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    Culture

    Premier mille pour la Quinzaine littéraire

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    La revue littéraire que l’écrivain et éditeur Maurice Nadeau a fondée en 1966  - et qu’à 98 ans il dirige toujours - fête son numéro 1000. Ecrivains et collaborateurs y expriment leur attachement  à un organe de presse resté indépendant depuis plus de 40 ans et indéfectiblement au service de la littérature, sans allégeance aux  phénomènes de mode.
    C'est ce qu'on peut constater en consultant ses archives en ligne, qui sont aussi une manière de suivre l'évolution de la littérature et des idées tout au long de ces décennies.

    (Première publication : 1er octobre 2009)

    Large sourire, main droite levée avec le V de la victoire, le front barré de l’inscription N°1000, allant résolument de l’avant : c’est effectivement en « souriante gaillarde » que le peintre Jacques Monory, avec son bleu inimitable,  a portraituré la Quinzaine pour la couverture du numéro de cette première quinzaine d’octobre 2009. Cette « gaillarde »  - l’expression est de Maurice Nadeau – porte haut la satisfaction d’avoir mené le journal de son premier numéro à ce « premier mille » et l’envie que l’aventure continue…

    « Pari tenu »
     

    C’est le titre de l’édito que signe Maurice Nadeau dans ce numéro (un peu) spécial. Un pari double, dans la durée, mais aussi dans l’ambition : « Ne dépendre de personne, ni des puissants ni des amis, pas davantage de partis ou de coteries, écrit Maurice Nadeau. Il n’y avait qu’à regarder autour de soi  pour voir où cela menait. Qu’aucune des lignes publiées dans notre journal ne soit suspecte ! Je n’en voulais pas plus ».   

    Et de rappeler dans cette entreprise le rôle qu’a joué à ses côtés Anne Sarraute, (la fille de l’écrivain Nathalie Sarraute), secrétaire de la rédaction de la Quinzaine, du troisième numéro jusqu’à sa mort le 19 septembre 2008, à l’âge de 78 ans. Mais aussi le rôle de tous les collaborateurs, toujours bénévoles, pour tenir cette ligne de l’indépendance et de la rigueur, « envers et contre tout, un peu à contre courant », souligne Gilles Nadeau, ajoutant que « la Quinzaine s’est définie, non pas comme un journal de démolition à la mode, mais un lieu de construction, autour des auteurs qu’elle apprécie ».

    (…) Même s’il lui est arrivé parfois de manquer le coche », ajoute le fils de Maurice Nadeau. Celui-ci, réalisateur de films documentaires - dont un film sur son père, Maurice Nadeau, Révolution et littérature -  a entrepris la mise en ligne des archives de La Quinzaine, véritable mine sur l’évolution de la littérature, des idées et de la vie culturelle au fil des quarante dernières années.
     

    Un numéro (un peu) spécial

     
    C’est la rédaction de La Quinzaine qui l’appelle ainsi, ce numéro 1000, où l’on trouve, avant les articles sur les livres, les témoignages d’écrivains, de collaborateurs, de lecteurs. « Ils disent pourquoi elle leur est chère ! », cette publication. Comme l’écrivain Claudio Magris, pour qui : « Aussi rapide et aussi infaillible qu’un limier pour flairer le nouveau, La Quinzaine a la vocation classique de plonger dans le temps et de lui résister pour en extraire la valeur; cette résistance à l’air du temps que proclamait Camus et qui n’est pas nostalgie passéiste, mais passion du présent contre toute falsification ».
     

    « Je lui dois la découverte de nombreux ouvrages à côté desquels je serais probablement passé si La Quinzaine n’en n’avait pas parlé », souligne  Alain Joubert. Pour cet ancien du groupe des surréalistes, auteur en 2002 de Le Mouvement des surréalistes ou le fin mot de l’histoire (publié aux éditions Maurice Nadeau), « on ne saurait envisager sans dommage la disparition d’un pareil instrument de plaisir – ce plaisir à nul autre pareil : la lecture… »

     

    Longtemps directeur de collection chez des éditeurs dont il fait encore aujourd'hui vivre le catalogue, il est devenu éditeur à part entière en 1984 en fondant les éditions Maurice Nadeau. Il publiera notamment l'écrivain sud-africain Coetze (prix Nobel de littérature en 2003) et fera connaître de jeunes auteurs, comme Michel Houellebecq en éditant son premier roman, L'extension du domaine de la lutte.

    Les écrivains dont il a parlé, qu'il a fait connaitre, qu'il a défendus, édités, sont devenus des classiques de la littérature : ils s'appellent Louis-Ferdinand Céline, Samuel Becket, Henry Miller, Claude Simon pour ne citer que ceux là parmi tant d'autres. On lui doit la publication en France de Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry, qui sera adapté au cinéma par John Huston. Maurice Nadeau est lui même l'auteur d'essais : son Histoire du Surréalisme, publiée en 1945 fait toujours autorité.

    Engagé en littérature, Maurice Nadeau l'a aussi été dans les combats politiques. D'abord militant au Parti communiste français, il rejoint le mouvement trotskyste, La ligue communiste, dans les années 1930. Il participe à un réseau de résistance pendant la guerre, puis, plus tard, au Manifeste des 121 défendant le droit à l'insoumission pendant la guerre d'Algérie. Un événement qui le rapproche de Jean-Paul Sartre. En 1967 il est à Cuba, lors de la création de l'OLAS, l'organisation latino américaine de solidarité... avant que vienne le désenchantement. A partir de 1945, journaliste à Combat, il y dispose d'une page littéraire. Pendant 25 ans il dirige chez l'éditeur Julliard, une revue littéraire, Les Lettres Nouvelles avant de fonder en 1966 La Quinzaine Littéraire ...

     

    Maurice Nadeau dans son bureau parisien en 2006 Danielle Birck/ RFI

    , depuis une dizaine d’années, Maurice Nadeau, publie dans chaque numéro une rubrique, le Journal en public, qu’un lecteur de la première heure, Jacques Sojcher, définit comme « le journal intime et public d’un amoureux de la littérature, d’un homme curieux, passionné, qui a le don de l’admiration et le courage de mise à distance ».

     


    (1)  Un film qui sera projeté le 15 octobre 2009 au Centre national du Livre, 53 rue de Verneuil à Paris 7ème.

    (2) Pour les quarante ans de La Quinzaine Littéraire, un recueil des choniques rédigées par Maurice Nadeau dans sa revue a été publié en 2006 sous le titre Journal en Public (éditions Maurice Nadeau).

     

    Chronologie et chiffres clés

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