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    Asie-Pacifique

    Cachemire: une journée noire au Pakistan

    media Des drapeaux du Pakistan et du Cachemire brandis en signe de solidarité avec le Cachemire, le jour de la célébration de l'indépendance du Pakistan, le 14 août 2019. REUTERS/Akhtar Soomro

    C'est une journée noire décrétée par le Pakistan en soutien au Cachemire. Le ton ne cesse de monter depuis le 5 août dernier, jour de la révocation par l’Inde du statut spécial autonome de la partie du Cachemire qu’il administre. Reportage.

     

    Avec notre envoyée spéciale à Lahore,  Sonia Ghezali

    Brandi à bout de bras, planté au sol, accroché aux portières des voitures ou à l’arrière des motos, au carrefour Liberty de Lahore chacun exhibe son drapeau vert et blanc du Pakistan.

    Dans les coffres des voitures, des sonos bricolées diffusent des chants nationalistes à plein volume.

    « Nous sommes ici pour soutenir l’indépendance du Cachemire et pour célébrer notre indépendance », lance Assed Muhamad Muzar.

    À lire aussi : La fin du statut spécial du Cachemire est le dernier acte d’un long processus

    Sur la route, un camion aménagé en char de parade aux couleurs du drapeau du Cachemire, jaune à bandes blanches et vertes. Abdulrahmane, 11 ans, s’en est fait une cape sous les yeux amusés de sa mère. « Ce drapeau est aussi important que celui du Pakistan », fait remarquer Faiza.

    Cette Pendjabi est venue en famille participer à cette fête nationale en soutien au Cachemire. « Les Cachmiriens veulent leur indépendance ou appartenir au Pakistan. Tout le monde veut son indépendance, tout le monde a besoin d’indépendance, c’est un droit essentiel, nous célébrons notre indépendance aujourd’hui et nous soutenons la volonté des Cachemiriens », affirme Faiza. « Nous ne lâcherons pas le Cachemire », ajoute-t-elle.

    Lahore est la capitale du Pendjab, qui est la province la plus peuplée du pays. C’est aussi le fief de La Ligue musulmane du Pakistan, qui est le parti politique dirigé par le clan familial des Sharif, qui constitue une partie de l’opposition au Premier ministre Imran Khan.

    À lire aussi : Inde: un rapport de défenseurs des droits humains dénonce «le Cachemire en cage»

    Le Pakistan essaie d’approcher le Conseil de sécurité de l'ONU

    Le ton est de plus en plus belliqueux dans les déclarations d’Imran Khan. « Notre armée est aguerrie, le peuple se tient à ses côtés », a-t-il déclaré mercredi. « Le Pakistan répondra à toute agression indienne », a ajouté le Premier ministre Imran Khan lors d’une allocution à Muzaffarabad, la capitale de l’Azad-Cachemire administrée par le Pakistan. Mais les autorités pakistanaises donnent sans aucun conteste la priorité au dialogue.

    « Nous faisons face à une idéologie dangereuse de Modi, le Premier ministre indien, a aussi dit Imran Khan. Cette idéologie, basée sur la haine des musulmans, s'inspire de l'idéologie d'Hitler. » Des propos qu’il ne cesse de tenir depuis quelques jours.

    « Le Pakistan essaie d’approcher le Conseil de sécurité, il essaie de gagner des soutiens diplomatiques de pays européens, des États-Unis pour qu’il y ait une pression diplomatique sur l’Inde pour que le problème soit réglé », analyse Hasan Askari Rizvi, politologue et analyste militaire pakistanais.

    Le ministre des Affaires étrangères pakistanais s’est récemment rendu en Chine. Il s’est aussi entretenu par téléphone avec la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Mais ces échanges diplomatiques n’ont pas d’impact sur la réalité du terrain, sur la ligne de contrôle qui sépare l’Inde du Pakistan sur le territoire du Cachemire.

    Une guerre entre le Pakistan et l’Inde est-elle envisageable ?

    « La possibilité d’un conflit armé entre le Pakistan et l’Inde n’est pas à écarter, parce que chaque 3-4 jours il y a des incidents sur la ligne de contrôle au Cachemire entre les soldats indiens et pakistanais et ça peut s’aggraver. Et le danger est l’intensification de ces incidents », estime Hasan Askari Rizvi.

    Si l’escalade militaire est à craindre, dit Hasan Askari Rizvi, une guerre est peu probable au regard de la crise économique et des capacités militaires du pays face à l’Inde. Malgré les 26% du budget qui sont consacrés à son armée par le Pakistan, les forces de sécurité pakistanaises par leur nombre, par leurs équipements ne tiendraient pas longtemps face à la puissante armée indienne.

    Aucune de ces deux puissances nucléaires ne songeraient à s’engager dans un conflit armé qui risquerait de tourner au drame international, selon plusieurs observateurs.


    Journée noire au Pakistan

    En ce jeudi 15 août, jour de fête nationale en Inde qui célèbre l’anniversaire de son indépendance, le Pakistan, lui, a déclaré une journée noire en soutien au peuple du Cachemire. Plusieurs manifestations sont prévues à travers le Pakistan.

    Derrière les rassemblements, il y a la société civile mais il y aussi les partis politiques, les organisations de défenses des Cachemiriens qui sont très actives. Mushaal Hussein Mullick est une figure phare du mouvement séparatiste cachemirien. Elle sera en tête de cortège des militants cachemiriens dans la manifestation. Son époux est Yasin Malik, le chef du Front de libération du Jammu-Cachemire. Cela fait plusieurs mois qu’il est emprisonné en Inde.

    « Selon tous les droits de l’homme universels, chaque être humain a le droit à la dignité et à la liberté. Nous ne sommes pas une partie de l’Inde, le plébiscite n’a pas été réalisé. Nous ne demandons qu’une chose, c’est que cela se produise. Je suis très inquiète par rapport au fait que sur tous les plans, nous avons été réduits au silence politique », explique la militante.

    Mushaal Hussein Mullick appelle la communauté internationale à l’aide : « Je voudrais que des soldats de l’ONU ou que la communauté internationale envoie de l’aide là-bas parce que l’Inde n’autorise pas les envois d’aide. Il n’y a aucun moyen de les atteindre. Je suggère que les parachutistes puissent larguer des aides. Ce couvre-feu va durer parce que les gens vont résister. Ils sont en train de résister, partout. » Le Cachemire ne sera jamais indien, clame la jeune femme de 32 ans.

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