partis représentés au parlement avec Ak Jol et Nour-Otan. Il était déjà candidat lors de l’élection présidentielle de 2011 où il avait obtenu 1,36 % des voix contre Noursoultan Nazarbaïev qui l’avait emporté avec 97,75 % des voix. L’ingénieur agronome Toleutaï Rakhimbekov du parti social–démocrate Aul, ancien préfet adjoint et conseiller d’un vice-ministre kazakh en 2009 qui propose le développement économique et social et la valorisation de la langue kazakh. Le journaliste Sadybek Tugel, actuel président de la fédération des sports équestres du mouvement républicain Uly Dala Qyrandary (« les aigles des grandes steppes ») dont le programme est inconnu. Et Amirjan Kossanov du mouvement Oult-Tagdyry, un journaliste de 54 ans qui a tout de suite attaqué Tokaïev estimant que le candidat de Nour-Otan avait derrière lui de « puissantes ressources administratives » pour évoquer des consignes de vote données aux salariés et fonctionnaires.

    Une campagne sous haute surveillance

    Les semaines, qui ont précédé l’élection présidentielle, ont été marquées par de nombreuses tentatives de contrôle de l’opposition. Début mai, une des plus grandes manifestations de ces dernières années a été suivie de nombreuses arrestations d’opposants appelant au boycott de l’élection. L'ONG Reporters Sans Frontières a dénoncé à cette occasion une censure massive d’internet par les autorités. L’accès à certains sites d’informations, comme la branche kazakh de Radio Free Europe (financée par Washington), est devenu impossible. Les habitants de la capitale (1,5 million de personnes) ont signalé que les services internet mobiles, comme Facebook, YouTube ou Télegram, ne fonctionnaient pas. Des réflexes de censure et de contrôle à l’image d’un régime qui après presque trente ans de pouvoir sans partage, ne semble toujours pas prêts à lâcher le pouvoir.

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