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    Asie-Pacifique

    Comment Bangalore est devenue la capitale de la bière en Asie

    media Indiens, Américains et Allemands trinquent à leurs affaires dans la bière. RFI/Côme Bastin

    En cinq ans, soixante brasseries démesurées ont fait de la ville le paradis des amateurs d’India Pale Ale et autres mousses artisanales. Des maîtres brasseurs du monde entier affluent dans la capitale technologique indienne.

    De notre correspondant à Bangalore,

    Assis sur une des 2 500 chaises de son établissement, Martin Bernard présente sa cuvée. « Ici, une blanche de Belgique avec de l’orange et de la coriandre. Ici, une bière brassée avec du malt fumé à la tourbe. Ici, un cidre qu’on a fait avec un jus concentré car les pommes poussent au Cachemire et qu’en ce moment il est compliqué de s’en procurer ! » L’homme est Canadien, mais nous ne sommes ni à Montréal, ni même à Bruxelles, mais à Bangalore. Il est responsable des fûts de Big Brewsky, une « micro » brasserie de deux hectares qui, comme beaucoup ici, a la folie des grandeurs.

    Il y a quelques années on n’y trouvait que de la Kingfisher, la célèbre mais quelque peu insipide bière nationale indienne. Mais Bangalore connaît aujourd’hui une révolution de la brasserie qui n’a d’équivalent nulle part dans le monde. Plus de soixante bars gigantesques y fabriquent et distribuent leurs propres pressions et rivalisent de recettes et décors extravagants. « On a installé une cascade avec un grand bassin d’eau, des nénuphars, une enceinte en briques industrielles, décrit Martin. Ici, tout est faux, mais tout est vrai ! »

    Eldorado du houblon

    Martin fait partie de la nouvelle génération d’entrepreneurs venus du monde entier pour cet eldorado du houblon. Parmi eux, on trouve Benedikt Scholl, un Munichois qui s’occupe des cuvées de 46 Ounces, brasserie née d’une joint-venture entre Indiens, Allemands et Américains. Ici, tout a été pensé pour rappeler les célèbres Biergarten de la capitale bavaroise. « Nous sommes le plus grand jardin à bière de la ville, affirme Benedikt. Il y a de larges tables en bois où se poser, un lac, des guirlandes… La seule différence avec Munich, c’est que l’on peut rester ouvert l’hiver et qu’il y a des palmiers ! » Mais aussi que le gazon est en plastique…

    Big Brewsky, la plus grande des brasseries indiennes. RFI/Côme Bastin

    Côté boisson et nourriture, 46 Ounces joue aussi la carte de l’Allemagne.« Nous proposons de la Hefeweizen, une blanche typique de l’Oktoberfest de Munich, détaille Bénédikt. Selon les semaines, nous servons aussi du SauerBraten, un bœuf aigre-doux, des escalopes viennoises ou des saucisses. » Cette brasserie germanique n’a pas poussé là par hasard. Elle est installée au cœur d’Electronic City, un des quartiers d’affaires et de technologie de la ville. « On trouve ici d’importantes entreprises allemandes comme Siemens, et cela nous amène de la clientèle », explique Benedikt.

    Bangalore, la Silicon Valley indienne, concentre une population d’Indiens et expatriés ayant vécu dans le monde entier, à l’origine de la soif que la ville s’est trouvée pour la bière artisanale. Alors qu’il termine le 6 à Munich, l’Oktoberfest dure ici tout le mois d’octobre. Sous la mousson tardive, Narayan Manepalli, fondateur de la brasserie Geist, organise justement une soirée inspirée des nuits bavaroises. Son parcours est représentatif de cette nouvelle génération cosmopolite d’amateurs de mousse. « J’ai travaillé longtemps aux États-Unis, donc lorsque je suis rentré en Inde, j’ai voulu donner accès à mes concitoyens à des bières de qualité. » Lancée en 2013, Geist distribue aujourd’hui 40 000 litres de bière par mois, dont la fameuse KamaCitra.

    « India » Pale Ale

    Mais d’autres raisons expliquent la démesure du phénomène. Après avoir été consultant en bière en Belgique, André Leblanc propose son expertise en Inde depuis 2013. Depuis le rooftop de la brasserie Yellow Submarine, conçue en hommage aux Beatles, il retrace la généalogie de la bière à Bangalore. « Les Anglais avaient placé beaucoup de garnisons dans cette ville et l’India Pale Ale (IPA), qui est tant à la mode aujourd’hui, a été inventée pour eux. Il s’agissait d’une recette spéciale, pour que la boisson résiste à la longue traversée en bateau depuis Londres. »

    Au-delà du lien avec le passé colonial de la ville, des contraintes législatives sont à l’origine du boom des brasseries. « L’importation d’alcool étranger ou même d’un État indien à l’autre est très lourdement taxée, explique André Leblanc. Il est donc plus économique pour un bar de fabriquer sa mousse lui-même. » Or, la législation de l’État de Bangalore, le Karnataka, impose une superficie minimum de 1 000 mètres pour tout établissement souhaitant obtenir une licence de brasseur. Ce qui explique la taille démesurée des établissements de la ville – dont certains brasseraient autant d'argent noir que de houblon, murmure un expert sous couvert d’anonymat. Selon les études, le marché de la bière en Inde devrait connaître une croissance de 8 à 10% par an.

    Au cœur de Bangalore, on trouve le luxueux gratte-ciel « Kingfisher ». Fondateur milliardaire de la bière éponyme, Vijay Mallya a fait construire une réplique de la Maison Blanche sur son toit… mais a dû s’exiler suite à des ennuis avec l’administration fiscale. Alors que dix nouvelles brasseries géantes sont en cours de construction dans la ville, la demeure du père de la bière nationale indienne est aujourd’hui vide. À 130 mètres de hauteur, ce palais kitsch continue à flotter comme un symbole désuet à l’heure de la révolution du houblon qui saisit Bangalore.

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