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    Asie-Pacifique

    Afghanistan: les négociations entre Américains et talibans au point mort

    media Un soldat américain contrôle un véhicule à Kaboul après l'attentat de jeudi 5 septembre 2019. REUTERS/Omar Sobhani

    Après dix mois de négociations entre les Américains et les talibans, alors que les deux parties disaient être parvenues à un accord de principe, Donald Trump a créé la surprise en mettant fin aux discussions avec les talibans. Le président américain a mis en cause l’attaque de jeudi dernier à Kaboul qui a coûté la vie à au moins 10 personnes dont un soldat américain. S’agit-il d’une stratégie diplomatique ? Est-ce la fin des pourparlers de paix ? Quelles conséquences aura cette décision ?

    De notre correspondante à Kaboul,

    C’est une décision inattendue du président américain. Donald Trump s’est expliqué dans un tweet en mentionnant l’attaque suicide de jeudi dernier à un carrefour très fréquenté de la capitale afghane où se trouve l’entrée du siège des services de renseignement afghans. Il y a eu au moins dix morts dont deux soldats, un Roumain et un Américain.

    Est-ce que cette attaque, comme le dit Donald Trump, est à l’origine de sa décision de suspendre les négociations ? Pas un seul analyste ne le pense. Les véritables raisons de cette décision seraient les dissensions internes au sein de son administration au sujet du contenu même de l’accord de principe qui a été rédigé à Doha après près d’une année de discussion.

    Les talibans pour lutter contre les terroristes

    Les termes de cet accord ne sont pas très clairs. Tout ce que l’on sait c’est que les États-Unis s’engageaient à retirer 5 400 soldats sur les 14 000 déployés en Afghanistan. En échange, les talibans garantissaient qu’ils lutteraient contre les groupes terroristes.

    Donald Trump aurait fini par céder aux pressions internes. C’est ce que pensent de nombreux analystes même si la personnalité du président américain ne permet pas de faire des analyses très précises. La diplomatie sur coup de tête est sa spécialité, on l’a vu lors de ses échanges avec le Nord-Coréen Kim Jong-un. Il avait annulé leur tête à tête à la dernière minute avant de le rencontrer finalement trois jours plus tard.

    Ce n’est donc pas improbable que les négociations reprennent. Les deux parties d’ailleurs lancent le même message.

    Les talibans ont réagi en disant qu’ils étaient en faveur des pourparlers avec les Américains et qu’ils étaient persuadés que ces derniers reviendraient à la table des négociations. Même s’ils disent aussi que ceux qui payeront le prix fort de cette annulation seront les États-Unis.

    Plus de violences pour mettre plus de pression ?

    Le secrétaire d’État américain a fait savoir également que les États-Unis étaient en faveur du dialogue à condition que les talibans changent de comportement, c’est à dire qu’ils cessent leur violence.

    Des violences qui n’ont jamais cessé depuis que les pourparlers ont commencé à l’automne dernier. Elles se sont même intensifiées. Certains y voient une stratégie des talibans pour mettre plus de pression sur les Américains.

    Pour certains observateurs, l’erreur fatale de ces négociations est que l’arrêt des violences n’a pas été posé comme condition sine qua none avant toute discussion.

    D’autre part, le gouvernement afghan, qui est exclu de ces discussions à Doha, a exprimé son soulagement en rappelant que la priorité était le scrutin présidentiel du 28 septembre prochain. Un scrutin qui, s’il se tient, se fera dans un contexte sécuritaire fortement dégradé. Car les violences vont certainement s’aggraver. Les talibans sont contre le gouvernement afghan et les élections.

    Tout le monde craint de multiples attaques ciblées contre les bureaux de vote, et les rassemblements politiques dans le cadre de la campagne.

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