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    Asie-Pacifique

    Fonds 1MDB: l'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak face à la justice

    media L'ancien Premier ministre malaisien est arrivé ce mardi au palais de justice de Kuala Lumpur pour être jugé dans le scandale 1MDB. REUTERS/ Lim Huey Teng

    L’ex-Premier ministre Najib Razak comparaît ce mardi 3 décembre devant les juges malaisiens pour le pillage du fonds souverain 1MDB. Alors qu’il était chef du gouvernement, ce sont au moins 4,5 milliards de dollars qui se sont évaporés dans la nature pour financer ses goûts du luxe.

    Avec notre envoyée spéciale à Kuala Lumpur,Heike Schmidt

    Ce fonds souverain d'investissement aurait dû aider la Malaisie à développer son économie. Mais il n'en a rien été. La justice américaine estime qu'environ 4,5 milliards de dollars levés par ce fonds sur les marchés financiers ont disparu, et une partie aurait atterri sur les comptes personnels de Najib Razak, l'ancien Premier ministre malaisien. Il comparaît ce mardi à Kuala Lumpur.

    Quand l’écrivaine Bernice Chauly pense aux milliards de dollars que le scandale 1MDB a coûtés à la Malaisie, ses traits se durcissent. Aujourd’hui, elle n’attend qu’une chose : que justice soit faite. « L’ampleur de la corruption, l’ampleur de l’avidité et les sommes colossales volées font que nous sommes vraiment en colère, explique Bernice Chauly. Lors de la campagne électorale, l’opposition nous a promis de juger Najib Razak. Aujourd’hui, nous sommes optimistes : nous allons connaître la vérité et ceux qui ont commis ce crime seront jugés. »

    « Oui, on devait donner des pots-de-vin »

    Blanchiment d’argent, abus de pouvoir et corruption… Une vingtaine de chefs d’accusation pèsent sur l’ancien Premier ministre.

    Kray Chong, jeune entrepreneur, suivra lui aussi ce procès de près. « Je pense qu’il n’a que ce qu’il mérite, réagit-il. Mais, pour des hommes d’affaires comme moi, la chute de Nazib Razak a eu un impact négatif. Avant, je profitais de nombreux contrats avec le gouvernement. Oui, on devait donner des pots-de-vin, mais nous appelions cela une bénédiction. Sous le nouveau gouvernement, tous les projets sont suspendus. Maintenant l’économie stagne, surtout dans mon domaine, la construction. C’est dur. »

    Mais Kray Chong garde le sourire. Car au moins, dit-il, sous ce nouveau gouvernement, des hommes d’affaires comme lui ne doivent plus partager leurs bénéfices avec des fonctionnaires corrompus.

    Lutte contre la corruption

    Depuis la chute du gouvernement Razak en mai 2018, la nouvelle équipe de dirigeants a promis une lutte sans merci contre la corruption. Et si l’on en croit le directeur général du Centre national pour la bonne gouvernance, l’intégrité et la lutte anticorruption, une agence gouvernementale, les premiers résultats sont là.

    « Je crois que la corruption continuera d’exister, mais notre but est de la réduire à un niveau minimal, explique Abu Kassim Mohammed. Ce nouveau gouvernement a été élu parce que les gens en avaient assez de la corruption. Ils veulent que cela cesse. Nous devons donc, dans un premier temps, réformer les institutions politiques et garantir leur transparence. Nos hommes et nos femmes politiques sont désormais prêts à déclarer leurs biens, même si une loi dans ce sens doit encore être votée. C’est déjà un grand pas en avant. Récemment, nous avons publié un plan national de lutte anticorruption avec 115 mesures qui doivent être mises en œuvre. L’une d’entre elles concerne le financement des partis politiques. C’est important, car nous avons découvert que de nombreux hommes politiques mettent les donations qu’ils reçoivent dans leurs propres poches. Nous l’avons justement vu avec notre ex-Premier ministre. Aujourd’hui, tout le monde doit déclarer les sommes qu’il reçoit. Mais le plus important, c’est que nos dirigeants et les membres du Parlement n’ont dorénavant plus le droit d’être président d’une entreprise d’État. Cette politique porte déjà ses fruits et je suis convaincu que la lutte anticorruption vit actuellement sa meilleure ère dans ce pays. »

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