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    Asie-Pacifique

    De nombreuses évacuations à l'université polytechnique de Hong Kong

    media Des contestataires sortent de l'Université polytechnique de Hong Kong pour se rendre à la police le 19 novembre 2019. REUTERS/Thomas Peter

    Une dizaine d’étudiants radicaux étaient toujours encerclés par la police dans l’université polytechnique de Hong Kong, ce mardi 19 novembre dans la matinée. C’est la troisième nuit qu’ils passent assiégés à l’intérieur.

    Depuis ce week-end, la « PolyU » (surnom de l’université polytechnique de Hong Kong) est devenue le symbole de l’affrontement entre la police et les contestataires. La situation continue d’y être relativement confuse, explique notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Le campus est toujours encerclé par des dizaines de camions de police. Plusieurs canons à eau font face et bloquent toutes les entrées de l’université.

    Dans le réfectoire de l’université, se trouvent encore plusieurs dizaines d'étudiants et de protestataires, rapporte notre envoyé spécial, Stéphane Lagarde. Il est difficile d’en savoir le nombre alors que de nombreux contestataires sortent au compte-gouttes. Ces étudiants ont des visages amaigris et parfois montrent des signes de peur. Ils craignent d’être arrêtés. Ils sont d’ailleurs tout de suite interpellés au check-point devant l’université, au barrage.

    Contrairement à certains témoignages reçus par RFI, il y a eu toujours suffisamment de vivres à l'intérieur. Les étudiants avaient reçu de nombreux soutiens, beaucoup de dons, notamment en nourriture durant ces trois jours de siège. Trois c’est court et en même temps c’est terriblement épuisant sur le plan psychologique, nous ont confié ces jeunes.

    Il y avait une très grande tension qui régnait ce mardi matin et cette nuit dans l’université, notamment entre les plus radicaux d’entre eux et les étudiants plus modérés. Certains sont venus simplement apporter leur aide, ont fait de la cuisine, ont apporté des vivres dans cette université et se sont retrouvés coincés depuis dimanche 17 novembre.

    Stigmates des affrontements

    Les abords de l’université portent les stigmates de l’extrême violence qui s’est produite devant l’établissement. C’est un véritable champ de bataille que nous avons découvert en arrivant.

    Suite à l'occupation de l'université polytechnique de Hong Kong, de nombreux dégats ont été constatés. RFI/Stéphane Lagarde

    Pendant cinq heures, dans la nuit de dimanche à lundi, les protestataires et policiers se sont affrontés. Canons à eau et tirs de gaz lacrymogène contre cocktails Molotov, la bataille qui a eu lieu ici a défiguré littéralement le porche d’entrée du bâtiment, incendié par les protestataires.

    « Je ne reconnais pas mon université », nous disait il y a quelques minutes un professeur venu ici avec d’autres de ses collègues pour essayer de convaincre les derniers irréductibles qui ne veulent pas sortir de crainte d’être arrêtés, car dehors il y a toujours les forces anti-émeutes, effectivement. C’est tout à fait calme autour, mais les forces anti-émeutes contrôlent les sorties.

    ►À lire aussi : Revue de presse française - Pression maximale à Hong Kong

    Selon Carrie Lam, près de 600 manifestants, dont 200 âgés de moins de 18 ans, ont quitté l’université au terme de ces deux jours de siège de la police, sans victime pour l’instant, a fait remarquer la cheffe de l’exécutif. Contrairement aux manifestants adultes, ceux mineurs ont pu sortir sans être arrêtés grâce à la médiation de quelques personnalités modérées du camp pro-Pékin durant la nuit de lundi à mardi.

    Les contestataires qui sont sortis en fin d’après-midi étaient contrôlés par les policiers avant d’être pris en main par des médecins. Plusieurs d'entre eux tout à l’heure sont sous des couvertures de survie, qui attendaient avant d’être emmenés dans des cars.

    Aux abords du campus de l'Université polytechnique de Hong Kong. RFI/Stéphane Lagarde

    Mais il y a aussi eu une exfiltration spectaculaire, avec plusieurs dizaines de ces radicaux, qui ont pu descendre par une passerelle de béton qu’ils ont occupée par des cordes, prendre des motos et s’enfuir très vite de ce campus. Ils n’ont pas été arrêtés, mais la plupart sont interpellés ici au check-point. Après, on les voit disparaître dans les fourgons. On ne sait pas où ils vont, sûrement en garde à vue.

    Carrie Lam tente l’apaisement, Pékin non

    Petit signe d’espoir ce mardi matin, quand même, une déclaration de la cheffe de l’exécutif à Hong Kong, Carrie Lam, qui a indiqué s’être entendue avec le nouveau chef de la police, Christ Tang, qui a tout juste été nommé ce mardi, pour trouver une issue non violente à ce qu’elle a appelé « l’incident de PolyU ». Elle a utilisé un ton plus conciliant qu’à son habitude, en ajoutant que son gouvernement traiterait les blessés et les mineurs de manière humanitaire.

    Pourtant, ce n’est pas vraiment le sens des signaux envoyés par Pékin, notamment par la voix de son ambassadeur à Londres, qui est déjà intervenu officiellement au sujet de Hong Kong par le passé. Le diplomate a notamment déclaré que si la situation devenait incontrôlable, le gouvernement central ne resterait pas à observer en se tournant les pouces. Il a précisé : « Nous avons suffisamment de détermination et de puissance pour mettre un mettre au désordre ».


    Chaine de solidarité

    Des serviettes, du pétrole qui passe de mains en mains, l’autoroute de Kowloon et les rues entourant l’Université polytechnique n'était plus qu’une immense chaine humaine dans la soirée de lundi à Hong Kong explique Stéphane Lagarde.

    Chaine humaine organisée par des protestataires pour préparer la défense face aux forces de l'ordre assiégant l'Université polytechnique de Hong Kong. RFI/Stéphane Lagarde
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