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    Asie-Pacifique

    Les frères Rajapaksa de retour à la tête du Sri Lanka

    media Gotabaya (d) et Mahinda Rajapaksa, ici lors d'une cérémonie à Colombo, le 19 mai 2018. LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP

    Élu samedi 16 novembre, le nouveau président du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, vient de nommer son frère aîné Mahinda au poste de Premier ministre. Le clan reprend donc le contrôle complet du pouvoir exécutif, avec les risques d’abus déjà observés à partir de 2005.

    Après cinq années passées dans l'opposition, le puissant et redouté clan Rajapaksa revient au pouvoir. Le nouveau chef de l'État sri-lankais Gotabaya Rajapaksa va nommer son frère Mahinda au poste de Premier ministre. Il prendra ses fonctions ce jeudi matin, après la démission du chef de gouvernement sortant Ranil Wickremesinghe.

    Gotabaya Rajapaksa, 70 ans, a été élu samedi lors d'un scrutin qui a vu les électeurs sri-lankais divisés comme rarement selon des critères ethniques et religieux, dans une nation meurtrie par les attentats jihadistes du 21 avril. Le nouveau chef de l'État a fait le plein de voix de la majorité ethnique cinghalaise de l'île, où les Rajapaksa jouissent d'une grande popularité pour avoir mis fin en 2009 à quatre décennies de guerre civile avec la rébellion séparatiste tamoule, au prix d'un gigantesque bain de sang.

    Les minorités tamoule et musulmane, qui craignent cette famille, ont quant à elles soutenu massivement son principal adversaire, Sajith Premadasa, arrivé deuxième avec près de 42 % des bulletins.

    Entre 2005 et 2015, Mahinda et Gotabaya Rajapaksa dirigeaient déjà le Sri Lanka d'une main de fer. Le premier était alors président et son frère cadet secrétaire d’État à la Défense. En tant que plus haut responsable du ministère de la Défense à l'époque, « Gota » commandait de fait les armées sri-lankaises au moment de l'écrasement de la rébellion tamoule en 2009. Quarante mille civils tamouls ont péri au cours de cette ultime offensive, selon les défenseurs des droits humains qui accusent les Rajapaksa de crimes de guerre.

    Gotabaya est aussi accusé – ce qu'il nie – d'avoir dirigé sous la présidence de son frère des « escadrons de la mort » qui ont enlevé à bord de camionnettes blanches des dizaines de Tamouls, d'opposants politiques ou de journalistes. Certains des corps ont été ensuite jetés sur la route, d'autres n'ont jamais été retrouvés.

    Mahinda Rajapaksa, qui est aujourd’hui chef de l’opposition à l’Assemblée, ne devrait pas avoir de problème à recevoir le soutien de la Chambre. Ceci ouvrirait la voie à un nouveau népotisme dangereux. En 2015, le clan des Rajapaksa contrôlait 56 % du budget sri-lankais. Cela pourrait se répéter, voire empirer, car deux autres membres de la famille sont également députés.

    (Avec AFP)

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