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    Asie-Pacifique

    Birmanie: deux ans après, retour sur les dates clés de la crise des Rohingyas

    media Près de 200 000 Rohingyas ont manifesté dans le camp de Kutupalong au Bangladesh pour commémorer le deuxième anniversaire de la crise des Rohingyas ce 25 août. REUTERS/Rafiqur Rahman

    Il y a deux ans débutait en Birmanie « la crise des Rohingyas ». Persécutée depuis de nombreuses années, cette minorité musulmane du nord du pays a alors vu la répression s’intensifier et plusieurs milliers de ses membres ont été contraints à l’exil au Bangladesh. Deux ans après, la situation des Rohingyas reste très précaire, RFI revient sur les dates clés de cette crise.

    Persécutés depuis des dizaines d’années par le gouvernement birman, la situation des Rohingyas est très longtemps restée dans l’ombre. Mais les exactions subies par cette minorité musulmane, à laquelle Naypyidaw refuse la nationalité birmane va éclater au grand jour et faire la Une de l’actualité internationale lorsque des rebelles rohingyas vont s’en prendre à l’armée birmane. La réplique de la junte sera sans pitié, contraignant des milliers de Rohingyas à fuir l’État d'Arakan pour trouver refuge en Birmanie.

    • 25 août 2017 : des rebelles rohingyas attaquent l’armée

    Le 25 août 2017, la jeune rébellion rohingyas, active depuis l’année 2016, s’en prend à des postes de police dans l’ouest de la Birmanie. Une trentaine d’attaques sont lancées et au moins douze policiers sont tués. Cet événement va faire basculer la situation dans l’État d'Arakan. La junte birmane décide de riposter en menant ce qu’elle considère être des « opérations anti-terroristes ». L’armée mène des raids dans des villages rohingyas. Des témoins évoquent alors des tirs d’obus et de mitrailleuse sur des civils fuyant vers le Bangladesh. L’armée dit alors avoir tué 400 rebelles mais selon les opposants au régime il s’agirait pour la plupart de civils. De son côté, l’ONU parle d’au moins 1 000 morts lors des deux semaines de répression qui ont suivi les attaques de la rébellion rohingya.

    • 5 septembre 2017 : le début de l’exode massif

    Pour fuir les exactions de l’armée birmane, le 5 septembre, plus de 120 000 réfugiés entrent au Bangladesh et découvrent des camps de réfugiés surpeuplés. Au moins 300 000 Rohingyas s'y trouvaient déjà à la suite de violences antérieures. Au total, 740 000 Rohingyas sont contraints à l’exil.

    • 19 septembre 2017 : Aung San Suu Kyi sort du silence

    Le 19 septembre, dans un discours en anglais destiné à l'étranger, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis 2016, se dit ouverte à un retour de Rohingyas, selon des critères ambigus. Elle affirme que la Birmanie est prête à organiser le rapatriement de 410 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh tout en mettant en doute les persécutions dont la minorité est victime. Cela n'apaise pas les critiques de la communauté internationale, qui dénonce sa position floue sur les membres de cette minorité musulmane.

    Aung San Suu Kyi le 17 juillet 2019. AFP/Thet Aung

    Selon certains observateurs, Aung San Suu Kyi aurait toutefois une marge de manœuvre assez limitée sur la question des Rohingyas face à l'influence des militaires de la junte qui occupent toujours des postes clés au sein du gouvernement birman. L’image du prix Nobel de la Paix 1992, icône de la lutte pour la démocratie est très largement écornée. Plusieurs institutions décident même de lui retirer des distinctions qui lui avaient été attribuées. En septembre 2017, le Sud-africain Desmond Tutu lui aussi prix Nobel de la Paix en 1984, lui avait notamment écrit dans une lettre ouverte : « Si le prix politique à payer pour votre accession à la plus haute charge publique du Myanmar est votre silence, alors ce prix est certainement trop élevé ». En novembre, Aung San Suu Kyi se rend finalement sur la zone du conflit.

    • 23 novembre 2017 : accord pour un retour de Rohingyas

    Le 23 novembre un accord aux contours très flous est signé entre la Birmanie et le Bangladesh pour permettre le retour « dans les deux mois » des réfugiés, sans citer les Rohingyas. Le gouvernement birman refuse en effet d’employer ce terme que la minorité utilise pour se désigner elle-même et les désigner par le terme « Bengalis ». Au lendemain de la signature de l’accord, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) estime que les conditions pour un retour « sécurisé et durable »  ne sont pas réunies. Le texte reste donc au point mort et les réfugiés rohingyas restent bloqués au Bangladesh.

    • 5 décembre 2017 : l’ONU parle de génocide pour la première fois

     Le 5 décembre, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme évoque des « éléments de génocide » contre les Rohingyas et réclame une enquête internationale. Il indique le 6 mars 2018 que le nettoyage ethnique des Rohingyas « se poursuit », avec une campagne de « terreur et de famine organisée » pour les faire fuir. Le 27 août 2018, des enquêteurs de l'ONU demandent que la justice internationale poursuive le chef de l'armée birmane Min Aung Hlaing et cinq autres hauts gradés pour « génocide », « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre ».

    • 3 septembre 2018 : deux journalistes de Reuters condamnés

    Le 3 septembre 2018, deux reporters birmans de Reuters sont condamnés à 7 ans de prison pour « atteinte au secret d'État ». Ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas au cours d’une opération de l’armée dans l’ouest de la Birmanie un an plus tôt. Aung San Suu Kyi défendra leur condamnation estimant que la Birmanie étant un État de droit, ils peuvent faire appel s’ils le souhaitent. Sous la pression internationale, les deux journalistes seront finalement libérés le 7 mai 2019 après plus de 500 jours de détention.

    Les deux journalistes birmans de Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo escortés par la police après une comparution au tribunal de Rangoon, le 20 août 2018. REUTERS/Ann Wang
    • 16 juillet 2019 : sanctions américaines contre l’armée birmane

    Il s’agit de mesures symboliques mais elles visent à montrer que la communauté internationale continue de faire pression sur la Birmanie alors que la crise s’enlise. Le 16 juillet 2019, les États-Unis interdisent au commandant en chef Min Aung Hlaing, à son numéro deux Soe Win et à deux autres généraux birmans de se rendre sur le territoire américain. En septembre 2018, des enquêteurs de l’ONU avaient déjà demandé que l’armée birmane soit exclue de la vie politique en exhortant au limogeage des officiers de haut rang impliqués dans le « génocide ».

    • 22 août 2019 : le rapatriement de 3 500 Rohingyas échoue

    Le gouvernement birman autorise 3 500 Rohingyas à rentrer en Birmanie. L’ONU, qui veut éviter tout retour forcé, assure qu’il ne s’agit que de rapatriements sur la base du volontariat. Aucun des 3 500 candidats au retour ne s’est pourtant présenté et ce rapatriement s’avère être un échec. Une première tentative avait déjà échoué en novembre 2017. La plupart des Rohingyas refusent de rentrer tant qu’ils n’auront de garanties quant à leur sécurité et que la nationalité birmane ne leur sera pas accordée. La Birmanie refuse toujours de les reconnaître comme des citoyens à part entière et beaucoup de Rohingyas craignent d’être envoyés dans des camps d’internement ou que les persécutions à leur rencontre ne reprennent en cas de retour en Birmanie.

    Ce dimanche 25 août 2019, près de 200 000 Rohingyas ont défilé pacifiquement dans un camp de réfugiés du Bangladesh pour commémorer les deux ans du début de la crise. Ils sont toujours plus de 740 000 apatrides à être coincés au Bangladesh.

    À écouter aussi: Reportage International - La crise des Rohingyas a deux ans

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