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    «Nous souhaitons que les autorités iraniennes se montrent transparentes dans ce dossier et agissent sans délai pour mettre fin à cette situation inacceptable», a déclaré Agnès Von Der Mühll, porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'un point de presse électronique ce mercredi après la révélation dans la presse de cette arrestation, survenue en juin dernier. Roland Marchal, chercheur à l'Institut d'études politiques, est un collègue de Fariba Adelkhah, une Franco-Iranienne directrice de recherche au centre de recherches internationales de Sciences Po à Paris. Tous deux devaient se retrouver en Iran et ont été arrêtés au printemps par les Gardiens de la révolution islamique, lesquels évoquent des soupçons d'espionnage.

    Asie-Pacifique

    L'Inde révoque l'autonomie constitutionnelle du Cachemire

    media Des membres des forces de sécurité indiennes montent la garde durant le couvre-feu à Jammu, dans le Cachemire, le 5 août 2019. REUTERS/Mukesh Gupta

    Le gouvernement indien a mis un terme à l'autonomie constitutionnelle du Cachemire, ce lundi 5 août. Une décision explosive pour cette région en proie à une insurrection séparatiste et très disputée avec le Pakistan qui a condamné la manoeuvre « illégale » de l'Inde.

    Les autorités nationalistes hindoues ont passé un décret présidentiel abolissant le statut spécial de l'État du Jammu-et-Cachemire, qui était garanti par la Constitution indienne. L'annonce en a été faite au Parlement par le ministre de l'Intérieur Amit Shah, au milieu d'un tumulte assourdissant venant des rangs de l'opposition.

    Le décret présidentiel « entre en vigueur immédiatement, et remplace aussitôt » les articles constitutionnels relatifs au Jammu-et-Cachemire, en particulier l'article 370, selon un texte diffusé par le gouvernement.

    Depuis 1949, le Cachemire, qui a rejoint l’Union indienne un an après les autres États à la suite d’une guerre indo-pakistanaise, avait un statut de très large autonomie, en raison de son écrasante majorité musulmane.

    Articles 370 et 35A

    L’article 370, incorporé à la Constitution, stipule que les lois votées par le parlement de New Delhi ne s’appliquent pas au Cachemire, en dehors des domaines de la défense, des affaires étrangères, des finances et des communications. Pour les autres secteurs, ces textes doivent être revotés par le Parlement du Cachemire.

    Un autre article, l’article 35A, réserve les emplois publics et le droit d'acheter des terres aux autochones, dont la définition est laissée à l'appréciation des autorités du Cachemire. Et même le code pénal est différent dans cette région.

    Risques d'insurrection

    Cette révocation est donc un véritable séisme, d’autant qu’elle intervient par un simple décret présidentiel alors qu'il s'agissait d'une disposition constitutionnelle. Pour beaucoup de partis indiens, ce statut d’exception est une anomalie. Et le gouvernement veut donc y mettre fin.

    Le Cachemire deviendra alors un territoire de l’Union, ce qui veut dire qu’il aura un parlement, mais que New Delhi aura un très large pouvoir de décision, explique notre correspondant Sébastien Farcis. Le Cachemire se verra également privé de la province du Ladakh.

    La majorité des formations du parlement central approuvent cette réforme, mais au Cachemire, cela sonne comme une trahison. Une frange de la population lutte depuis des décennies pour bénéficier d’une autonomie encore plus large, voire une indépendance. Cette décision pourrait donc raviver les flammes de l’insurrection.

    Tensions régionales

    Ces derniers jours, New Delhi a envoyé 35 000 soldats supplémentaires. Les dirigeants locaux ont été mis en état de résidence surveillée hier. Internet et le téléphone ont été coupés. On a demandé aux touristes qui se trouvaient au Cachemire d’évacuer le territoire. Le pèlerinage d’Amarnath a été annulé.

    Avec cette annonce, il y a un risque de déflagration régional. Le Cachemire est une source de tension permanente entre l’Inde et le Pakistan. Une partie du Cachemire est occupée par le Pakistan. De nombreux attentats en Inde sont commis par des mouvements autonomistes ou séparatistes cachemiris avec l’aide des services pakistanais. Et le Cachemire a été l’enjeu de quatre guerres depuis 1948 entre l’Inde et le Pakistan.

    Islamabad en alerte

    Côté pakistanais, les autorités appellent donc les habitants du Cachemire à la vigilance. Et ont annoncé qu'« en tant que partie prenant de ce conflit international, le Pakistan aura recourt à toutes les options possibles pour contrer ces actions illégales ».

    Dimanche déjà, une réunion du comité de sécurité nationale pakistanais était consacrée à la situation dans la région. Le Premier ministre Imran Khan a accusé l'Inde de « nouvelles actions agressives ». Le Pakistan accuse son voisin d’avoir utilisé des bombes à sous-munitions contre des civils.

    Aux abords de la ligne de contrôle qui sépare les deux pays, les habitants qui n’ont pas fui vers d’autres villages ont récemment fait installer des bunkers, des abris souterrains pour se protéger des bombardements et des échanges de tirs lors des fréquents heurts entre soldats de part et d’autre de la frontière.

    Dans ce contexte de tensions diplomatique, La situation au Cachemire indien fait la Une de la presse pakistanaise ce lundi avec en gros titre la révocation du statut spécial de la région. L’ONU a appelé les deux voisins à faire preuve de retenue, rappelle notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali.

    ♦ Les sources historiques du conflit

    Le conflit du Cachemire a son origine dans la partition de l’Empire britannique des Indes, en août 1947, entre l’Inde et le Pakistan. Situé entre les deux pays, le Cachemire va se retrouver divisé en deux parties : l’Azad Kashmir pakistanais et le Jammu-et-Cachemire rattaché à l’Union indienne suite à la guerre de 1947-1948. Deux autres guerres auront lieu en 1965 et en 1971.

    Les deux adversaires, qui sont devenues des puissances nucléaires en 1998, revendiquent chacun la souveraineté sur la totalité du territoire concerné. En dépit d’une normalisation des relations entre les deux pays, la question du Cachemire demeure l’objet d’un face-à-face périlleux eu égard aux nouveaux défis qui se posent : détention de l’arme nucléaire par les deux pays, extrémismes religieux, terrorisme.

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