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    Asie-Pacifique

    Le Pakistan accuse l’Inde d’appliquer une idéologie fanatique et raciste

    media Des partisans du parti politique religieux Jamaat-e-Islami (JI), ont crié des slogans anti-indiens lors d'une manifestation à Islamabad le 6 août 2019, un jour après que l'Inde eut privé la région controversée du Cachemire de son autonomie particulière. AAMIR QURESHI / AFP

    Des manifestations se sont déroulées ce mardi 6 août au Pakistan réunissant quelques dizaines de personnes dans certaines villes du pays. Les manifestants, parmi lesquels de nombreux résidents du Cachemire pakistanais, ont exprimé leur colère et leur inquiétude au lendemain de la décision de l’Inde de révoquer le statut autonome du Cachemire indien. Les deux pays voisins revendiquent chacun la souveraineté sur la totalité du territoire du Cachemire qu’ils se partagent depuis leur partition en 1947. Le Premier ministre Imran Khan s’est exprimé devant l’Assemblée, accusant l’Inde d’appliquer son idéologie extrémiste et raciste.

    Avec notre correspondante à Islamabad,  Sonia Ghezali

    « Un génocide au Cachemire indien. » C’est ce que dit craindre Imran Khan, le Premier ministre pakistanais. Face aux sénateurs et aux députés, son ton était particulièrement virulent. La session parlementaire extraordinaire avait été ajournée plus tôt dans la journée en raison de tensions au cœur de l’hémicycle.

    L’opposition accusait le PTI du Premier ministre de ne pas avoir de réaction assez forte après la décision de l’Inde de mettre fin au statut spécial du Cachemire. Le Premier ministre pakistanais a opté pour un ton agressif à la reprise de la session. Il a accusé le BJP, le parti de Narendra Modi, son homologue indien, d’avoir une idéologie fanatique et raciste. « Ils agissent contre leur Constitution, contre la Cour suprême et les résolutions des Nations unies », a-t-il scandé.

    « Deux puissances nucléaires voisines ne peuvent prendre de tels risques, nous devons résoudre nos problèmes par le dialogue, a-t-il cependant insisté. Car s’il y a une guerre, personne ne sera gagnant et les conséquences seront internationales. »

    Le Premier ministre entend se battre « devant toutes les instances, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU ». « La Cour pénale internationale sera également saisie », a-t-il affirmé. Imran Khan a par ailleurs annoncé la création d’un comité composé de 7 personnes, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères, dont la mission est de trouver des réponses diplomatiques à cette crise.

    Dans la classe politique, chacun condamne la décision de l’Inde et demande une réaction forte des autorités; réclamant aussi que l’ONU s’implique dans ce contentieux ainsi que la communauté internationale, attendant notamment que les États-Unis jouent le rôle de médiateur.

    Apres une réunion d’urgence mardi, les généraux de l’armée ont également affiché leur soutien aux Cachemiris. « Nous sommes prêts et nous ferons tout pour remplir nos obligations », a déclaré leur porte-parole.

    À lire aussi : Inde: la région du Cachemire indien en alerte


    Reportage auprès des manifestants à Islamabad

    « Que l’Inde nous rende notre liberté, que Modi nous rende notre liberté », scandent ces manifestants. Certains brandissent les drapeaux verts, blanc et orange du territoire que se disputent l’Inde et le Pakistan. D’autres tiennent des banderoles sur lesquelles on peut lire « Cachemire Libre » ou encore « Je suis Cachemirien et je déciderai de mon avenir ».

    « Nous sommes ici pour protester contre l’occupation illégale de l’Inde, dit Shafiq Ahmad. Nous voulons que notre droit à l’auto-détermination soit respecté afin que nous puissions décider de notre avenir nous-même. »

    Ce représentant de l’Assemblée des jeunes du Cachemire a fait 5 heures de route depuis son village dans le Cachemire pakistanais pour participer à ce rassemblement avec un message à transmettre : « Nous voulons que les Nations unies interviennent pour qu’un plébiscite ou un référendum soit organisé dans les deux parties du Cachemire pour que les Cachemiriens fassent leur propre choix. » Shafiq Ahmad milite pour un Cachemire réunifié et indépendant

    Sadra s’insère dans le cortège avec ses enfants et ses neveux. Elle n’est pas originaire du Cachemire, mais soutient le mouvement. Les autorités pakistanaises ne sont pas assez fermes, selon elle : « Ils doivent contraindre l’Inde et lui faire entendre que ce n’est pas juste qu’ils contrôlent qui que ce soit en ayant recours à la force. Si ces gens veulent être avec vous, vous n’avez pas besoin d’utiliser la contrainte, donc si vous avez besoin de ça pour contrôler le Cachemire alors quittez le Cachemire. »

    Continuer à se faire entendre, c’est l’intention de certains de ces manifestants qui ont prévu de poursuivre les protestations dans les prochains jours.

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