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    Asie-Pacifique

    Hong Kong: protestation contre les violences à l'aéroport et dans les hôpitaux

    media Les manifestants pro-démocratie obstruent les allées menant aux zones d'embarquement des deux terminaux avec des chariots à l'aéroport international de Hong Kong, le 13 août 2019. REUTERS/Issei Kato

    Les manifestants pro-démocratie ont bloqué mardi les passagers en partance à plusieurs endroits de l'aéroport de Hong Kong, pour protester une nouvelle fois contre les violences policières au lendemain de l'annulation de centaines de vols à la suite de leur mobilisation. Face à cette nouvelle mobilisation, l'aéroport de Hong Kong a suspendu ses départs pour tous ses vols.

    Les contestataires ont obstrué les allées menant aux zones d'embarquement des deux terminaux, mais des dizaines de passagers sont néanmoins parvenus à passer. « Je soutiens votre cause [...] mais je dois aller voir ma famille », criait un homme entouré de manifestants vêtus de noir, la couleur emblématique du mouvement, qui l'empêchaient d'atteindre les contrôles de sécurité menant à la zone internationale. Les autorités aéroportuaires de Hong Kong ont donc suspendu toutes les procédures d'enregistrement puis les vols au départ de l'aéroport international.

    Deuxième blocage en deux jours

    Ces derniers ont utilisé des chariots à bagages pour bloquer l'accès d'un ascenseur et d'un escalator descendant à la zone des contrôles de sécurité. Ils ont ensuite formé une chaîne humaine, en se tenant par les coudes pour empêcher les passagers de passer.

    ►À lire aussi : Manifestations à Hong Kong : encore des vols annulés à l'aéroport

    En deux jours, c'est la deuxième fois que les manifestants pro-démocratie bloquent les terminaux. Ce qui était à l’origine un sit-in de trois jours (vendredi samedi dimanche) pour informer de la situation à Hong Kong s’est transformé lundi 12 août en une marée humaine de protestataire contre les violences policières.

    Mobilisation au Queen Elisabeth Hospital

    Le personnel du Queen Elisabeth Hospital a lui aussi organisé un sit-in, dans l’entrée de l’établissement. Des dizaines de médecins, d’infirmiers, d’infirmières en uniforme montrant chacun une pancarte rouge, avec écrit en caractères blancs, en cantonnais et en anglais : « Tentative de la police de tuer les citoyens hongkongais ». Ne pouvant pas faire grève, chacun d'entre eux est venu après leur travail ou durant leurs congés. « Je travaillais de nuit, et après ma garde je suis venu ici - c’est la même chose pour les autres, certains c’était leur jour de congé. La police tire directement dans la tête des gens, nous ne pouvons pas accepter ça… » raconte Wendy, infirmière à l'hôpital. Selon les réseaux d’information des manifestants, 12 hôpitaux publics ont participé à ce mouvement.

    Le personnel du Queen Elisabeth Hospital se mobilise aussi face aux violences à l'encontre des manifestants en organisant un sit-in même s'ils ne sont pas en grève ce mardi 13 août à Hong Kong. RFI/Christophe Paget

    Wong Lok Yu, un des médecins rencontré par notre envoyé spécial Christophe Paget, est préoccupé par ces violences : « En tant que professionnels, nous nous sentons très concernés par la santé des Hongkongais. Il y a eu un accroissement de la violence de la part des forces de police, parfois c’est de la brutalité. De plus en plus de personnes sont blessées, de plus en plus gravement. » Cette brutalité dont parle le médecin est en très grande augmentation depuis le début des manifestations. Elle a culminé dimanche 11 août avec la blessure à l’œil d’une jeune fille. Elle aurait reçu un projectile tiré par les forces de police.

    Wong Lok Yu, médecin 13/08/2019 - par Christophe Paget Écouter

    De fait, le personnel des hôpitaux voit des blessures de plus en plus sévères infligées aux manifestants mais aussi à de simples passants : « Beaucoup de manifestants, ou juste des passants, souffrent de traumatismes crâniens, d’os fracturés. Il y a beaucoup de cas où la police ne tire pas les lacrymogènes en hauteur, et ils frappent directement les gens, parfois dans la tête d’où de sévères traumatismes crâniens. À cause du gaz, les gens toussent longtemps, ont des diarrhées, des problèmes de peau, dans quelques cas ils ont de l’asthme, ils toussent du sang. »

    Et ce médecin urgentiste se désole que depuis la mi-juin, de moins en moins de personnes blessées lors de manifestations viennent à l’hôpital de peur d’être arrêté par la police. « Le 12 juin, ceux qui sont venus après avoir été blessés par la police ont été arrêtés, et certains ont été inculpés d’émeute, précise le médecin. Depuis, ils n’osent plus venir à l’hôpital public, et c’est déchirant. »

    Chuck Ling est infirmier. Il participe au sit-in et comme beaucoup ici manifeste dans les rues. « Quel que soit votre métier, il faut rester professionnel. La police ne remplit pas son devoir : protéger les gens. Je sais qu’il y a des manifestants violents, et que la situation peut être incontrôlable, mais la police doit toujours respecter les droits humains. Le problème, c’est que le gouvernement n’essaie pas de trouver de solution. Il utilise juste la police pour nous oppresser, oppresser tous ceux qui sont contre lui. »

    Selon les réseaux d’information des manifestants, 12 hôpitaux publics ont participé au mouvement. Wong Lok Yu, le médecin urgentiste conclut avec ces mots : « On va vers une crise humanitaire , et il ne faudra pas longtemps avant que quelqu’un soit tué », tout en encourageant la cheffe de l'exécutif à agir pour faire cesser ces violences policières, « à Hong Kong une seule personne peut le faire : Carrie Lam ».

    Une organisation de défense des droits humains, Human Rights Monitor, a organisé une conférence de presse pour demander des comptes au gouvernement et à la police. « Malheureusement, les manifestations qui avaient commencé en opposition au projet de loi sur l’extradition se sont vite transformées en manifestations contre les abus de pouvoir de la police, parce qu’elles sont tellement visibles. J’aimerais vraiment inviter la cheffe de l’exécutif Carrie Lam à s’habiller en manifestante et aller défiler, pour qu’elle voit si elle se sent en sécurité, si elle a l’impression que la police de Hong Kong est vraiment la police professionnelle qu’elle continue à décrire, parce que ce n’est vraiment pas le cas.
    Depuis le 12 juin, les policiers dissimulent leurs numéros d’identification. Ils essaient d’éviter d’être poursuivis lorsqu’ils violent la loi et les codes de conduite de la police
     », a déclaré la porte-parole Claudia Yip.

    Avant de poursuivre par l'exposition des demandes de l'ONG : « Nous demandons que la discipline soit restaurée dans la police. Nous demandons aussi une commission indépendante d’enquête, formée de juges locaux ou avec l’aide d’experts internationaux. Et il faut qu’il y ait enfin un mécanisme fonctionnel de plainte contre les policiers, pour qu’ils soient responsables de leurs actes. Enfin, nous demandons au gouvernement d’arrêter de soutenir aveuglément la police lorsqu’elle commet toutes ces fautes. Nous lui demandons d’enfin écouter le peuple de Hongkong et de répondre à ces demandes. Ne devenez pas un gouvernement autoritaire. »

    Claudia Yip, porte-parole de l'ONG Human Rights Monitor, à Hong Kong. Christophe Paget/RFI

    Carrie Lam valide encore l'action policière

    Carrie Lam lors d’une conférence de presse ce matin a de nouveau validé l’action de la police hongkongaise. Une police qui pourtant ne protège plus et s’allie aux triades selon une association de défense des droits humains de Hong Kong qui tenait une conférence de presse durant l'après-midi du 13 août. Sa porte-parole affirme que les policiers cachent leur numéro d’identification pour éviter d’être poursuivis lorsqu’ils utilisent une force excessive ou dissimulent des preuves sur les protestataires.

    ►À lire aussi : Hong Kong : ces tactiques développées par les manifestants pour contrer la police

    Une avocate qui s’occupe de manifestants arrêtés explique que l'on les empêchait de toutes les manières de défendre leurs clients, parlant d’une véritable haine envers les manifestants. Le message étant : arrêtez de manifester, nous pouvons faire ce que nous voulons.

    Michelle Bachelet monte au créneau

    Préoccupée par la répression des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, a condamné ce mardi toute forme de violence et réclamé une enquête impartiale sur le comportement des forces de l'ordre. Michelle Bachelet a également souligné que son bureau disposait de preuves crédibles que des agents de la police hongkongaise avait fait usage de leurs armes d'une manière interdite par les normes internationales.

    Rupert Colville, le porte-parole du Haut-commissariat des droits de l'homme, s'est exprimé en son nom lors d'une conférence de presse ce mardi à Genève sur ces preuves : « Des agents ont effectués des tirs de grenades lacrymogènes dans des zones peuplées et confinées, à plusieurs reprises, directement sur des manifestants, avec le risque considérable de tuer ou de blesser gravement. Nous demandons expressément aux autorités de Hong Kong d'enquêter immédiatement sur ces incidents, de s'assurer que les forces de l'ordre se conforment aux règles, et d'agir avec retenue afin que les droits de ceux qui expriment leurs opnions pacifiquement soient respectés et protégés. »

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